Le désert et les sites funéraires. Du 1 au 6 mai 2015

Nous partons, lundi matin, pour nous rendre dans la vallée se situant entre les deux Cordillères andines et le fameux désert de Tatacoa. Nous rejoindrons plus tard le site archéologique de San Agustin. Il faut savoir que depuis Armenia, où nous sommes, il y a 550km. Et le risque, une fois arrivés à San Agustin, est de devoir rebrousser car entre cette destination et Popayan il n’y a aucune route digne de ce nom, seulement une piste en mauvaise état et ce sera une fois là-bas que nous connaitrons réellement la faisabilité de cette piste traversant la cordillère occidentale et le volcan Puracé.

Mais en attendant, nous allons vivre une traversée déjà des plus surprenantes ce lundi, 330km en 8h ! Il faut dire que la route d’Armenia à Ibagué est très sinueuse avec des courbes dans des dénivelés impressionnants. En plus, pas une double piste sur le 90% du chemin, ni ligne discontinue pour dépasser. Cela implique que tout le monde reste coincé derrière les gros camions à 15km/h jusqu’à qu’il décide de le dépasser et c’est là que nous réalisons l’inconscience des locaux dépassant en pleine courbe sans se soucier de ce qui viendra en face. L’ABS aura fonctionné une fois à plein régime et notre Rhino nous aura impressionnés dans son freinage. Nous sommes également ravis d’être intransigeants sur les ceintures de sécurité à l’arrière pour les enfants, qui auraient simplement volés dans ce cas présent.

Ces dépassements nous aurons causé un autre souci. Alors que nous nous trouvons derrière un camion de voyageurs allemands (que nous connaissons) et descendant très lentement, ils se serrent à droite et nous font signe de passer, nous sommes dans une petite ligne droite. 1km plus loin, nous sommes arrêtés à un poste de police et recevons une morale pour avoir dépassé sur une double ligne continue. Il nous dit qu’il va nous amender et nous explique qu’en Suisse, un colombien serait aussi sanctionné en cas d’erreur. Je me vexe un peu et lui fait la liste suivante : 1. Qu’il commence par s’occuper des locaux car si eux, tous, le font, comment moi, touriste, je pourrais comprendre les règles. 2. Chez nous, en Suisse, la police tolère le dépassement des véhicules lents (30km/h) dans des conditions de sécurité, ce qui semble ne pas exister ici (la sécurité) 3. Je ne payerai rien et je refuse de continuer à discuter.

C’est là que le policier se retire et appelle le commandant, Celui-ci arrive, me fait la morale deux minutes à laquelle je réponds les mêmes arguments, suite de quoi il me demande des nouvelles de la Suisse, les langues qu’on y parle, avant de me redonner mes documents et nous souhaiter une bonne journée.

Autre fait marquant de ce trajet, nous nous retrouvons derrière un bus de transport de personne équipé de Wifi. Claire essaie et capte le signal, puis nous introduisons comme clé le nom de la compagnie et le numéro du bus. Bingo, nous avons internet à 3500m d’altitude en roulant…. Sauf qu’il faut suivre le bus et que vu sa vitesse, nous finirons par le dépasser pour avancer (oui le long d’une double ligne continue).

Une fois Ibagué passé et arrivés dans la vallée, la route devient rectiligne et propre, nous entamons ce que nous croyons être les 200 derniers kilomètres à bonne allure. Nous arrivons au carrefour indiqué par le GPS mais hésitons à nous engager sur la route des 44km nous séparant du but. En demandant au locaux, ce chemin est en effet en terre et de mauvaise qualité, ils nous conseillent de nous rendre par Neiva, route asphaltée, mais rallongeant la route de 90km. Le pire, c’est qu’à vol d’oiseau, nous passons à 12km du point de bivouac.

Après une journée pareille, où les enfants auront encore une fois été des plus cool (8h en route c’est long), nous arrivons enfin au désert de Tatacoa et c’est magnifique. Nous retournons dans les couleurs et les formations (en miniature) de Brice Canyon ou Zion, par exemple.

 1 paysages (1)

1 paysages (2)

Et le soir-même où nous arrivons, le ciel est dégagé et l’observatoire est ouvert ! Accompagné par Jil, qui était arrivé ici un peu avant nous, nous allons à la découverte des étoiles. Nous passerons 2h à regarder dans les télescopes dirigés sur Saturne (magnifique de voir l’anneau), Jupiter, Venus, Antarès ou encore la lune ! Quel spectacle ! Et nous obtenons aussi de multiples explications du professeur présent, un homme plein de vie et passionné, ce qui rend le tout très vivant.

2 lune (1)

Dans le Désert de Tatacoa, nous allons y passer deux jours. Les enfants s’amusent et courent de part en part des formations géologiques.

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Puis, nous passerons un après-midi à la piscine, oui, au milieu du désert et passerons la nuit au centre tellurique (énergétique) de celui-ci. Un homme y a réalisé une forme avec des pierres pour inscrire le lieu d’atterrissage des OVNI.

4 piscine et centre (1)   4 piscine et centre (2)

4 piscine et centre (4) 4 piscine et centre (3)

Le désert de Tatacoa vaut le déplacement et vous êtes garanti de pouvoir dormir au calme en vous engageant un peu plus loin que l’observatoire. Une belle découverte que nous avons partagé en partie avec Jil, ainsi que Marc et France, des voyageurs Canadiens que nous avions rencontré une première fois au Guatemala et avec qui nous avions traversé du Panama en Colombie.

Nous repartons, mercredi, en direction de San Agustin. Mais cette fois, nous coupons la route sur deux journées. Nous arrivons, alors, jeudi à destination. Ici, nous sommes toujours ce groupe de trois véhicules. Claire, les enfants et Jil font un tour à cheval pour visiter quelques statues pendant que Marc, France et moi le faisons en 4×4. Malheureusement, aujourd’hui la pluie s’abat lourdement et les cavaliers finissent détrempés.

5 cheval

Quant à nous, en 4×4, nous empruntons des routes en piteux état. Heureusement que nous ne nous sommes pas engagés avec Rhino.

6 4x4 (1) 6 4x4 (2)

San Agustin est connu pour ses sites funéraires incroyablement conservés. Des statues aux détails impressionnant, pour dire qu’ils sont de 400 à 1400 ap. J-C, et de nombreuses tombes sont éparpillée et vous amène ainsi à vous promener durant 2 à 3 heures. Un guide parlant français nous agrémente la visite par ses explications sur la signification des dessins sculptés, mais nous le trouvons parfois un peu farfelu… Nous ne savons guère si toutes les explications sont justes mais dans l’ensemble cela nous donne un bon aperçu de la vie du site et des faits surprenant. Par exemple, l’égalité homme-femme, les césariennes, les opérations à cœur ouvert et la très bonne connaissance des organes interne de la femme, dans les réalisations sculpturales, semblent démontrer que les Agustiniens détenaient une grande connaissance médicale.

7 sculpture (1) 7 sculpture (6) 7 sculpture (5)

La météo n’étant pas vraiment de notre côté ces jours-ci, nous ne réaliserons pas d’autres visite prolongée. Nous prenons la route pour Isnos, la chute de Bordones et le site de Alto las Piedras que nous réaliserons rapidement demain, dimanche. Après cela, nous nous lancerons dans la traversée du volcan Puracé. C’est cette principale raison qui nous fait voyager depuis Armenia à trois véhicules. La route San Agustin – Popayan ne semble pas facile et parfois en bien mauvais état… donc, à trois, nous pourrons nous aider en cas de besoin. Nous verrons ça demain !

 

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