Quito, le Cotopaxi et Quilotoa. Du 29 au 04 juin 2015

Avant de quitter la communauté, lundi soir se trouvait être une soirée avec accueil de touristes et petite conférence de Cristobal sur la ligne de l’équateur. Nous y avons rencontré Lionel, un français établi en Equateur depuis maintenant 14 ans. Après une discussion avec Soraya, il est venu vers nous pour nous inviter chez lui, à quelques kilomètres de Quito. Une aubaine pour nous qui n’aimons pas rentrer dans les villes avec Rhino.

Nous arrivons, alors, à Cumbaya mardi matin. Comme nous l’avait dit Lionel, il a une séance dans la ville de Quito et nous profitons de son trajet pour nous rendre dans cette ville avec lui. Il nous dépose en nous disant que nous devions l’appeler lorsque nous arriverions à Cayambe pour qu’il nous cherche à l’arrêt de bus… quelle gentillesse. Mais tout d’abord, la journée est prévue pour découvrir le vieux Quito et chercher nos documents à l’agence de voyage qui nous a vendu notre séjour aux Galápagos.

Nous commençons par cela, l’agence de voyage. Nous y découvrons Esteban, que nous avons contacté pour la première fois en Colombie. Nous devons dire que si vous souhaitez organiser vos vacances en Equateur, n’hésitez pas à passer par lui. Il communique en anglais et en espagnole, et se trouve être l’un des meilleurs services que j’ai reçu depuis bien des années ! Nous avons échangé des dizaines de mails et il m’a même appelé plusieurs fois en Colombie. Nous nous retrouvons donc chez lui et faisons connaissance de ses collègues de l’agence ecuatraveling. Esteban prend encore le temps de nous faire tout un exposé sur les choses à faire en Equateur, sans jamais essayer de nous vendre quelque chose. Nous le remercions déjà pour le travail qu’il a réalisé pour nous et espérons que la qualité du séjour aux Galápagos sera à la hauteur de son professionnalisme.

Nous continuons avec la visite de la vieille ville de Quito. Nous ne sommes vraiment pas attirés par les villes mais nous sommes senti assez bien dans celle-ci. Le vieux Quito est fait de plusieurs petites zones piétonnes. Son architecture de type coloniale semble plus européenne qu’ailleurs, où le type hispanique est généralement plus fort. Nous avons eu l’impression de nous retrouver tantôt dans une petite zone de Berlin, ou de Neuchâtel. Les quelques rues que nous avons parcourues nous ont laissé assez tranquille, sans une circulation insupportable (contrairement à Popayan), et une ambiance agréable, par exemple en écoutant 4 hommes grattant leur guitare et chantant dans un parc.

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Le soir et le mercredi matin, nous le passons chez Lionel. Nos enfants on jouer pendant des heures ensemble. Jimmy s’est royaumé avec Philippe et Sophia en jouant aux lego, Soraya s’est régalée avec leur bébé de 4 mois et Amélie, comme à son habitude, elle s’est amusée tantôt avec les uns, tantôt avec les autres. Malheureusement pour nous, nous n’avons même pas pensé à prendre notre appareil photo et n’avons aucune image de notre rencontre. Toutefois, nous n’oublierons pas leur gentillesse qui nous aura permis de visiter Quito en toute tranquillité, Rhino étant parqué en sécurité. Ah oui, j’oubliais ! Lionel, pour faire un peu sa présentation, est fan de transformers. Son bureau et son atelier en sont remplis, c’est impressionnant. Il est également une sorte de savant fou ! Il a une tonne d’idées aussi farfelues que pratique et travail des heures durant à mettre en place des choses mécaniques, électroniques et électriques pour améliorer la vie au quotidien. Ce fut très intéressant de discuter de tout cela avec lui.

Puis, mercredi midi nous repartons de Cayambe pour nous rendre au Cotopaxi. Haut de 5897m et vieux de 2 à 5 moi d’année, il est le volcan actif le plus élevé au monde. Actuellement en niveau 3 sur 5, les locaux redoutent une éruption imminente. Mais pour l’instant, l’accès au parc est libre. La route menant au parc est bonne jusqu’à 15km du parking du refuge environ. Ensuite, c’est de la piste en tôle ondulée devenant même moyenne sur la fin, peu avant le parking du refuge. Mais nous avons commencé par la lagune au pied du Cotopaxi. Avec ses chevaux (qui ont l’air sauvage) dans les champs alentours, le lieu est magnifique et offre une superbe vue sur le volcan.

