Notre BILAN des Amériques, du 15 juillet 2014 au 10 décembre 2015

Notre voyage aux Amériques a débuté à Halifax, au Canada, et s’est terminé à Montevideo, en Uruguay. Nous sommes passés par 3 continents, 18 pays et avons réalisés 54’765 km à une vitesse moyenne de 51.33km/h pour un total de 9’064.50 lt d’essence et un montant de 8264.00 CHF.

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Il est sûrement plus facile pour nous de faire un bilan sans trop de nostalgie de cette expérience sachant que, au moment où je débute l’écriture de celui-ci, nous sommes en « pause » dans notre famille en Suisse et repartirons pour 18 nouveaux mois de voyages dans moins d’un mois, direction l’Océanie et l’Afrique.

Durant ce périple américain, les expériences ont été aussi variées qu’intéressantes, parfois mêm surprenantes. Nous sommes passés de pays extrêmement riches à d’autres extrêmement pauvres, de pays super accueillant à d’autres beaucoup moins. Les paysages ont été également très changeant, passant de régions sèches à d’autres luxuriantes, de reliefs terriblement accidentés à d’autre totalement plats sur des milliers de kilomètres. Une des rares constantes a été les langues, seulement trois sur une superficie pareil. Le français du Québec, notre langue maternelle. L’anglais, que nous métrisions déjà avant notre départ sans qu’il soit parfait. Puis l’espagnol, que nous avons appris à mesure que le voyage avançait. Cette dernière nous a tout de même accompagnés durant plus de 12 mois. Il était donc indispensable pour nous de bien l’apprendre et cela nous a permis de nouer des liens fort dans ce voyage.

Notre bilan ne sera pas conté, mais plutôt distribué par thème du genre famille, école, bivouac, etc… ainsi, nous souhaitons donner un aperçu de nos impressions générales par sujet et donner une idée de ce que pourrait être le voyage, bien que le nôtre ne puisse être le vôtre. N’est-il pas vrai qu’il y a autant de voyage que de voyageurs ?

BILAN DES AMERIQUES :

Rhino, notre maison : Bimobil ST702 sur porteur Iveco 50C21. Si c’était à refaire, nous ne changerions absolument rien, car ne dit-on pas que le mieux est l’ennemi du bien !?

En ce qui concerne le moteur, absolument rien à redire, enfin 1 seul problème de tube de capteur de différentiel de pression à changer sur 60’000km, et un témoin moteur qui a disparu après avoir éteint et allumé le moteur à nouveau. Pour la mécanique autre que moteur, un zéro faute également, jusqu’à ce qu’un argentin touche à quelque chose et ne nous occasionne quelques soucis, réglés depuis !

Pour la cellule, c’est de la qualité allemande résistante. A peu de chose près, rien à redire. Il y a toutefois eux quelques défauts à régler dont le plus important fut la poignée de la porte qui a cassée, ce qui nous a obligés à en faire envoyer une aux USA !

Au bilan de son utilisation, nous relevons un point fort dans le choix que nous avons fait : l’intimité. En ayant les trois couchettes des enfants à l’arrière, chacune détenant son propre rideau, puis encore un autre rideau devant l’ensemble des couchettes, la séparation est claire. Autant pour les enfants, désirant un peu de tranquillité, que nous les parents souhaitant boire encore un thé le soir. Nous ressentons tous un plaisir à pouvoir nous isoler malgré la promiscuité du lieu.

 

Le matériel emporté : Bien que nous ayons fait un tri drastique, seul le voyage vous montre à quel point on se charge de choses superficielles. Tout au long du voyage, nous nous sommes débarrassé de diverses choses inutiles, que nous avons offerts aux personnes rencontrées sur notre chemin, des locaux pour la quasi-totalité.

 

Gestion de l’espace dans Rhino : La vie en camping-car est un apprentissage à faire, il en vaut la peine. Dehors les affaires inutiles, loin les objets de confort et de décoration s’ils n’ont pas un rapport place/utilité à au moins 9/10 !

