Le point sur le retour après un mois. Le 20 juillet 2017

 

Voilà, le retour est bien entamé, si ce n’est même établi ! Un peu plus d’un mois après ce retour autant désiré que redouté, le bilan est positivement surprenant…

Disons que les surprises dans ce retour sont à la hauteur de ce qui était complètement prévisible. Justement, ce que nous pouvions attendre c’est réalisé comme cela nous avait été prédit. Tout d’abord, le nombre de minutes qui ont été dédiées à raconter notre voyage n’est pas très élevé, du moins pas autant que cela pourrait être attendu après une aventure de trois ans ! En effet, les plus proches connaissent souvent ce que nous avons vécu, par la lecture de notre blog, et du coup ce sujet n’est pas quelque chose d’indispensable pour eux. Ensuite, les amis d’un cercle un peu plus large ne semble pas tant intéressés à poser des questions auxquels ils redoutent peut être que les réponses le les gavent ou ne les ennuis. Pour finir, dans un cercle plus large, nous n’osons pas forcément entrer dans les détails de cette histoire un peu hors du commun puisque parfois les réactions semblent bien désintéressées, semblant projeter une sorte de supériorité face à ceux qui le reçoivent. Donc, voici que la première chose qui nous a été rapportée par d’autres voyageurs se réalise maintenant pour nous.

Une des autres choses qui était attendue, c’était l’apparition d’une certaine tension entre nous, les cinq membres de cette famille, passant d’une vie mouvementée à une vie de sédentaires, puis aussi d’une vie sans contraintes, attentes et disponibilité matériel à une vie remplie d’obligations et de consommation matériel. Nous devons retrouver un équilibre dans notre cellule familiale en prenant compte de tous ces nouveaux paramètres, de toutes ces nouvelles attentes qui nous habitent. Puis pour terminer ces quelques exemples, une réalité qui nous avait été racontée par ces voyageurs de retour après un voyage similaire au notre, c’est la vitesse à laquelle le mode de vie occidentale vous happe, vous faisant croire que votre voyage n’était qu’un doux long rêve dont les moments forts vous semble être floutés par un réveil qui sonne le début d’une nouvelle journée. Mais ne l’entendez pas d’une oreille négative, bien au contraire. Nous étions, du moins les parents, complètement conscient de ces réalités et nous ne sommes pas KO debout. Oui, certaine fois il y a comme un pincement au ventre qui vous rappelle que quelque chose ne tourne pas complètement rond, un coup d’œil dans le rétro qui vous fait reprendre conscience que tout cela n’était pas un rêve. Car si la vie autour de nous n’a pas changée en trois ans, si tous les défauts que nous relevions avant le départ dans le style de vie d’ici n’ont pas changé, nous, nous sommes clairement différents. Nous revenons totalement transformés par une vie d’aventure qui nous a fait traverser des cultures différentes, des pays riches ou d’autres si pauvres qu’il est douloureux d’ouvrir les yeux entièrement, qui nous a transformés par des rencontres animalières que l’on ne vit normalement que devant des documentaires, par la vue de paysages de cartes postales.

Oui, nous avons changé et avons décidé de voir notre vie d’une autre manière. La capacité à être heureux dans une vie ne réside pas temps dans ce que nous mettons autour de nous matériellement, ne se construit pas par une succession de décisions justes ou fausses, elle est plutôt fonction de notre capacité à changer son angle de vue. A quoi bon travailler dans un service après-vente et se plaindre de n’avoir que des clients râleurs et insatisfaits. Si l’on choisit ce métier, il faut bien s’y attendre, non ? Et si l’on travaillait en changeant sont angle de vue, si l’on voyait ce mêmes clients comme des personnes qui ont sorti de leur argent qu’ils ont gagnés durement comme de simple humains qui ont été déçu par une acquisition qui n’a pas permis de combler leurs attentes. Ou alors, un conducteur de travaux que je suis qui râle sans cesse sur le fait que c’est toujours la même chose, que ces chantiers ne se passent jamais comme on le souhaite, qu’il faut toujours régler des problèmes de logistique et de planning. Et c’est pourtant bien ce que je disais avant mon départ. Et bien aujourd’hui, j’ai décidé de changer d’angle de vue. Je pars du principe que je fais mon boulot de la façon la plus professionnelle et organisée possible, mais que de toute façon mon chantier sera une succession de problème à résoudre, et que cela rend en fait ce métier si particulier. Puis, si j’ai de la chance, que tous les éléments se mettent en place harmonieusement, alors je serai le conducteur de travaux le plus chanceux du monde, et peut-être le plus heureux aussi.

