Depuis deux ans en tour du monde, passant par les Amériques, l’Océanie, l’Afrique et touchant l’Asie, nous aimons partager notre expérience en camping-car, campervan puis en 4×4 avec trailer avant de retrouver notre camping-car à nouveau.

Un voyage autour du monde en famille qui doit durer encore une petite année avec la découverte de l’Afrique, de sa vie sauvage et la rencontre de nouvelles cultures.

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Bienvenue à tous sur le blog de voyage de notre famille « La Vie Devant »
Claire, Michael, Soraya, Jimmy et Amélie

Le point sur le retour après un mois. Le 20 juillet 2017

 

Voilà, le retour est bien entamé, si ce n’est même établi ! Un peu plus d’un mois après ce retour autant désiré que redouté, le bilan est positivement surprenant…

Disons que les surprises dans ce retour sont à la hauteur de ce qui était complètement prévisible. Justement, ce que nous pouvions attendre c’est réalisé comme cela nous avait été prédit. Tout d’abord, le nombre de minutes qui ont été dédiées à raconter notre voyage n’est pas très élevé, du moins pas autant que cela pourrait être attendu après une aventure de trois ans ! En effet, les plus proches connaissent souvent ce que nous avons vécu, par la lecture de notre blog, et du coup ce sujet n’est pas quelque chose d’indispensable pour eux. Ensuite, les amis d’un cercle un peu plus large ne semble pas tant intéressés à poser des questions auxquels ils redoutent peut être que les réponses le les gavent ou ne les ennuis. Pour finir, dans un cercle plus large, nous n’osons pas forcément entrer dans les détails de cette histoire un peu hors du commun puisque parfois les réactions semblent bien désintéressées, semblant projeter une sorte de supériorité face à ceux qui le reçoivent. Donc, voici que la première chose qui nous a été rapportée par d’autres voyageurs se réalise maintenant pour nous.

Une des autres choses qui était attendue, c’était l’apparition d’une certaine tension entre nous, les cinq membres de cette famille, passant d’une vie mouvementée à une vie de sédentaires, puis aussi d’une vie sans contraintes, attentes et disponibilité matériel à une vie remplie d’obligations et de consommation matériel. Nous devons retrouver un équilibre dans notre cellule familiale en prenant compte de tous ces nouveaux paramètres, de toutes ces nouvelles attentes qui nous habitent. Puis pour terminer ces quelques exemples, une réalité qui nous avait été racontée par ces voyageurs de retour après un voyage similaire au notre, c’est la vitesse à laquelle le mode de vie occidentale vous happe, vous faisant croire que votre voyage n’était qu’un doux long rêve dont les moments forts vous semble être floutés par un réveil qui sonne le début d’une nouvelle journée. Mais ne l’entendez pas d’une oreille négative, bien au contraire. Nous étions, du moins les parents, complètement conscient de ces réalités et nous ne sommes pas KO debout. Oui, certaine fois il y a comme un pincement au ventre qui vous rappelle que quelque chose ne tourne pas complètement rond, un coup d’œil dans le rétro qui vous fait reprendre conscience que tout cela n’était pas un rêve. Car si la vie autour de nous n’a pas changée en trois ans, si tous les défauts que nous relevions avant le départ dans le style de vie d’ici n’ont pas changé, nous, nous sommes clairement différents. Nous revenons totalement transformés par une vie d’aventure qui nous a fait traverser des cultures différentes, des pays riches ou d’autres si pauvres qu’il est douloureux d’ouvrir les yeux entièrement, qui nous a transformés par des rencontres animalières que l’on ne vit normalement que devant des documentaires, par la vue de paysages de cartes postales.