Avant l’acquisition de notre Rhino, nous n’avions jamais fait de camping-car, et, avant le départ, jamais passé plus de 4 jours à l’intérieur. C’était un vrai pari que de se lancer dans cette aventure ainsi. Il nous a fallu communiquer, donner nos impressions sans cesse afin d’ajuster nos attitudes, nos déplacements et trouver nos places. Ce sont de simples détails comme la sortie des wc. En ouvrant la porte sans avertir et sans faire attention derrière, celui qui fait la vaisselle se prend une porte dans le dos.

Il est clair que l’espace est drôlement restreint. Les mouvements s’apparentent parfois à ceux que l’on voit au ralenti dans Matrix ! Mais une fois les automatismes en place, tout devient très facile. L’étroitesse de l’espace est à ce moment un véritable terrain de jeu où l’on apprend à faire attention à l’autre, où l’on apprend à se frôler sans se sentir agressés, sans se sentir oppressés. A un tel point qu’en rentrant en Suisse, certaines personnes nous ont exprimés une sorte de malaise lorsque nous nous déplacions dans leur espace, jugeant que tout allait très vite et de façon trop rapprochée, ce que nous respectons entièrement mais que nous avons de la peine à modifier.

En bref, la vie en camping-car est largement positive pour la recherche de proximité familiale et l’apprentissage du respect de la zone de confort de l’autre, comme le nôtre.

 

Santé : Le voyage avait plutôt mal commencé pour Jimmy qui après 4 semaines de voyage se retrouvait déjà hospitalisé pour une infection du genou, au Canada. Il a eu besoin de 4 jours pour pouvoir repartir sur les routes avec une dose d’antibiotique pour cheval. Pour moi, 3 infections l’une derrière l’autre ont nécessité 3 prises d’antibiotiques de manière rapprochée, ce qui a rendu nécessaire une prise de médicament pour augmenter les défenses immunitaires, le tout en Amérique centrale (Infection d’une plaie au tibia, Impétigo, angine à streptocoque). Soraya n’a nécessité aucune visite chez le médecin, contrairement à Amélie qui a été couverte de pustules pendant des semaines, sûrement dû à une allergie à une piqûre d’un insecte particulier. Claire, elle, nous a donné quelques frayeurs à Cusco suite à une infection présumée du Choléra. Un des moments les plus stressant pour moi lorsqu’elle a perdu conscience dans la nuit !

Autrement, pour une année et demie en pays à la situation sanitaire parfois médiocre, nous ne déplorons pas beaucoup de gastro ou autres dérangements, et pourtant nous étions régulièrement à manger dans les marchés locaux.

Une constante dans les pays latino-américains, il est mieux de se rendre dans les cliniques privées que les hôpitaux publics. Il est aussi certainement mieux, pour une visite médicale simple, de demander à des personnes relativement aisées de la région chez quel médecin ils vont. Ils vous enverront ainsi sûrement chez quelqu’un qui aura une hygiène et/ou du matériel de meilleure qualité.

 

Sécurité : Depuis l’Europe, nous avons une vision largement tronquée de l’insécurité aux Amériques. Le Mexique, par exemple, est un pays dont certaines zones sont à éviter. Mais en-dehors de celles-ci, nous avons fait plus de 80% de nos bivouacs en sauvage et nous n’avons jamais pu nous sentir raisonnablement en danger.

En Amérique centrale, peut-être, nous avons rencontré les endroits les moins accueillants de notre voyage. Du Belize au Nicaragua, nous avons pris beaucoup de précaution et nous ne nous sentions pas toujours 100% sûrs. Pourtant, je ne suis pas persuadé que cela l’ai été à juste titre.