Mais pourquoi est-ce que je parle de mon travail comme si j’étais déjà redevenu un conducteur de travaux actif… ? Et bien, c’est que je travaille depuis déjà trois semaines déjà, alors que nous sommes de retour seulement depuis 35 jours ! Il était très clair pour les enfants, mon épouse et moi que j’allais commencer à chercher du travail dès notre retour, mais que je nous laisserais deux bon mois avant de recommencer. C’est que nous avons décidé de mettre ma carrière professionnelle en avant, merci à mon épouse de le permettre d’ailleurs, mais que nous voulions quand même nous laisser le temps d’atterrir tranquillement. Mais pourtant, voilà, comme dans le voyage lorsque nous planifions quelque chose avec quasi-certitude que la décision était la bonne, un élément totalement inattendu vient chambouler et retourner un chemin tracé. Quatre jours tout juste après notre retour, j’avais déjà des propositions de travail à la pelle, des recruteurs affamés qui me proposaient de belles opportunités, quatre entreprises très intéressées par mon profil dont notamment le bureau Steiner de Lausanne qui cherchait du monde pour la construction du nouveau complexe de Malley, et une entreprise dont le nom ne me disait rien jusqu’au moment où j’ai pu faire le lien avec des rumeurs que j’avais entendues lors de notre petit passage en Suisse à l’hiver 2015/16. « Celsius » de son nom, même « Celsius Groupe E » dans son nom complet est une toute jeune entreprise créée au premier janvier 2016, mais bénéficiant des reins solide de sa grande sœur « Groupe E » œuvrant dans la production et la distribution de courant électrique. CELSIUS est une entreprise, elle, qui distribue de la chaleur grâce à la création de réseaux de chauffage à distance. Bien plus intéressant écologiquement, bénéficiant de centrales de chauffage efficientes, les réseaux CAD sont aussi chauffés par une grosse part d’énergies renouvelables. Le poste que j’ai accepté consiste à gérer l’exécution les créations et extensions de ses réseaux passant sous terre. Le challenge technique n’est peut-être pas équivalent à celui qu’impose la conduite de chantier lorsque l’on réalise un complexe commercial et sportif comme celui de Malley. Mais j’ai choisi de mettre conjointement deux points en avant en en choisissant Celsius. Le premier, c’est que peu importe avec quel type de travail, je remets ma carrière en avant en remettant un pied dans le monde de l’emploi et cela avec un revenu correct. Certes, il n’atteint pas celui qui peut être visé en entreprise de construction de type Bouygues ou Implenia, mais à la grande différence près que chez Celsius il est possible, contrairement au deux autres cités, d’avoir le deuxième point qui rentre en ligne de compte, c’est la qualité de vie offerte par cette société. Le horaires sont définis en nombre mais libres en réalisation, donc terminées les longues soirées à plancher sur des offres sans voir un centime de plus sur son compte à la fin du mois. Il est possible de rentrer à des heures descentes afin de profiter de la vie de famille. Et après trois ans ensemble, c’est un point non négligeable. Puis, en plus, l’ambiance chez eux est juste géniale. La moyenne d’âge au département de gestion de projet est de 34 ans, sauf erreur, et l’esprit de déconnade est bon, autant que le sérieux nécessaire à un travail bien fait. Puis, pour terminer, avoir le pied dans une aussi grosse société (si l’on considère l’ensemble du Groupe E), mais dans une entité si jeune (Celsius) ça donne l’opportunité de grandir avec elle, d’apporter son savoir-faire avec la réelle possibilité d’en faire profiter tout le monde, autant que l’expérience de tous mes collègues m’amènera de nouvelles connaissances enrichissant mes outils professionnels. Rien ne semble vraiment figé pour le moment, et les idées sont les bienvenues si elles apportent une amélioration au fonctionnement de l’entreprise. Alors je vous le dis, si une des « conditions » à ce travail était de commencer bien plus vite que nous l’avions imaginé, c’est avec beaucoup de plaisir que j’y suis depuis maintenant trois semaines et je remercie mon épouse, comme mes enfants, d’avoir accepté de me laisser partir si vite. Si ça n’avait pas été le cas, alors j’aurais simplement dit non à mon futur employeur pour un engagement si rapide.