Oui, nous avons changé et avons décidé de voir notre vie d’une autre manière. La capacité à être heureux dans une vie ne réside pas temps dans ce que nous mettons autour de nous matériellement, ne se construit pas par une succession de décisions justes ou fausses, elle est plutôt fonction de notre capacité à changer son angle de vue. A quoi bon travailler dans un service après-vente et se plaindre de n’avoir que des clients râleurs et insatisfaits. Si l’on choisit ce métier, il faut bien s’y attendre, non ? Et si l’on travaillait en changeant sont angle de vue, si l’on voyait ce mêmes clients comme des personnes qui ont sorti de leur argent qu’ils ont gagnés durement comme de simple humains qui ont été déçu par une acquisition qui n’a pas permis de combler leurs attentes. Ou alors, un conducteur de travaux que je suis qui râle sans cesse sur le fait que c’est toujours la même chose, que ces chantiers ne se passent jamais comme on le souhaite, qu’il faut toujours régler des problèmes de logistique et de planning. Et c’est pourtant bien ce que je disais avant mon départ. Et bien aujourd’hui, j’ai décidé de changer d’angle de vue. Je pars du principe que je fais mon boulot de la façon la plus professionnelle et organisée possible, mais que de toute façon mon chantier sera une succession de problème à résoudre, et que cela rend en fait ce métier si particulier. Puis, si j’ai de la chance, que tous les éléments se mettent en place harmonieusement, alors je serai le conducteur de travaux le plus chanceux du monde, et peut-être le plus heureux aussi.

Mais pourquoi est-ce que je parle de mon travail comme si j’étais déjà redevenu un conducteur de travaux actif… ? Et bien, c’est que je travaille depuis déjà trois semaines déjà, alors que nous sommes de retour seulement depuis 35 jours ! Il était très clair pour les enfants, mon épouse et moi que j’allais commencer à chercher du travail dès notre retour, mais que je nous laisserais deux bon mois avant de recommencer. C’est que nous avons décidé de mettre ma carrière professionnelle en avant, merci à mon épouse de le permettre d’ailleurs, mais que nous voulions quand même nous laisser le temps d’atterrir tranquillement. Mais pourtant, voilà, comme dans le voyage lorsque nous planifions quelque chose avec quasi-certitude que la décision était la bonne, un élément totalement inattendu vient chambouler et retourner un chemin tracé. Quatre jours tout juste après notre retour, j’avais déjà des propositions de travail à la pelle, des recruteurs affamés qui me proposaient de belles opportunités, quatre entreprises très intéressées par mon profil dont notamment le bureau Steiner de Lausanne qui cherchait du monde pour la construction du nouveau complexe de Malley, et une entreprise dont le nom ne me disait rien jusqu’au moment où j’ai pu faire le lien avec des rumeurs que j’avais entendues lors de notre petit passage en Suisse à l’hiver 2015/16. « Celsius » de son nom, même « Celsius Groupe E » dans son nom complet est une toute jeune entreprise créée au premier janvier 2016, mais bénéficiant des reins solide de sa grande sœur « Groupe E » œuvrant dans la production et la distribution de courant électrique. CELSIUS est une entreprise, elle, qui distribue de la chaleur grâce à la création de réseaux de chauffage à distance. Bien plus intéressant écologiquement, bénéficiant de centrales de chauffage efficientes, les réseaux CAD sont aussi chauffés par une grosse part d’énergies renouvelables. Le poste que j’ai accepté consiste à gérer l’exécution les créations et extensions de ses réseaux passant sous terre. Le challenge technique n’est peut-être pas équivalent à celui qu’impose la conduite de chantier lorsque l’on réalise un complexe commercial et sportif comme celui de Malley. Mais j’ai choisi de mettre conjointement deux points en avant en en choisissant Celsius. Le premier, c’est que peu importe avec quel type de travail, je remets ma carrière en avant en remettant un pied dans le monde de l’emploi et cela avec un revenu correct. Certes, il n’atteint pas celui qui peut être visé en entreprise de construction de type Bouygues ou Implenia, mais à la grande différence près que chez Celsius il est possible, contrairement au deux autres cités, d’avoir le deuxième point qui rentre en ligne de compte, c’est la qualité de vie offerte par cette société. Le horaires sont définis en nombre mais libres en réalisation, donc terminées les longues soirées à plancher sur des offres sans voir un centime de plus sur son compte à la fin du mois. Il est possible de rentrer à des heures descentes afin de profiter de la vie de famille. Et après trois ans ensemble, c’est un point non négligeable. Puis, en plus, l’ambiance chez eux est juste géniale. La moyenne d’âge au département de gestion de projet est de 34 ans, sauf erreur, et l’esprit de déconnade est bon, autant que le sérieux nécessaire à un travail bien fait. Puis, pour terminer, avoir le pied dans une aussi grosse société (si l’on considère l’ensemble du Groupe E), mais dans une entité si jeune (Celsius) ça donne l’opportunité de grandir avec elle, d’apporter son savoir-faire avec la réelle possibilité d’en faire profiter tout le monde, autant que l’expérience de tous mes collègues m’amènera de nouvelles connaissances enrichissant mes outils professionnels. Rien ne semble vraiment figé pour le moment, et les idées sont les bienvenues si elles apportent une amélioration au fonctionnement de l’entreprise. Alors je vous le dis, si une des « conditions » à ce travail était de commencer bien plus vite que nous l’avions imaginé, c’est avec beaucoup de plaisir que j’y suis depuis maintenant trois semaines et je remercie mon épouse, comme mes enfants, d’avoir accepté de me laisser partir si vite. Si ça n’avait pas été le cas, alors j’aurais simplement dit non à mon futur employeur pour un engagement si rapide.

