Le Pérou en quelques chiffres et lignes. Le 10 octobre 2015

LES LIGNES

Le constat après 6 semaines passées ici est totalement partagé ! Du meilleur comme du pire, le Pérou est capable d’offrir des moments magiques comme déprimants…

Sur le côté déprimant, on trouve en premier lieu la propreté du pays, une véritable décharge à ciel ouvert, ou en d’autres termes une porcherie, vraiment ! Ensuite, les prix pratiqués sont justes prohibitifs. Nous souhaitions vraiment faire les sites culturelles sans nous priver et la sanction financière est lourde, surtout si l’on ajoute le prix du carburant. Pour terminer, la relation aux locaux a été totalement tronquée dans les lieux touristiques comme la vallée sacrée. Vous êtes, comme gringo, des dollars sur patte !

Sur les points positifs, nous en avons pris plein les yeux lors des visites des sites culturels. En particulier, nous retenons les sites de Chan Chan et Huca da La Luna à Trujillo, Le Machu Pichu et les divers sites de la vallée sacrée. Avec ceux-ci, les amoureux de pierre et même ceux qui ne le sont pas vraiment en sortirons forcément ravis. Mais le Pérou à également de la nature à offrir. Nous mettrons l’accent sur la région de la Cordillère Blanche, avec des paysages à couper le souffle spécialement lorsque la lagune d’un bleu turquoise vient contraster avec le blanc des monts enneigés l’entourant et la sècheresse de la flore…

LES CHIFFRES

Jours passés sur territoire du Pérou : 49 jours

Kilomètres derrière : 4857 km

Km de durt road : 320 Km

Tunnels hors normes pour se rendre au Canyon del Pato : 44

Petit éboulement de cailloux sur le toit de Rhino : 1

Risque de se retourner sur une durt road au bord d’une falaise : 1

jupe arrière pliée : 1

Litres de diesel consommés : 828.60 lt

Dépenses totale en carburant : 703CHF

Nb d’autostoppeurs embarqués : 6, dont les Donguy avec qui nous avons traversé la douane Bolivienne

Nuits en camping payant : 22

Nuits en Hôtel : 2 à Huaraz et à AguasCalientes

Nb de jours avec Grand-Papa : 19

Site culturels visités : 14

Altitude maximale : 4910m avec Rhino et passant un col pour se rendre au Canyon de Colca

Coûts des dépenses alimentaires (uniquement en magasins) : 1059.20 CHF

Pépin de santé : Quelques épisodes à nouveau compliqués pour presque tout le monde, dont un épisode flippant pour Claire (soupçon de Cholera)

Soucis avec Rhino : Quelques craintes moteur avec des témoins qui se sont allumés puis éteints ! Mais Ojala, rien de grave…

Nb de fois où l’on s’est fait chasser en camping sauvage : 1

Personnes essayant de soutirer de l’argent (pot-de-vin) : 0

Nb de nuits sur une station-service : 0

(Points de bivouacs en Pérou)

 recap

Une décision qui chamboule tout ! Le 30 septembre 2015

C’était dans l’air depuis quelques temps, c’est devenu réalité il y a quelques jours… Je l’ai exprimé à plusieurs reprises que, dans notre voyage actuel, une certaine lassitude c’était installée. Pourtant, l’envie de voyager est encore là et surtout l’idée de rentrer maintenant ne nous convient pas. Il fallait, alors, trouver d’où venait ce mal et prendre des décisions en conséquence.

Pourtant, trouver d’où vient ce mal n’est pas chose évidente. Regardez seulement ! Nous sommes nous cinq, en famille comme nous l’avions souhaité, à découvrir des lieux et des monuments plus incroyables les uns que les autres, dans une liberté totale et sans aucune soumission quelconque à une société qui vous emploie. Donc, comment imaginer ne pas pouvoir être satisfait de cette situation. Il nous a fallu plusieurs discussions et remises en question pour comprendre ce qui se passait réellement. Nous en avions trouvé la piste à plusieurs reprises mais n’avions pas pu poser de mots bien précis sur ce que nous ressentions.