Puis ensuite, dès le Costa Rica jusqu’à la fin du voyage aux Amériques, nous estimons que nous n’avons plus rencontré de lieu nous ayant vraiment fait peur. Une seule et unique constante nous a suivis tout au long du voyage, l’écoute de notre instinct. Nous n’avons pas hésité, même une fois bien installés, à tout replier et repartir si l’un d’entre nous, enfants compris, ne se sentait pas à l’aise de dormir là où nous étions.

Et bien entendu, je répète ce que j’avais dit dans un de mes bilans personnels : « Je suis parti avec de la méfiance, je continue le voyage avec de la prudence » ! Si nos médias nous inculquent trop de méfiance, nous n’évoluons pas sans prudence non plus. Ce n’est pas la Suisse, ce n’est pas Monaco, mais soyons clairs aussi, ce n’est pas Bagdad ou Damas. Alors n’oubliez pas certaines règles de sécurité, mais ne partez pas en véhicule blindé non plus, vous risqueriez de vous ensablé !

 

Les bivouacs : Une règle est à observer selon nous ; le bivouac se trouve de jour ! Nous sommes rarement arrivés de nuit sur nos sites de bivouacs mais à chaque fois que c’est arrivé ce fut un peu hésitant… La nuit, tous les chats sont gris. Cela a pour effet de rendre un endroit peu recommandable paraissant correct, mais également un endroit génial peu accueillant. Sinon, nous nous sommes très rarement sentis en insécurité. Seul les pays d’Amérique centrale comme le Guatemala, le Salvador (surtout), le Honduras et le Nicaragua nous ont vraiment paru chauds pour dormir n’importe où. Pour ces pays, nous avons beaucoup usé l’application ioverlander.

Je pense que le respect de certaines règles comme le fait de demander aux locaux si le lieu est sûr ou ne pas arriver de nuit devrait être suffisant. Aux USA et au Canada, ainsi que les pays du Sud comme la Colombie, l’Equateur, l’Argentine, le Paraguay ou l’Uruguay, les bivouacs sauvages ne causent aucun soucis de sécurité (respect de certaines règles encore une fois) et sont faciles à trouver. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment de règle pour trouver un bon bivouac. C’est surtout l’expérience qui finira par parler. Je serais totalement incapable de donner des trucs et astuces pour être bien le soir. Plus on pratique la recherche, plus on trouve de chouettes endroits. Et sans aucun doute, au début du voyage nous sommes souvent trop craintif pour oser, pour essayer, et en avançant on lâche un peu et on finit par oser des bivouacs, non pas forcément dangereux, mais par exemple dans des lieux totalement perdu.

L’outil www.ioverlander.com peut être utile aux futurs voyageurs. Egalement, la liste de tous nos bivouacs se trouve ici bivouacs.

 

Les Douanes : La aussi, de grande différences entre le Nord, le Centre et le Sud. Le Canada et les USA peuvent poser problème dû à leur sécurité extrême et leur fermeture d’esprit. Mais pour nous, par exemple, ce fut super facile.

En Amérique centrale, c’est là que se trouve l’énorme morceau des Amériques. Si rien n’est bien compliqué (enfin pas à chaque fois), c’est surtout très long ! Le plus long pour nous fut pour entrer au Costa Rica depuis le Nicaragua, 4h30… Imaginez, sous un soleil écrasant, une humidité étouffante, patientant que les agents de douane veuillent bien faire leur travail. Mais le pire fut pour nous à l’entrée du Salvador où les agents ont tenté de nous soutirer de l’argent. (voir une entrée loupée au Salvador)

Puis au Sud, tout redevient assez facile dans l’ensemble. Seul, pour nous, l’entrée au Chili fut un peu longue et contraignante puisqu’ils sont à cheval sur les denrées alimentaires entrant sur leur territoire.