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Ici, nous croisons deux espagnols qui n’avaient pas réussi à rejoindre le parking se trouvant à 4600m avec leur véhicule. Trois soucis leur ont été fatals : Entrainement pas traction (ils glissaient sur le gravier) – faiblesse du moteur (130CV) – état de la route. Ayant entendu cela, nous décidons de monter pour essayer et remonterions le lendemain si cela passait. En nous rendons à ce parking, nous avons la chance de voir le Cotopaxi se découvrir de son manteau de nuage. Nous en profitons pour mitrailler avec notre appareil photo !

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Ici, Jimmy a conduit Rhino pour la première fois… Il faut dire qu’il se débrouille bien avec le volant !

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Puis nous continuons et montons, montons, montons, jusqu’à atteindre le parking. Notre entrainement par propulsion et nos 210CV ont permis à notre Rhino de grimper à 4600m d’altitude, non sans avoir entendu s’enclencher quelques fois la vitesse supérieur du ventilateur turbo ! Et quelle ne fut pas notre surprise en arrivant là-haut… nous y retrouvons Marc et France, nos amis canadiens.

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Nous apprenons que c’est l’anniversaire de France, et l’invitons à manger à la maison.

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Nous passons la soirée ensemble mais Claire se sent soudainement mal et le sera pendant 3 jours. Des nausées et autres effets que nous ne saurons attribuer à un quelconque microbe ou au mal des montagnes (nous dormons à 3900m).

Nous disons au revoir le lendemain à nos amis, puis repartons pour le refuge du Cotopaxi. En ce jeudi matin, la météo est franchement moyenne. Nuages, pluie, grésilles et fortes rafales de vent. Peu importe, les trois enfants et moi-même nous préparons à gravir les 280m de dénivelé présents entre le parking (4590m) et le refuge (4864m). Au dernier moment, Amélie se désiste car les rafales sont impressionnantes pour elle, du haut de ses 110cm !

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Nous partons, Soraya et Jimmy en tête, pour un chemin peu habituelle. De nature morte et lunaire, le paysage du Cotopaxi et désolant et impressionnant. La plus part du temps, la tête est en-bas car l’effort est grand. Parfois, nous levons la tête et là, je vois Soraya et Jimmy devant moi.

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Puis, petit à petit, je rattrape les loulous et passe devant eux.

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Plus nous montons, plus les enfants sont en difficulté. Ils sont partis trop fort, je leur avais pourtant expliqué : « En montagne, mieux vaut marcher lentement avec de petits pas, mais sans s’arrêter ». Eux ont fait le contraire ; Rapide, grands pas et pauses ! Nous avons fait les 50 derniers mètres main dans la main, moi les tirants en avant. Il nous aura fallu 53min pour atteindre ce refuge distant de 1.3km ! Et oui, l’oxygène se fait très rare ici…

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Mais une fois en-haut, une nouvelle fierté apparait sur nos visages. 4864m au-dessus du niveau de la mer.

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J’aurai souhaité atteindre les 5000, mais les enfants n’étaient pas très motivés. Nous avons, alors, bu un chocolat chaud et joué à la neige.

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La descente nous aura, elle, prit à peine 13min ! Cela nous aura permis de ramener un peu de neige à Claire et Amélie et leur préparer un petit bonhomme de neige que nous n’avions plus fait depuis 1 an et demi.

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Afin de réduire le malaise de Claire, nous repartons du parc national Cotopaxi dès notre retour du refuge pour aller bivouaquer à Quilotoa. Malheureusement pour elle, la lagune de Quilotoa se trouve elle aussi à 3900m d’altitude.

Ici, c’est à nouveau un lac dans un cratère. Le vent y est tellement fort que nous avons passé une petite dizaine de minutes à l’observer, c’est tout.

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Sur le parking du village, qui nous servira de bivouac, nous faisons une nouvelle rencontre des plus agréables. Claudio et Irene, Franco-espagno-chiliens, sont en voyage du Sud au Nord. Ce sont des jeunes de notre âge et sont admirablement sympathiques. La soirée fut super agréable puis nous avons à nouveau bivouaqué ensemble proche de Quevedo avant que nous ne partions pour Guayaquil chercher Jannis, le frère de Claire. Nous devrions les recroiser sur la côte pacifique pour prendre un cours de kitsurf avec Claudio…

 

Quelques jours dans une communauté. Du 25 au 29 juin 2015

Quand nous avons quitté Manuel, Herminda et leur famille, nous savions ce pour quoi nous partions. Dans le cadre de notre association HAPPY, nous venions dans une communauté de Guachala pour un projet d’approvisionnement en eau potable. Toutefois, pour tout ce qui concerne le déroulement du projet et la réalisation en étape des travaux, nous développons cela sur notre page web de l’organisation dans cet article. Ici, nous voulons partager sur l’échange culturel qui s’est passé, un échange merveilleux tout particulièrement avec Esther.