Aujourd’hui, nous pensons connaître d’où vient le mal, en réalité ; les maux. Car il n’y a pas un seul événement qui est la cause de toutes ces interrogations, c’est à nouveau l’accumulation d’une multitude de détails qui nous amènent là, à une lassitude ! Voilà le mal dont nous souffrons.

Une lassitude, et qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, de la différence culturel latino-américaine et européenne. Nous ne vivons clairement pas des mêmes principes. En réalité, cette différence nous avait sauté aux yeux en Amérique centrale, où nous avions failli arrêter notre voyage aux vues des déchets qui jonchaient les sols, des regards noirs lancés par les gens aux bords des routes à notre passage (bon, pas tous quand même, n’exagérons pas), des difficultés à trouver des points commun avec des gens qui n’avait pas beaucoup de culture générale.

Puis, nous avons vécu un véritable répit, tout d’abord en Colombie (vraiment notre pays coup de cœur) puis ensuite en Equateur. Tout en gardant leur culture latino-américaine, ils ont su se tourner vers le monde, apprendre à connaître les autres cultures puis à en faire une culture générale ouvrant la porte à des discussions approfondies sur les échanges culturels qui pouvaient être bénéfiques à tout un chacun. De véritables discussion de fonds avec pour seul intérêt la connaissance de l’autre, sa façon de vivre et comment nous pouvons apprendre ce chacun.

Mais malheureusement, l’arrivée au Pérou nous a fait replonger dans la morosité de l’Amérique centrale, et peut-être même pire encore. Nous ne sommes pas de simples touriste, ou même encore des voyageurs sac-à-dos qui finalement restent surtout et avant tout sur des circuits relativement touristiques. Avec notre Rhino, nous allons partout dans tous les coins de rues, comme dans les lieux retirés. Nous voyons, alors, beaucoup de facette que d’autre n’ont pas. Et en discutant avec les autres voyageurs motorisés, nous remarquons que leur constat est relativement similaire au notre.

Le Pérou est sale… de loin le plus sale des pays d’Amérique que nous ayons fait. Nous sommes dégoutés de voir des femmes sortir de leur maison, les bras remplis de déchets en tous genre, et juste balancer le tout dans la rivière à côté !!! Cela nous a beaucoup lassé en Amérique centrale, et nous lasse à nouveau ici.

Un autre point est la clarté des informations, comme si la notion de vérité n’était pas la même ici que chez nous. Il nous est impossible d’obtenir un vrai NON, comme si tout était sans arrêt discutable. Que cela soit pour un avantage ou un inconvénient, il est très compliquer d’obtenir une réponse claire et précise. Je prends le simple exemple d’une demande de direction. La personne vous bafouille quelque chose qu’il n’est pas facile à comprendre mais prenez cela pour une vraie information. Maintenant, nous avons compris que lorsque la réponse est lacunaire il faut simplement leur demander : « Vous n’en savez rien en fait !? ». Et là, soudainement, il vous avoue ne pas vraiment savoir. Mais pour en arriver là, il faut être parti quelques fois dans la mauvaise direction…

Ou alors, lorsque vous allez dans une information touristique… les gens qui travaillent là sont payer pour ça, mais ne sont pas capable de fournir une information autre que lacunaire la plus part du temps. Vous vous rendez donc sur les lieux sans jamais vraiment être persuadé de ce que vous allez trouver.

Et le dernier point, et je m’arrêterai là car sinon le risque serait de penser que nous n’aimons rien d’ici, ce qui n’est pas non plus le cas ! Donc, ce dernier point est la sensation d’être une machine à dollars sur patte… l’ultime exemple en date a été vécu au canyon de Colca. Ici, trois prix d’entrée dans cette communauté qui se sucre largement grâce à un morceau de nature sur lequel ils vivent. Le premier, pour les locaux, est de 6$, plus bas que les deux autres et ce que je comprends sans pester. Mais le bât blesse au moment où nous découvrons qu’il y a deux prix pour les étrangers. Le premier, pour les latino-américains, est de 12$, puis le deuxième, pour les têtes blanches, de 22$ ! Là, s’en est trop. Le Pérou exagère largement sur leur politique touristique.