Mais il n’y a pas que moi dans ce retour. Claire, elle, a passé beaucoup de temps à reprendre ses marques dans une maison. Nous dormons encore dans Rhino mais passons beaucoup de temps dans la maison de belle-maman. Sans être dans le même appartement, Claire bénéficie d’une cuisine séparée et d’une pièce pour passer du temps avec les enfants. Nous sommes régulièrement invités chez elle pour partager du temps, mais aimons vivre séparés, histoire de ne pas se marcher dessus. Alors Claire a passé beaucoup de temps à cuisiner. Elle aime cela depuis toujours, et le fait de retrouver une quasi vraie cuisine, puis des produits alimentaires variés et de qualité l’enchante. Mais, pour Claire, il y a autre chose qui la motive et lui prend du temps, c’est la rénovation de l’appartement dans lequel nous allons habiter. Je devais m’occuper des travaux, mais le fait d’avoir accepté ce travail fait que je ne peux pas le faire totalement, C’est donc Claire qui a mis la casquette de Chef de chantier. Elle dirige, indique et contrôle la bonne exécution des travaux. Et tout compte fait, je pense que cette solution est bonne. Elle a un œil très affuté pour les détails, projette parfaitement le résultat d’un travail entrepris et semble se prendre au jeu de la construction, et cela la valorise certainement. Car, en soit, elle a sûrement pris la décision la plus dure de nous deux. Moi, je pars dans mon travail et n’ai presque pas la possibilité de subir la dépression d’un retour. Claire, elle, a décidé de rester à la maison, de ne pas se lancer dans une nouvelle carrière professionnelle à 100%, car elle estime, avec raison, que ce ne serait pas juste pour nos enfants de passer d’une période de trois ans de partage familiale à des journées où les enfants seraient voués à eux-mêmes en attendant que papa et maman rentrent du travail. Elle souhaite une transition en douceur, en accompagnant le retour de nos enfants, qui n’ont certainement pas les mêmes armes que nous pour comprendre ce nouveau changement dans leur vie.

Mais tiens, puisque je parle de nos enfants, et bien, eux, vivent ce retour à 100km/h. Après deux premières semaines un peu flottantes, ils ont pu commencer les activités du passeport vacances. C’est, durant la période de vacances scolaires, une série d’activités journalière organisée par des bénévoles qui permet aux enfants de vivre diverses expériences. Ils ont fait de la poterie, vécu 24h dans la peau d’un soldat, visités le bâtiment de police ou encore fait de la capoeira, le tout accompagnés chacun d’un de leur amis. Ces activités ont durée deux semaines, les ont occupés et remis gaiement dans le bain de la vie en Suisse. Ils ont tous retrouvés de amis avec ce retour, puis des repères qui sont bon pour des enfants, le partage de leur temps avec de la compagnie autre que celle de leurs parents.