En arrivant à Guachala, dans cette petite communauté d’une quarantaine de personne au total, nous sommes loin de nous imaginer se passera. Des liens se tissent, des échanges se font, des différences se sentent. Tout commence le premier jour, lorsque nous parlons de leur projet d’approvisionnement en eau potable. Nous remarquons qu’il est indispensable de bien choisir les mots que nous utilisons afin de bien se comprendre. Culturellement, tout est ok chez eux. Jamais ils ne diront que ce n’est pas possible, ils feront les choses mais peut-être pas comme espéré. C’est pour cela qu’il est indispensable d’être très précis dans les demande faites les uns aux autres, ne pas laisser un petit doute, sous peine que les choses se passent totalement différemment que discutées. Nous avons appris cela tout au long du projet réalisé avec eux, qui nous aura laissé quelques cheveux blancs, bien qu’au final tous se soient montrés disponibles et travailleur, le plus important dans notre aide avec HAPPY.

Mais tout au long de ces 5 jours passés chez eux, nous apprenons également à connaître un rythme et une qualité de vie qui n’est pas celle d’Europe. Ils n’ont ni plus, ni moins, bien au contraire ! Ils ont simplement des choses que nous n’avons pas et vice et versa. Le temps, par exemple, est une chose dont ils disposent. Ils n’ont pas de délai comme imposés chez nous par le paiement des factures, des rendez-vous chez le médecin, des activités extra-scolaires des enfants ! Dans cette communauté, ils n’ont pas non-plus cette culture égoïste que l’on retrouve beaucoup en pays industrialisé. Tout est échange, partage. Tu me repars ma douche, je te prépare un repas… Tu as besoin de carottes, je te prends une courge. Cela leur permet d’avoir une qualité de vie sans l’obligation de disposer d’une quantité d’argent inimaginable en Equateur. Chaque travail réalisé au sein même de la communauté leur permet de ne pas dépenser un argent qu’ils n’ont pas. Mais bien entendu, il y a aussi ce qu’ils n’ont pas. Comme je le disais, ils n’ont ni plus ni moins. Ce qu’ils n’ont pas, par exemple, ce sont des logis tout confort et bien entretenus comme chez nous. L’eau chaude est un produit plutôt cher. Pour installer une douche chauffante il faut compter environ 50$, soit 4 jours de travaille chez eux environ. Mais en plus, il faudra payer l’énergie nécessaire à l’eau chaude, une chose pas toujours possible. Il y a plein de différence comme celles-ci mais rien ne laisse à croire qu’ils sont moins heureux que nous, au contraire. Théophile, lui, nous donne un exemple d’une américains qui était venu visiter la communauté un jour. Il nous dit qu’un membre de la communauté s’était fâché avec le gringo car il disait qu’ils étaient drôlement pauvres. Et bien eux, ne se sentent pas pauvre. Nous aurions certainement besoin d’un peu plus d’argent, dit-il, mais nous avons été éduqué, nous avons un toit, de magnifiques potagers… Nous ne sommes pas riches, c’est clair, mais certainement pas pauvre non-plus. Ce discours nous a touché, car il montre à quel point ils ne se laissent pas aller à des plaintes mais qu’ils travaillent à améliorer leurs vies qui sont déjà un bel exemple pour plus d’un.

Durant le séjour ici, nous auront été aussi immergés dans un rythme et une façon de vivre très locale. Soraya aura tissé beaucoup de liens avec Evelyne. Cette fille de 15 ans, encore à l’école, aura passé beaucoup de temps avec notre ainée. Ensemble, elles se mettent au trico. Soraya connaissaient cette activité dans ses premières années scolaires, mais Evelyne lui aura réappris comment faire et elle ont tricoté durant des heures.

1 sorayaa

Jimmy, lui, s’est fait deux copains avec qui il aura passé le plus clair de son temps à faire des jeux de garçons. Il leurs a montré comment jouer au hockey et eux comment jouer à la guerre avec 3 bouts de bâtons ! Comme je le disais, des jeux de garçons !