Comme je vous l’ai dit, il n’y a rien de grave en soit mais c’est une accumulation de faits qui créent cette lassitude.

Donc, pour en revenir à quelque chose de plus réjouissant. Nous sommes partis en tour du monde pour passer du temps en famille, la première raison, mais aussi pour nous faire plaisir. Aujourd’hui, même si nous nous dirigeons vers des pays qui devraient être plus faciles de ce côté-là (Argentine et Chili) nous ne sommes pas sûr d’arriver à changer notre dynamique et prenons la décision suivante : Nous quittons les Amériques !

Le voyage continue sous d’autres cieux, comme nous l’a dit notre ami Jil. Ou encore cette question rhétorique de Jack qui nous demande qu’elle serait l’intérêt de continuer à tout prix car c’est ce qui avait été planifié. Et la destination n’est pas des moindres, la Nouvelle-Zélande ! Nous allons y découvrir une nature incroyable, pouvoir faire du surf avec Jimmy, plonger avec Soraya, jouer sur la plage avec Amélie. Nous y retrouverons également des connaissances (Torrey et Kellie) et des standards de chez nous, des échanges teintés de points communs à nos cultures (bien que celle des Maori soit sûrement quelque chose à découvrir) puis encore des services auxquels nous sommes habitués. En bref, simplement vivre un nouveau changement capable de nous donner un nouvel élan au voyage.

Et lorsque l’on parle de changement, ceux-ci sont devenus nombreux au fil du temps, car il n’y a pas que le délai dans lequel nous nous rendrons en Océanie qui en est un. Nous partirons sur ce continent pour y faire la NZ et l’Australie, mais les pays se feront sans Rhino, le seul pincement au cœur que nous ayons. Trop cher, trop compliqué, voilà les deux raisons qui nous ont fait prendre cette décision. Alors nous voyagerons en sac-à-dos, comme aux bons vieux souvenirs du Sri Lanka. C’est aussi un souhait émis par Jimmy. Il veut passer d’auberge en auberge pour rencontrer du monde. Il se sent parfois isolé avec Rhino et veut du contact, ça tombe bien ! Toutefois, l’option de louer un véhicule ou d’en acheter un pour le revendre ensuite reste en tête selon la difficulté de se déplacer avec le matériel scolaire de 3 enfants…

En prenant cette décision d’écourter l’Amérique du Sud, nous réalisons aussi que de nombreux points vont gagner en qualité. Le premier concerne les saisons auxquelles nous ferons nos escales en Océanie. En commençant mi-janvier avec la Nouvelle-Zélande, nous y serons en plein été, alors que nous devions à la base arriver en Avril, l’automne là-bas ! Puis, mi-Avril en Australie, qui est justement l’automne mais à ce moment précis la possibilité de ne pas étouffer sous une chaleur atroce de l’été australe. Ensuite, cela nous amène à la date de départ de l’Australie. Mi-juillet, nous nous rendrons dans la troisième partie du voyage, l’Afrique. Oui oui, vous l’avez bien lu, plus d’Asie pour nous. Trop de points négatifs nous ont été contés par d’autres voyageurs en camping-car sur ce continent. Et lorsque nous avons vu les photos de nos amis voyageurs, les Roux, qui eux avait fait l’Afrique, alors la décision était quasiment inévitable, nous voulions y aller.

Donc, pour cette dernière étape, nous laissons beaucoup plus de portes ouvertes en y arrivant en juillet plutôt que fin septembre. Allons-nous rentrer en traversant les pays les plus sûrs jusqu’en Europe ? Allons-nous nous contenter de la pointe sud de l’Afrique pour ensuite renvoyer le véhicule par bateau ? Rentrerons-nous au dernier moment, en Juillet 2017, juste avant la reprise scolaire ou rentrerons –nous déjà en mai, histoire de retrouver du travail et une maison pour offrir des débuts stables dans la scolarité des enfants ?