Et puis voici qu’après un mois de retour ici, nous sommes en train de vivre un moment bien spécial et déroutant pour tous. Nous sommes séparés, chacun à des nombreux kilomètres les uns des autres. Claire est actuellement en Allemagne pour vivre un jeûne de dix jours. Jimmy et Soraya sont aussi en Allemagne, mais dans une autre région, pour y faire un camp équestre dirigé dans l’apprentissage de l’allemand. Puis, Amélie, elle, est dans une ferme au Jura pour une semaine au contact des animaux de ferme en compagnie d’un tas d’autres enfants. Quant à moi, je travaille et reste sur Neuchâtel, et sans me plaindre, puisque je le fais avec plaisir. Mais le fait de ne pas être ensemble est bizarre. Ne pas avoir mes quatre autres doigts me fait voir qu’une main ne fonctionne pas aussi bien si elle n’en contient qu’un, les quatre autres sont indispensables. C’est donc un retour bien mouvementé que nous vivons, et c’est certainement une chose qui nous permet de le vivre bien, de l’accepter sans trop de difficultés.

Le pied à Neuch, les retrouvailles, un festival et des sorties… du 15 au 30 juin 2017

Le départ de Blonay se fait assez tôt le matin. L’objectif pour aujourd’hui, c’est de débarquer chez les membres de notre famille pour leur faire la surprise. Ils ne savent pas que c’est aujourd’hui que nous arrivons, et nous allons essayer de les retrouver sans connaitre leur emploi du temps. Notre premier essai et infructueux. Ma maman n’est pas là, alors nous allons chez mon papa. Celui-ci n’est pas là non plus et nous l’appelons pour essayer de savoir où ils se trouvent, prétextant que nous l’appelons pour organiser le retour du samedi. Nous découvrons qu’il se trouve au bord du lac à Marin, démarrons Rhino et nous rendons là-bas. Mais entre-temps, il est déjà reparti et ne le trouvons pas. Tant pis, nous retournons chez ma maman, et elle est de retour. Les enfants sonnent, elle ouvre et n’en revient pas. Nous passons un peu plus d’une heure chez elle et attendons le retour de Grand-papi, que les enfants espéraient voir également. Nous repartons pour continuer nos retrouvailles avec mon papa. Cette fois, lui aussi, est à la maison. La surprise est tout aussi grande et son plaisir de nous retrouver ne se cache pas. Nous avons la chance, chez lui, de voir l’ensemble de notre voyage sur sa map monde punaisée par notre trajet, une belle vue d’ensemble ! Nous enchainons avec la rencontre de la maman de Claire, et celle-ci sera assez rigolote puisque nous arrivons pile poil au même moment qu’elle à sa maison. Du coup, entendant sa voiture arriver, nous nous cachons et attendons qu’elle parque dans son garage. Et au coin de celui-ci, nous attendons qu’elle sorte pour la surprendre… heureusement qu’elle n’est pas cardiaque, émotions garanties. Puis, il nous reste encore une destination pour aujourd’hui et c’est chez ma sœur. Nous avons appris, dans l’après-midi, que mon papa s’y rendait pour souper. Nous avons profité de l’occasion pour surprendre Vanessa et les siens, en faisant aussi un petit tour chez le parrain de Jimmy habitant le même village. Notre neveux, ma sœur, Cédric et Alain ne s’y attendaient pas, et ma sœur de lâcher une larme face à ces retrouvailles, la grande sœur J !

Nous sommes bien contents de cette journée et ravi des airs surpris que nous avons trouvé face à notre arrivée… Le vendredi, nous profitons de la journée pour atterrir tranquillement, prendre certains repères et nous préparer pour le week-end. C’est que les enfants seront dispatchés dans notre famille pour que nous puissions nous rendre à Festi’Neuch, le festival de musique du bord du lac. Nous profitons aussi, lors de cette journée, de prendre quelques repères dans notre futur « chez nous », là où nous emménagerons après que les rénovations seront faites. Et un constat vient assez rapidement : « avec une vue pareil, on se dit qu’on sera quand même bien là-haut ! »

Samedi, alors que les enfants passent tous des moments privilégier avec leurs grand-parents, parrain, Claire et moi nous rendons au Bordu, pour passer ce moment qu’on attendait, redécouvrir un Fasti’Neuch que nous n’avions plus vu depuis 4 ans… et quelle surprise à notre arrivée. Le site est devenu bien plus grand, il y a beaucoup plus de stands, mais l’ambiance y est toujours aussi bonne et la météo de cette année est juste exceptionnelle est offre une situation, un coup d’œil génialissime sur le lac. Nous partagerons principalement cette soirée avec Annick et Mica, Jannis le frère de Claire et Elodie. Nous croiserons un tas de monde avec qui nous échangerons, en faisant ainsi une soirée de retour réussie avec des concerts excellent de Junior Tshaka, Stephane Eicher et Damian Marley !