 

Le choix des sites : Ce chapitre demandé par Maryk, une lectrice assidue (la cousine de mon papa en passant) me laisse songeur. Il est vrai qu’il y a des milliers de façons de préparer son voyage, ou de ne pas le faire justement. Nous sommes partis avec des centaines de points d’intérêts, un tas de bouquins et beaucoup de conseils de voyageurs, peut-être même trop. Car au final, les meilleures sites à visités sont ceux qui correspondent à un besoin bien défini, à une période bien définie, pour une personne en particulier. Je n’ai jamais plus détesté aucun autre moment que quand un voyageurs nous disait « tu dois absolument visiter ça, ne le loupe surtout pas ». Les rares fois où nous l’avons fait consciemment sur conseil insistant d’une personne, nous n’avons pas aimé le lieu car nous y avons mis beaucoup trop d’attente. Ah, maintenant que j’y pense, nous avons tout de même détesté une phrase encore plus : « Quoi, vous n’avez pas été visité cela » ! Je crois bien que c’est la phrase la plus inutile que nous ayons entendu durant ce voyage…

Bref, vous pouvez visiter les plus beaux endroits du monde, mais si vous êtes dans un moment où vous n’êtes pas prêt à le recevoir, ce lieu ne sera pas ce qu’il est pour d’autre. Et à contrario, un lieu pouvant sembler totalement anodin pour certain vous paraitra incroyable car il correspondra exactement à ce dont vous avez besoin à ce moment précis.

Donc, en résumé, pour nous, il est important de connaitre les lieux et les sites à visiter dans la région dans laquelle nous nous trouvons mais nous gardons la liberté d’en inclure un tas d’autre sur conseil des locaux ou d’autres voyageurs et surtout nous gardons à l’esprit que si ces endroits ne nous parlent pas au moments où nous nous y trouvons et que nous repartons sans les visiter, alors nous ne le regrettons pas…

 

Ecole : L’expérience que nous avons tentée en première année de voyage ne fut pas concluante. Elle consistait à faire l’école par nous-même, avec les livres scolaires Suisses. Premièrement, trop peu de théorie y figure et n’offre que peu la possibilité à des parents non enseignant de donner une bonne explication à ses enfants. En plus, aucune limite n’est donnée, aucun point de contrôle de l’avancement et des connaissances. Nous travaillions, de ce fait, souvent sous pression et mes attentes envers les enfants furent trop hautes.

Pour cela, nous travaillons maintenant avec l’école à distance Legendre (bien qu’il y en ait d’autres tout à fait valables) pour les branches de français et de mathématique. Dans leurs livres, il s’y trouve toute la théorie et les explications nécessaires. Le tout est découpé en semaines de travail, offrant la possibilité de connaitre le stade d’avancement des travaux, un point très positif. Pour l’anglais et l’allemand, Claire continue avec les supports de cours suisses car chez nous ces branches sont principales et les systèmes français sont trop peu avancés malheureusement.

Claire donne aussi ce que nous appelons l’Ecole vivante. Sorte de culture générale, les leçons sont la plupart du temps calqués sur ce que nous voyons, ce que nous découvrons (les indiens aux USA, les volcans, les mayas au Mexique, etc.). Les musées et toute la partie culturelle du voyage fait partie intégrante de l’école vivante, et nous demandons aux enfants une attention particulière lors des visites.

Nous avons remarqué chez quelques amis voyageurs (et que cela ne soit surtout pas pris pour un jugement ou une critique) qui n’avait pas d’horaire défini pour les cours que la mise en route était souvent ponctuée de : « ooohhh mais non, pas maintenant » venant des enfants. Ou parfois les cours prenaient un paquet de retard. Dans notre fonctionnement familial, nous n’arrivons pas à travailler ainsi. Nous avons besoin de rythme et de choses claires pour nous entendre. C’est pour cela que, autant que possible, nos journées étaient débutées par deux heures d’école avant toute activité. Ainsi, 6 jours par semaine, nos loulous savent que d’abord nous travaillons, puis ensuite nous profitons. Cela nous a évité quasi totalement les conflits avec ce fameux « non, pas maintenant » ! Le rythme nous parait absolument essentiel et facilite beaucoup de choses.