2 hockey

Amélie s’est mêlée à un peu de tous les groupes. Comme d’habitude, notre dernière fait sa vie et rejoint le groupe qui l’enchante au moment où elle le décide. Le dessin avec Soraya et Evelyne lui a assez plu.

3 dessin

Et nous, les parents, nous avons été partagés entre moment d’échange avec la communauté et moments de travail pour ces projets. Mais Claire aura souvent discuté avec Alegra, la doyenne de de la communauté, avec ses 90 ans. De jolis échanges appréciés par mon épouse. Mais elle ne s’est pas contenté de parler, Claire aura aussi passé du temps en cuisine avec Esther pour lui apprendre comment réaliser des plats à l’européenne, ce que Esther et sa famille ont eu l’air de beaucoup apprécier.

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Tous ensembles, nous avons aussi eu la chance de les voir danser, en habits traditionnels également. Ils ont reçu une classe d’université américaine du Texas, le lundi, afin de partager avec eux leur culture. Ce fut toute une organisation pour eux dont nous avons profité juste avant de repartir le mardi matin.

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Ce fut une petite semaine fort en échange et incroyablement enrichissante. Nous nous réjouissons déjà de retourner les voir au mois d’Aout. Non seulement pour voir l’avancement des travaux du projet 2, mais aussi pour passer à nouveau un peu de temps ensemble, ce qui fut un véritable cadeau cette fois-ci !

 

Mitad del Mundo. Le 23 juin 2015

Au lendemain de l’anniversaire d’Amélie et juste avant de rejoindre Manuel (j’ai posté l’article de Cotacatchi trop vite), un équatorien qui nous a invité à passer la St-Jean dans sa famille, j’avais envie de faire un petit article juste sur la moitié du monde. Nous sommes, ici proche de Cayambe, juste sous la ligne de l’équateur. A Guachala, il y a un site nommé Quitsato (Quitsa = moitié, To = monde, en langue Tsafiqui), et offrant une multitude d’explications sur l’équateur et l’étude de sa ligne !

1 Quitsato

Pour nous, venant de l’hémisphère Nord, se trouver pile poil sous la ligne de l’équateur, là où elle fut calculée pour la première fois par un astrologue français et son équipe, reste un sentiment assez incroyable. De plus, la vue sur le Cayambe est belle. Ce volcan et le point le plus haut traversé par la ligne de l’équateur et le seul point où il y a de la neige ! E arrivant sur le site, le premier réflexe fut de poser la balise GPS sur la ligne désignée comme celle de l’équateur, voici le résultat :

2 balise

Puis, la deuxième chose à faire est de se promener dans part et d’autre de la ligne en passant le d’hémisphère Sud à l’hémisphère Nord. Un jeu fort amusant pour l’esprit. Pour le fun de l’image, notre famille en équilibre de chaque côté.

3 famille

Mais Quitsato n’est pas qu’un point sur cette ligne ni un simple calendrier solaire, il est un projet global de l’étude de cette ligne équatorial incluant la recherche des point stratégique de calculs effectué, déjà, par les civilisations pré-inca. Actuellement, 6 sites archéologique ont pu être découvert par des conclusions logique en rapport avec le prolongement du calendrier solaire de Quitsato. Tous ces sites représentent des points de repère en relation avec les équinoxes et solstices dans un alignement des sommets de montagne et ligne tracées sur ces sites.

Aussi, Cristobal son fondateur, se déplace régulièrement à l’étranger pour réaliser des conférences sur ses recherches et défendre un nouveau paradigme. En effet, culturellement, sur les mappes de notre terre le Nord et le Sud sont séparés par la ligne équatorial en présentant le Nord en-dessus du Sud, laissant apparaitre une supériorité des pays du Nord sur ses voisins du Sud (n’est-ce pas une réalité actuelle ?). Cristobal mets à mal cette projection en posant la question sur le sens de rotation de la terre en relation avec les hémisphères. Sans entrer dans une explication longue et peut-être pas des plus juste (problème de mémoire), la projection de notre terre sur les mappes monde devrait certainement être inversée de 90° pour présenter la ligne équatorial non pas comme une séparation entre le Nord supérieur et le Sud inférieur mais plutôt comme étant une union entre ces deux Hémisphère.

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Un nouveau paradigme pour les enfants de nos enfants ?