La semaine suivante, notre première en Suisse comme officiellement de retour sera très mouvementée… C’est qu’il y a un tas de choses qui se mettent en place dans un cas comme celui-ci. Il y a tout d’abord le logement ; et pour nous cela rime avec trois mois de travaux qui vont commencer début juillet, des travaux que Claire et moi allons gérer dans la maison de belle-maman. Il y a aussi, dans un délai bien plus proche, notre « fête de retour », où nous devrions recevoir une cinquantaine de personnes. Puis finalement, j’ai toujours ces offres d’emploi qui me pendent au nez, ces entreprises de recrutement et de constructions qui attendent mon CV. Mais allons tout d’abord par étape. Pour les travaux de l’appartement, nous rencontrons les entreprises le mercredi matin lors d’une séance dans la bonne humeur, chaque entreprise semblant vouloir jouer le jeu d’une réalisation en adéquation avec nos désirs et nos délais. Ensuite, pour la fête, Claire gère à peu près tout, de la vaisselle récupérable aux décorations en passant par les glaçons pour le Mojito et les grillades. Elle organise tout et me laisse du temps pour contacter les diverses entreprises. CV envoyés, j’ai déjà deux entretiens pour cette semaine. Le premier se fait par téléphone le jeudi, une semaine tout juste après notre retour, est assez concluant et ils souhaitent me voir la semaine prochaine. Le deuxième, en entreprise de recrutement, j’irai les voir vendredi pour définir mes envies. Les choses se mettent en place sur les chapeaux de roues !

Durant cette semaine, Amélie a également réalisé un stage dans l’école Montessori de Neuchâtel. Cela semble avoir été une expérience bien plus positive que sa scolarisation en école publique l’année dernière.

Vendredi, nous mettons tous la main à la pâte pour préparer cette fête du samedi. C’est que nous nous réjouissons terriblement de recevoir les gens invités. Il y a nos amis proches, la famille, mais aussi de nouvelles connaissances, on pense à Elo notamment ainsi que les Alegre, puis ceux que l’on connait depuis si longtemps mais qu’on n’a pas eu tant l’occasion de voir, comme Michel et Marie-Jo ou encore les Lavanchy. Claire a décidé de mettre les petits plats dans les grands et de mettre les moyens techniques pour que cette fête soit réussie. Toile d’ombre, tables et bancs, vaisselle de fête lavable, Mojito et j’en passe ! Nous passons une bonne partie du vendredi et du samedi en mode « préparation ». Et le résultat est nickel, tout comme la journée elle-même. Les convives nous font le plaisir de venir dans une humeur des plus joyeuses… c’est pour nous l’occasion de transiter en douceur et avec plaisir vers cette fin de voyage. Comme nous l’avions fait lors d’un week-end mémorable pour notre départ, nous reproduisons ce jalon mais à l’arrivée, marquant un moment de transition entre vie nomade et vie sédentaire. Nous ne sommes pas prêts, clairement, à tout mettre en arrière pour revenir à une vie standard à l’occidentale, et j’espère que nous n’y arriverons jamais, mais cette soirée nous fait ressentir exactement ce pour quoi nous revenons avec plaisir chez nous ; en ayant autant de gens autour de nous, la vie est belle et nous nous sentons bien. Nous aimons être en bonne compagnie et notre entourage nous satisfait en ce sens. Cette fête de retour, c’est l’occasion aussi de fêter le premier anniversaire ici, celui d’Amélie qui se retrouve recouverte de cadeau, dont un vélo, son tout premier ! Puis la soirée se finira entre potes, vers 4h du matin, en refaisant le monde comme avant, dans des théories de fin de soirée… Bref, une fête mémorable et réussie.