Mais il n’y a pas que moi dans ce retour. Claire, elle, a passé beaucoup de temps à reprendre ses marques dans une maison. Nous dormons encore dans Rhino mais passons beaucoup de temps dans la maison de belle-maman. Sans être dans le même appartement, Claire bénéficie d’une cuisine séparée et d’une pièce pour passer du temps avec les enfants. Nous sommes régulièrement invités chez elle pour partager du temps, mais aimons vivre séparés, histoire de ne pas se marcher dessus. Alors Claire a passé beaucoup de temps à cuisiner. Elle aime cela depuis toujours, et le fait de retrouver une quasi vraie cuisine, puis des produits alimentaires variés et de qualité l’enchante. Mais, pour Claire, il y a autre chose qui la motive et lui prend du temps, c’est la rénovation de l’appartement dans lequel nous allons habiter. Je devais m’occuper des travaux, mais le fait d’avoir accepté ce travail fait que je ne peux pas le faire totalement, C’est donc Claire qui a mis la casquette de Chef de chantier. Elle dirige, indique et contrôle la bonne exécution des travaux. Et tout compte fait, je pense que cette solution est bonne. Elle a un œil très affuté pour les détails, projette parfaitement le résultat d’un travail entrepris et semble se prendre au jeu de la construction, et cela la valorise certainement. Car, en soit, elle a sûrement pris la décision la plus dure de nous deux. Moi, je pars dans mon travail et n’ai presque pas la possibilité de subir la dépression d’un retour. Claire, elle, a décidé de rester à la maison, de ne pas se lancer dans une nouvelle carrière professionnelle à 100%, car elle estime, avec raison, que ce ne serait pas juste pour nos enfants de passer d’une période de trois ans de partage familiale à des journées où les enfants seraient voués à eux-mêmes en attendant que papa et maman rentrent du travail. Elle souhaite une transition en douceur, en accompagnant le retour de nos enfants, qui n’ont certainement pas les mêmes armes que nous pour comprendre ce nouveau changement dans leur vie.

Mais tiens, puisque je parle de nos enfants, et bien, eux, vivent ce retour à 100km/h. Après deux premières semaines un peu flottantes, ils ont pu commencer les activités du passeport vacances. C’est, durant la période de vacances scolaires, une série d’activités journalière organisée par des bénévoles qui permet aux enfants de vivre diverses expériences. Ils ont fait de la poterie, vécu 24h dans la peau d’un soldat, visités le bâtiment de police ou encore fait de la capoeira, le tout accompagnés chacun d’un de leur amis. Ces activités ont durée deux semaines, les ont occupés et remis gaiement dans le bain de la vie en Suisse. Ils ont tous retrouvés de amis avec ce retour, puis des repères qui sont bon pour des enfants, le partage de leur temps avec de la compagnie autre que celle de leurs parents.

Et puis voici qu’après un mois de retour ici, nous sommes en train de vivre un moment bien spécial et déroutant pour tous. Nous sommes séparés, chacun à des nombreux kilomètres les uns des autres. Claire est actuellement en Allemagne pour vivre un jeûne de dix jours. Jimmy et Soraya sont aussi en Allemagne, mais dans une autre région, pour y faire un camp équestre dirigé dans l’apprentissage de l’allemand. Puis, Amélie, elle, est dans une ferme au Jura pour une semaine au contact des animaux de ferme en compagnie d’un tas d’autres enfants. Quant à moi, je travaille et reste sur Neuchâtel, et sans me plaindre, puisque je le fais avec plaisir. Mais le fait de ne pas être ensemble est bizarre. Ne pas avoir mes quatre autres doigts me fait voir qu’une main ne fonctionne pas aussi bien si elle n’en contient qu’un, les quatre autres sont indispensables. C’est donc un retour bien mouvementé que nous vivons, et c’est certainement une chose qui nous permet de le vivre bien, de l’accepter sans trop de difficultés.

2 réflexions sur “Le point sur le retour après un mois. Le 20 juillet 2017

  1. Bravo pour ce retour si bien réussi. Je vous suis dans cette aventure depuis le début et vous remercie grandement de nous avoir permis de vivre ce voyage en votre compagnie. Vous êtes une très belle famille, et ce qui est beau. Bonne continuation. Francis

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