Le voyage c’est ça… des projets, des contre-projets. Des certitudes qui tombent parfois en miettes, qui restent parfois debout. Et s’il est une chose dont Claire disposait déjà avant notre départ, celle-ci j’ai dû l’apprendre, c’est la faculté de ne pas rester bloqué sur une décision qui avait été prise, un objectif qui avait été posé. Le changement est parfois déstabilisant mais se fait en général pour apporter du mieux. Oui nous allons manquer des choses que nous attendions ; Valdes, Valparaiso ou encore le Perito Moreno. Pourtant, de l’autre côté, nous allons retrouver une multitudes d’avantages que je vous ai conté auparavant.

Que l’aventure continue et tachons de profiter à fond de ces deux derniers mois ici, avant de retrouver notre famille et nos amis pour 1 mois de pause en Suisse…

 

Une fin rapide, ça surprend. Du 29 au 30 septembre 2015

DSC_0045

Si j’avais su que notre départ du Pérou se ferait ainsi, je me serais contenté d’allonger un peu notre dernier article. Malheureusement, la publication était déjà lancée. Peu importe, si depuis notre arrivée à Puno les choses ont été très rapides, c’est pour du bien et cela nous encourage pour la suite.

Mardi matin, toujours dans un hôtel hors de prix pour stationner Rhino et profiter d’une connexion internet ultra-rapide (pour le Pérou c’est plutôt exceptionnel), les enfants font une grande avance dans leur travaux scolaire pendant que Claire et moins sommes au taquet pour mettre en place les changements décidés. En effet, je vous ai parlé que des changements devaient s’opérer pour nous car certaines choses ne nous convenait plus dans notre voyage. Toutefois, que l’on soit clair dès maintenant, notre voyage nous l’aimons et ne souhaitons pour rien l’arrêter. Il est juste qu’il faille parfois ajuster le tir et prendre les décisions en fonction.

Nous pensions avoir besoin de nous arrêter quelques jours à Puno pour organiser le changement et pourtant tout s’est organiser à une vitesse incroyable. Toutes nos démarches se passent rapidement et en début d’après-midi nous avons notre dernière communication avec la famille par skype (un de besoins que nous avions, communiquer avec la famille) et nous nous préparons, du coup, à partir de cet hôtel trop cher pour nous. C’est aussi que nous avons rendez-vous.

Nous avons croisé à deux reprises le chemin d’une famille de voyageurs français en sac-à-dos. La première fois à Nasca, pour 2 minutes, puis une seconde fois au canyon de colca. En discutant à cet endroit, nous avions convenu de nous contacter sur Puno pour faire une rencontre des deux familles. Et bien cela est fait, nous convenons mardi matin de nous retrouver à la place d’armes de Puno puis de partir ensemble pour un hôtel un peu plus loin, en-dehors de la ville, où les enfants pourront jouer librement. A 15h, tout le monde embarque dans Rhino et nous voici à 9 en route…

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Fabrice, le papa. C’est donc en compagnie d’Anne, la maman, Lucie et Anatole, les enfants, que nous mangeons le gâteau d’anniversaire que Claire avait préparé plus tôt.

DSC_0059

Cette rencontre avec Fabrice et Anne nous fait un bien énorme. Nous discutons de nos itinéraires, de nos expériences précédentes et de nos vies antérieurs au voyage. Les enfants aussi apprécient cet instant. Retrouver de la compagnie francophone de leur âge était un souhait de longue date que nous n’avions pas pu réaliser !

Nous décidons de poursuivre un petit bout de route ensemble et avions, à la base, prévu de passé le mercredi à l’hôtel où nous sommes. Mais en discutant de la suite du programme, Anne et Fabrice émettent le souhait de continuer jusqu’à Copacabana (Bolivie) dès le lendemain, soit mercredi justement. Il faut dire que le prix de leur chambre combiné au lieu lui-même, il n’est d’aucun intérêt de rester ici.

C’est pour cela que je parle d’une fin ultra rapide qui aurait pu être ajouté au dernier article. Car en ce mercredi 30 septembre, dernier jour du mois, nous repartons à 9 dans Rhino en direction de la Bolivie…