 

Une rencontre Nomade et de l’émotion au retour en Suisse. Du 12 au 14 juin 2017

 

Pour rejoindre notre prochaine destination, Lyon, nous décidons cette fois-ci de prendre les autoroutes à péages, car les 48 km/h de moyenne depuis que nous sommes en France allongent passablement le temps des trajets. Et puis, c’est la dernière ligne droite avant le retour en Suisse, et on commence à se dire qu’on y mettrait bien les pieds depuis le temps qu’on y tourne autour. Mais les distances sont quand même importantes et ce n’est pas en quittant Bergerac à 17h qu’on risque de faire beaucoup d’avance aujourd’hui. Nous sortons de l’autoroute pour nous trouver un bivouac et allons dénicher un petit endroit tout sympa dans la forêt, juste ce qu’il faut pour passer une bonne nuit.

Le lendemain matin, nous reprenons la route pour réaliser quelques 350km jusqu’à Lyon, pour y rejoindre les Nomades d’un jour. Vous en rappelez-vous ? Sandra, Thomas et Charlie sont des voyageurs contemporains, ils sont partis en même temps que nous, arrivant aussi à Halifax en juillet 2014. Nous les avions rencontrés une première fois lors d’un rassemblement de voyageurs dans le jura français en juin de la même année. Puis, par le plus grand des hasards, sans concertation aucune, nous nous étions tombé dessus dans le camping de Norris au centre du parc Yellowstone. Eux, comme nous, avaient changé leur plan de route de manière assez radicale et ce sont nos choix qui nous ont menés ici, une des premières expériences qui nous montrait que le lâcher prise, être à l’écoute de nos envies et de nos ressentis allait nous mener vers des rencontres aussi belles qu’inattendue.

Du coup, nous avons passé pas mal de temps ensemble, notamment dans le parc de Yellowstone même, où nous feront des marches et quelques découvertes sympathique, dont ces traces super fraiche d’un grizzli énorme qui se trouvaient dans un étroit couloir sans issue… un plaisir de ne pas l’avoir croisé pour de vrai. Après nous être quittés au Parc Yellowstone, nous avions pris la direction de Crater Lake, et à nouveau sans rien planifier, nous nous étions réveillés un matin avec leur véhicule à côté de nous. Nous avions donc ensuite roulé jusqu’à Crater Lake ensemble, fait une marche autour du lac, puis rejoints le Diamond Lake pour une soirée grillade comme cela s’est fait sans cesse aux USA. En se quittant à cette endroit, on pensait ne plus se croiser. C’était à nouveau sans compter sur le hasard qui aura fait que nos chemins se seront croisés une dernière fois sur les routes du monde à San Francisco.

Voici donc pour la partie présentation, ou re-présentation, d’une famille que nous avons tellement aimé voir en voyage et ensuite revoir en Europe, puisque les Nomades d’un Jour étaient venus en Suisse lors de notre rapatriement l’année dernière, ils nous avaient fait un somptueux cadeau par ce déplacement jusqu’à Neuch. Alors comme ils se trouvent en plus sur le chemin de la maison, il aurait été trop bête de ne pas les voir et c’est donc mardi soir que nous arrivons chez eux. Et c’est absolument incoryable. Dites-moi combien de personnes vous connaissez, depuis à peine 10 jours, et avec qui vous êtes si fraternelles, proches comme si vous vous connaissiez depuis toujours, partageant tout sur votre vie comme si ils étaient vos confidents. Car au final, c’est à peu près 10 jours, voire 2 semaines, que nous avons partagé avec Sandra, Thomas et Charlie. Mais les retrouvailles sont identiques à de vieux amis qui ne se sont pas vus depuis des mois. Et cela ne touche pas que les parents. Charlie et nos enfants se retrouvent également comme de vieux potes, comme cela s’était passé avec les Castagna ou les belges. Cette constante nous habite presque tous, les voyageurs, cette relation forte qui s’installe dès les premiers instants.

C’est donc avec un plaisir immense que nous sommes là, en compagnie de ces trois amis géniaux. Le temps est malheureusement court, puisque Sandra travaille, que Charlie à l’école… mais nous avons tout de même le temps pour un souper sur leur balcon, à l’air, et heureusement vu la chaleur de ces jours. Et comme Sandra et en repos mercredi matin, nous avons encore l’occasion de déjeuner ensemble.

Une chose agréable à savoir en partant de d’ici, c’est qu’il n’y a que trois heures de routes qui nous séparent, il sera donc aisé de se revoir. Nous repartons en fin de matinée, heureux de cette rencontre, et nous dirigeons vers la frontière Suisse de Genève. Merci les Nomades pour cet accueil chaleureux, à votre image bien sûr !