Maintenant, le déroulement des cours eux-mêmes est malheureusement tributaire de beaucoup facteur : Humeur du prof, humeur de l’élève, fatigue, environnement (au bord d’une route bruyante c’est plus compliqué), motivation de toutes les parties, etc. ! De façon générale le déroulement des cours c’est bien passé quand même. Mais chaque jour nous devons faire des efforts, Claire et moi, pour faire preuve de patience. Nous sommes, sûrement comme beaucoup de parents, plus exigeant avec nos enfants que nous le serions avec d’autres et cela peut créer de très fortes tensions. Restons attentifs…

 

Budget : Un sujet qui donne à discuter… Clairement, le budget est significativement différent selon les moyens de chacun. Si certains budgets peuvent passer du simple au quintuple si ce n’est plus, je crois que nous n’avons croisé personne qui soit démesurément dépensier en voyage. Non pas que l’on soit radin en voyageant, mais simplement parce que la plupart des voyageurs partent pour trouver autre chose que le système de consommation de nos pays industrialisés. Et pour répondre à une question qui nous a été posée concernant le « comment avoir l’argent pour le faire », il n’y a pas milles solutions, il faut de l’argent de côté. Nous avons la chance d’être économe en rapport à ce que nous avons, nous ne dépensons pas sans compter et n’avons jamais changé de TV avant qu’elle ne casse, nous avons roulé notre vw golf jusqu’à la veille du départ avec 220’000km et nous avons la chance de disposé d’un capital non mirobolant mais suffisant pour voyager. Et n’oublions pas que nous avons tout vendu avant de partir ; maison, meuble, voiture, vaisselle, jeu, etc. Il ne nous reste que 10 cartons chez une tante, donc cela nous a créé un montant aussi. Et au final, une chance que nous avons, un sponsor privé pour un montant tout à fait raisonnable, ne permettant de voyager gratuitement mais facilitant quelques extras.

Pour ce qui est des dépenses en général, il est difficile de donner un montant mensuel, car cela refléterait notre voyage seulement, et comment le donner ? Avec shipping ou sans, incluant un budget plongée ou pas, mentionnant le nombre de visite de site ou pas… je ne me risquerai pas à donner un chiffre fixe, d’autre site le faisant très bien. Mais en gros, nous avons fait cette constatation : Le Canada nous a paru un pays horriblement cher, le plus cher de notre route. Ensuite, tous les autres pays nous ont donné des dépenses relativement équivalentes en fin de compte. L’Equateur, par exemple, où le coût de la vie est très élevé, le carburant y est si peu cher qu’au final le pays ne revient ni plus cher, ni moins cher qu’un autre. Ou encore, le Costa Rica, décrit si cher par tant de personnes, ne nous a pas paru aussi hors de portée que cela. Nous avons rempli chaque coin de notre Rhino avec de la nourriture au Nicaragua, nous avons dormis quasi qu’en « sauvage » sur les plages ou dans la nature luxuriante et avons recherché quelques lieux où l’on y voit la nature comme dans les parcs, mais sans devoir y payer des entrées surfaites. Au final, le Costa Rica nous a coûté, comme pour l’Equateur, un montant tout à fait raisonnable.

