Un vol en paramoteur ! Du 3 au 9 mai 2015

Au lendemain de notre retour à la Ciudad Perdida, nous quittons le village de Taganga, Jil et les Castagna en direction de San Gil. Sur le chemin, nous prenons encore plus la mesure de la gentillesse colombienne. Accompagnés de Ornela et Oscar, un couple italien voyageant en autostop et que nous avons pris à Taganga, nous roulons au Sud jusqu’à Cuatro Vientos, où nous y passerons la nuit, puis jusqu’à San Martin.

Dans ce village sans intérêt de prime à bord, ce qui ne devait être qu’un simple arrêt pour acheter des légumes et dîner se transforma en une rencontre génial et une proposition inhabituelle. Alors que j’étais retourné à la petite épicerie pour acheter des œufs, un homme arrive et se mets à me parler en espagnole, puis après quelques mots, comprend que je parle allemand (au moins un peu) et nous débutons un échange dans la langue de Goethe. Arthuro, de son prénom, m’explique que sa maman est allemande et son père colombien, qu’il est propriétaire d’une entreprise de forage et qu’il nous invite à voler avec son paramoteur, là tout de suite ! D’abord un peu perplexe à l’idée de me retrouver en vol avec quelqu’un que je ne connais pas, avec une qualité d’entretien de l’appareil que je ne connais pas plus, nous nous sommes rendus au camping-car afin de prolonger un peu la discussion. Suite aux échanges, nous nous sentons en confiance et acceptons. Il nous dit de patienter un moment puis, 10 minutes plus tard, revient avec son para, son fils et un ami. Nous les suivons et arrivons au milieu de champs de pâture perdu dans la campagne de San Martin.

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Nous passons rapidement aux choses sérieuse, Arthuro n’est pas du style à trainer, et il tient plus cela de sa mère allemande que de son père colombien (sans préjugés aucun). Après quelques rapides préparatifs, je suis le premier à embarquer. Incroyable, cette sensation de vol en parapente propulsé par une hélice est unique, nous n’avions jamais vécu un truc pareil. Et la plaine de San Martin se prête assez bien au jeu, offrant une vue plutôt dégagée sur l’étendue des champs de pâture, et quelques plantations de palmes. Nous volerons à tour de rôle, Jimmy étant accompagné par Carlos, l’ami d’Arthuro, et Amélie par Ornela. Elle n’a pas froid aux yeux cette choupette, même lorsqu’il faut monter sur la moto pour se rendre au lieu de décollage, distant de 300m. Seule Soraya, n’ayant que peu confiance en ces engins, n’aura pas volé.

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Après cette expérience, Arthuro s’en est allé rapidement, la nuit tombant. Il a ramené son para en volant et viendra chercher sa remorque demain, avec son fils déjà reparti sur un chantier.

Le lendemain, la famille Nunez revenue, nous leur proposons un café et passons près d’une heure à discuter, Christian, le fils, m’aidant à réparer notre pulverisateur. C’est autour du café qu’Arthuro nous explique qu’il a vécu 11ans en Allemagne et travaillé pendant 33 années. Ce qu’il voulait dire par là c’est que le rythme que nous avons en Europe est sauvage, que nous travaillons moins d’heures qu’ici, en Colombie, mais que nous n’avons ni repos ni tranquillité. « Et, en Europe, ne mettez surtout pas une main dans la poche », nous dit-il, « alors qu’ici tout le monde s’en fiche ». Il est heureux d’être revenu en Colombie et son fils Christian, lui, rêve de voyager dans le pays où il a passé ses 7 premières années, mais le fera pour des vacances, rien de plus. Cet échange avec eux nous a beaucoup touché et ces deux hommes sont vraiment bon et leur gentillesse est purement gratuite, une chose qui manque à ce monde.

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Les Nunez repartis au travail, nous reprenons la route en direction de San Gil, fort d’une rencontre inoubliable. Toujours accompagnés d’Ornela et Oscar, nous ferons une dernière halte avant San Gil, à Los Santos. Nous y passons peu de temps mais juste assez pour admirer le canyon de Chicamocha et nous balader dans les ruelles du village typique et 100% sans touristes. Les villageois nous ont dit qu’ils n’avaient jamais vu de camping-car ici.

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Mercredi, nous arrivons à San Gil et déposons nous autostoppeurs italiens. Eux vont rester quelques jours ici et devraient travailler dans une finca de la région. Nous, nous réalisons que nous avons oublié notre livre d’or chez les Castagna en quittant Taganga. Nous leur téléphonons et apprenons qu’ils sont à San Gil. Du coup, nous aurons passé la soirée avec eux avant qu’ils ne repartent le jeudi matin et c’est les larmes aux yeux que nous leur disons au revoir. Ils viennent de nous apprendre que pour eux le voyage se terminera fin aout. Ils n’ont plus gout au voyage, le mode de vie ne leur convenant plus, ils pensent avoir autre chose à vivre de retour en France. Mais jusque-là, bons vents à eux jusqu’à Montevideo et merci pour ces belles rencontres…

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Jeudi, nous le consacrons à des tâches administratives et ménagères. Il y a, tout d’abord, l’école des enfants, ce que nous faisons chaque matin 5 jours par semaines. Puis, il y a les divers contacts au travers de facebook, skype, whattsapp, ou encore par courrier électronique. Donc, nous avons utilisé la connexion de notre bivouac afin de répondre aux différentes demandes de futurs voyageurs qui nous avaient contactés. Aussi, nous avons fait 6 heures de nettoyage dans Rhino. Imaginez ce que veut dire 6h pour 14 m2 et 30 m3 ! Ce fut les nettoyages de printemps.

Vendredi, nous décidons d’aller voir les chutes de Juan Curi. Jil, qui était monté à Barichara avec les Catagna, nous a rejoint pour faire la visite ensemble. Les chutes de Juan Curi sont faites de plusieurs chutes, dont la plus grande serait haute de 180m. En tous les cas, elles sont superbes. Mais attention, pour y accéder, il y a deux possibilités. La première entrée, côté San Gil, donne un accès pavé aux chutes et ressemble plus à une balade en sentier aménagé qu’à une aventure (très facile d’accès). La deuxième entrée, celle que nous avons prise, vous amène aux chutes par des chemins de terre escarpés, traversant des petits cours d’eau vous mouillant les chaussures et l’arrivée aux chutes se méritent.

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Une fois le chemin fait, nous arrivons à la première chute. Haute de quelques dizaines de mètres, il est possible de se baigner dans son bassin de réception.

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Puis, nous montons ensuite vers la deuxième chute accessible, beaucoup plus haute et dans un environnement superbe. Là, les yeux se régalent !

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Depuis là également, il est possible de se pencher au-dessus de la première chute d’eau en contre-bas, le regard surplombant la chute et le bassin de la première baignade.

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La Colombie n’offre aucun répit. Elle est si riche, d’une beauté exceptionnelle, et habitée par des gens tellement aimable. Il est impossible de ne pas se faire proposer de l’aide, à chaque rencontre. Et attention, ce sont des propositions gratuites, au contraire de l’Amérique centrale, de la pure gentillesse. Nous vivons une expérience franchement dépaysant. La Colombie ne ressemble en rien à nos pays d’Europe, tant visuellement que dans l’échange humain. Nous nous réjouissons de vivre la suite, qui sera, après une nuit au pied des cascades, la visite des environs de Barichara !

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