A mi-chemin entre Lyon et Genève, nous commençons à sentir l’air de chez nous, des paysages qui ressemble de plus en plus à ceux que nous connaissons. L’excitation monte, l’envie de voir la douane augmente. Nous y sommes presque, plus que quelques kilomètres, les derniers avant de boucler la boucle, de remettre les roues de Rhino sur territoire Suisse pour la première fois depuis trois ans, le ramener chez lui où il pourra être choyé par Daniel Babst et Nick, qui s’était occupé de lui avant le départ et durant le voyage par téléphone… Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de ce moment que temps de gens redoute, le retour, mais qui pourtant nous réjouis tant. Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de mener à terme ce projet totalement fou, paraissant si irréaliste, de tour du monde sur 3 ans, 6 continents, 33 pays. Voilà que nous y sommes, que Rhino, toujours aussi fiable et fidèle, nous amène jusqu’à la porte de chez nous, là où le drapeau Suisse flotte fièrement dans les airs, nous voici de retour en Suisse !

4 douane

Mais la première chose à faire en arrivant sur nos routes, c’est l’achat de la vignette autoroutière. Et oui, chez nous c’est ainsi… pas de péages, mais ce n’est pas gratuit non plus, sans que l’on puisse dire qu’elle soit chère non plus. 40 francs, voilà ce que coûte 365 jours d’autoroute chez nous, une somme ridicule lorsque l’on vient de sortir 100 Euros pour faire Bergerac-Genève ! C’est donc avec un immense plaisir que nous collons la vignette sur le parebrise.

5 vignette

Nous remontons contre le Nord en longeant le lac Leman puis tirons vers l’Est en direction de Vevey, toujours en compagnie du plan d’eau sur notre droite. La vue est magique, splendide, la région du Lavaux n’est pas au patrimoine mondial pour rien et un arrêt sur l’aire d’autoroute du même nom nous permet de retrouver certains goûts comme le Rivella, les chips Paprika Zweifel ou encore les Kägifret (je réalise que Word me souligne chacun de ces noms, c’est donc que ces produits sont bien Suisses) ! C’est aussi le moment pour moi de lâcher de grosses larmes, laissant monter une émotion d’achèvement, un sentiment de réussite mélangée aux souvenirs. Il n’y a pas de tristesse, aucunement, mais plutôt une prise de conscience d’un parcours incroyable, d’une aventure de pure folie. Aussi, un sentiment de fierté d’avoir mené au bout de projet qui a pourtant pris quelques fois du plomb dans l’aile, avec quelques coup de mou et surtout cette opération du dos qui aurait pu tout mettre à l’eau, mais nous avons parfois serré les dents pour aller vers du mieux et arriver sur cette aire d’autoroute sans réel intérêt mais qui, depuis aujourd’hui, aura cette aspect si spécial d’avoir accueilli la première montée d’émotion !

Bon, ce n’est pas tout mais nous avons encore une visite à faire aujourd’hui. Ce soir nous retrouvons Nirina et Christophe. Niri, c’est l’amie adorée de Claire. Elles ont partagé leurs années de formation d’Educatrice sociale et sont inséparables depuis. Nous sommes donc accueilli chez eux pour le souper, une retrouvaille un peu spéciale puisque Nirina est enceinte et que c’est la première fois que nous la voyons avec son ventre rond. C’est une petite soirée retrouvaille que nous passons. C’est un peu dur pour moi d’en dire plus car je n’étais que moyennement présent dans ce moment, et je m’en excuse envers nos hôtes. C’est que j’ai lancé sans réfléchir une demande de job sur Facebook hier, en pensant juste tâter le terrain pour notre retour, et voici que je me retrouve avec un tas de mails auxquels il me faut répondre, un CV à refaire en urgence puisque je n’ai plus rien, et des certificats de travail que je n’ai pas demandé avant de partir à obtenir. Mais Claire retrouve son amie et passe une adorable soirée, et c’est là le plus important. Nous dormirons ce soir sur un parking du village et reprendrons la route demain matin pour faire la surprise à notre famille puisqu’ils nous attendent pour samedi seulement !