La dernière notion de budget que je vais donner concerne les estimations données par d’autres voyageurs. Attention à celles-ci ! Les situations économiques de ces pays ne sont pas stables et les coûts peuvent très vite changer, je prendrai l’Argentine comme exemple. Une inflation à près de 40% depuis 2 ans rend la vie chère aux locaux, et aux touristes aussi. Et pour éviter l’évasion des fonds locaux vers le dollar américain, le gouvernement a bloqué l’acquisition de cette monnaie à l’intérieure du pays et a rendu le Pesos argentin inintéressant à l’extérieur. De ce fait, deux taux de change sont apparus, l’officiel et le dollar blue des marchés noirs. Le premier se changeait à 9.60 Pesos pour 1 dollar et le second jusqu’à 16 Pesos pour 1 dollar lorsqu’il était changé en cash dans la rue ou à l’arrière des boutiques. Le touriste au courant de cela pouvait trouver l’Argentine attrayante, car à 16/1 le pays est bon marché, mais celui qui ne le sait pas se prend une claque et à 9.60/1 l’Argentine est chère. Donc en ce qui concerne le budget, prévoyez entre 2000 et 4000 Euros mensuels sur place pour être à l’aise, hors shipping et assurance, et si vous vous contentez de ne faire que des bivouacs sauvages, de ne manger que du riz et des haricots rouges, de ne jamais faire de visites payantes et que vous ne roulez que sur la Panaméricaine (environ 18’000Km des USA à l’Argentine), alors vous pourrez réduire drastiquement ce budget.

 

Les moins bons moments : Ceux-là, on aimerait les mettre de côté. Il y en a eu quelques-uns durant le voyage mais ils ont été plus ou moins dus à des choses habituelles, se créant également lorsque l’on vit une vie plus traditionnelle. Mais les pires moments, je pense, sont à chercher dans ces instants où l’on se demande ce qu’on fout là. Ce n’est pas vraiment le sentiment qui nous habite qui est désagréable, mais plus à ce que cette pensée nous renvoi.

Nous sommes dans une aventure extraordinaire, visitant des lieux énormes aux yeux du monde, réalisant le rêve de milliers de personnes, mais nous nous questionnons à ce sujet ! Cela semble inimaginable pour certains, mais le voyage ce n’est pas que du bonheur, ce n’est pas facile du tout et ce n’est pas parce qu’on l’a choisi que tout est rose. Alors oui, parfois on se demande ce qu’on fout là… mais au final, on trouve quand même toujours la réponse, du moins pour l’instant !

 

Evolution de chacun :

CLAIRE : J’avais envie et besoin d’ajouter un peu de douceur à mon caractère légèrement obstiné. Partir de suisse, me permettre d’évoluer dans un univers inconnu c’était ma chance pour me redéfinir. Mettre un peu de douceur, ouvrir mon cœur aux beautés du monde, des gens, apprendre à accueillir l’autre avec toutes ses facettes, bonnes ou mauvaises. Je reviens à mi-parcours du voyage et cela me permet de faire le point, me suis-je adoucie ? Je dirais que oui, j’ai mis de la dentelle sur certains contours un peu durs de ma vie et c’est très agréable, pour moi, mais aussi pour les autres. Je suis toujours moi, mais dans plus de douceur, me semble-t-il.

MICHAEL : Si je devais me contenter d’une seule et unique évolution en cette année et demie de voyage, je parlerais du lâcher prise. Comment un mec qui, comme je l’étais avant, passe son temps à stresser pour tout, à angoisser au moindre élément sortant de l’habitude, à se rendre grinche quand les choses ne se passent pas dans le temps et la façon prévus, peut devenir ce que je suis devenu ? Le retard ne me fait plus peur. L’imprévu me rend joyeux. L’ennui ne me rend presque plus grinche (faut pas déconner quand même, faut que ça bouge la moindre). J’ai appris à vivre plus l’instant présent, à accepter que tout ne soit parfait, que tout ne soit pas sous contrôle en tout temps.

SORAYA : Une jeune fille est partie de suisse il y a 1 an et demi et aujourd’hui on rentre avec une petite demoiselle. Si nous avons tous changé physiquement, Soraya est la preuve même de l’évolution. Elle revient avec une grande ouverture d’esprit, une capacité sociale touchante et des yeux qui voient tout. Elle nous fait part de certaines de ses réflexions et c’est avec étonnement que nous voyons le recul qu’elle est capable de prendre, son envie d’aider et d’arranger les choses. Pendant tout le voyage elle s’est épanouie, être avec sa famille est très important pour elle ainsi que la bonne entente entre nous. Elle est devenue une jeune ado avec du répondant, avec laquelle il est agréable de discuter et d’échanger.

JIMMY : Notre petit rebelle, comment lui trouver une place ? Il aime sa vie en suisse, mais il aime encore plus sa famille, qu’il suit sur les routes du monde. Certaines fois, la distance, les au-revoirs des copains voyageurs, l’école avec papa & maman, ce n’est vraiment pas facile. Mais il s’accroche, il nous montre tous les jours qu’il est motivé, qu’il ne nous retient pas dans notre envie folle de parcourir le monde. Jimmy est partit en étant un petit garçon un peu nerveux et il revient avec un regard posé, il réfléchit sur les injustices du monde et comment faire pour en prendre soin. Sa grande envie : Protéger la nature qu’il aime tant. Il a besoin d’elle, de s’émerveiller devant un oiseau, de surfer sur la vague, de glisser sur la neige, alors comment faire pour la protéger ? Grande question pour un petit mec qui rentre dans un petit pays après avoir découvert une grande partie du monde.

AMELIE : La puce, sur qui nous pouvons toujours compter pour rire un bon coup ! Amélie est partie avec une tendance théâtrale, elle revient en étant une pièce comico-dramatique à elle seule ! Elle aime nous faire rire, elle aime voir l’éclat de joie dans les yeux de ses spectateurs. Car oui, pour elle, la vie est un spectacle sans fin, dons les décors change de temps en temps. Elle a appris à manier l’humour avec délicatesse, à bouger son corps sur les musiques du monde, à observer les danseurs et reproduire le geste avec une étonnante exactitude. Elle a grandi, elle est prête à apprendre de chaque personne qui croise sa route et à créer des liens avec n’importe qui, tout en étant incapable de retenir un prénom, car ce n’est pas ce qui l’importe. Telle un papillon, elle passe d’une fleur à l’autre, en répandant sa bonne humeur et sa joie de vivre.

 

Un mot des enfants :

SORAYA :

Les jours passés dans les garages ont été ennuyant. J’ai été énormément dérangé par les déchets, la pollution faite par les hommes.

J’ai aimé les rencontres avec les gens. Avoir appris l’espagnole m’a beaucoup aidé pour jouer et connaitre d’autres personnes. C’est incroyable d’avoir passé autant de pays, et à chaque douane c’est moi qui donnais le nombre qu’on en avait traversés. Maintenant, je connais le nom des capitales des Amériques. J’ai été excitée de voir des ours en vrai dans la forêt. J’ai été impressionnée par tous les animaux qu’on a pu voir.

JIMMY :

L’école ce n’est pas facile tous les jours mais la plupart du temps ça se passe bien. J’aime bien l’école en voyage car on a plus de temps pour visiter et jouer que si on est dans une école normale. Le voyage m’a appris beaucoup de chose. J’ai adoré voir autant d’animaux et la nature quand elle n’était pas polluée. Je retiens la nature toute verte et abondante de l’Amérique centrale et de la région de missions en Argentine et au Paraguay. J’ai beaucoup aimé apprendre l’espagnole car j’ai pu parler avec les gens des pays.

AMELIE :

Ce que je n’ai pas aimé, c’est qu’il y avait des déchets partout. L’eau, des fois, était pas belle.

J’aime beaucoup les ours qu’on a vus, la couleur de l’eau et les chutes d’Iguazu. Voyager ça m’a fait beaucoup très plaisir parce qu’on voit beaucoup d’animaux et aussi parce qu’on voit le paysage avec toute la nature en-dessous.

 

Les rencontres : Cela pourrait faire l’objet d’un article à lui tout seul, mais en quelques mots les rencontres c’est ça… Echanges, liens, surprise, amitié, essentiel, profitable.

L’importance des échanges évolue au gré du voyage. Les premiers mois, les échanges sont plus superficiels (sauf avec ceux que vous connaissez déjà, hein les Nomades) et les moments de séparation un peu difficiles. Au contraire de quelques mois plus tard, où les rencontres sont franches et directs, sans chichis, et les aux revoir plus faciles à vivre car fréquemment pratiqués. Quand je dis que les contacts sont directs, c’est au point de parler pendant de longs moments de nos parcours, de nos vies de voyageurs, puis de réaliser que nous ne nous sommes même pas échangés nos prénoms !

Mais les rencontres c’est aussi, et beaucoup, les rencontres avec les personnes locales. Pour cela, la maitrise de la langue est indispensable. Impossible de nouer des contacts aussi entiers sans cela. Du moins, comment peut-on prétendre connaitre une culture sans avoir pu échanger sur absolument tous les sujets… Nous avons pu le faire grâce à notre espagnole, et pourtant je ne pourrais tout de même pas encore dire que nous connaissons la culture latino-américaines, nous l’avons rencontrée.

Dans ce chapitre, nous voudrions saluer quelques personnes en particulier, qui nous sont restées chères et importantes, bien que ceux que nous oublierions de mentionner ne le soit pas moins pour autant. Les nomades d’un jour, ceux que l’on a rencontré ici et là-bas ! Ron et Karen, nos premiers hôtes du voyage, aux USA. Les Roux, qui nous ont chamboulés la fin de notre voyage, nous aidant à prendre la décision entre l’Asie et l’Afrique, rencontrés au Mexique. Les JolyCamper, première rencontre aussi prolongée avec une famille, au Mexique, pour un pur bonheur. Jilani le grand-papa de voyage de nos loulous, rencontré au Guatemala pour la première fois et en Equateur pour la dernière. Edouard et Guillaume, les heureux propriétaires de la crêperie Luna de miel à Antigua, Guatemala. Marc et France, qui ont partagé avec nous de très beaux instants également, en compagnie de Jilani, du Guatemala jusqu’au Perou, une pensée spéciale pour Marc qui a perdu son étoile, France, durant le voyage. Les Castagna, famille voyageuse avec qui nous avons partagé un paquet de moments incroyables, d’Amérique centrale à la Colombie. Axel et Alma, au Rancho Los Alpes de Leon, au Nicaragua, des personnes formidables. Tous les colombiens, sans exception, un paquet de rencontres allant d’une minutes à plusieurs jours, avec ces gens dont la gentillesse n’a d’égal nulle part ailleurs ! Esther, Théophile et Laura, membre de la communauté Vicundo qui nous a accueillis proche de Cayambe, en Equateur, des gens formidables et une communauté dont la dynamique de partage est très belle. La liste pourrait durer encore des centaines de lignes mais je vais terminer par mentionner Miguel et Alicia, ainsi que l’ensemble des habitants de Puan, pour leur accueil extraordinairement fantastique qu’ils nous ont réservé une semaine durant dans ce village argentin, ici où jamais nous ne pensions arriver mais où le voyage nous y a poussé.

C’est un bilan qui ressemble à…. un bilan. Une première page qui se tourne et une nouvelle qui démarre. Nous parlions avec d’autres voyageurs sur notre questionnement sur la réelle nécessité de prendre si long en Amérique Centrale, comme nous l’avons fait pour le Guatemala, le Salvador et le Nicaragua, des pays durs et des confrontations parfois difficiles face à des cultures si différentes de la nôtre. Et bien à l’image de cette exemple, au final et même si certains moments ont été rudes, nous ne regrettons aucunes de nos décisions car c’est celles-ci qui nous ont amené à vivre chacun des instants qui ont suivi. Et si une petite partie du voyage a été compliquée, n’oublions pas tout ce que nous avons vu, tous les échanges que nous avons vécus, toutes les situations insolites que nous avons traversées et surtout l’immense richesse que nous avons récolté, en la partageant avec notre conjoint et nos enfants, ce qui reste le plus beau cadeau de cette décision prise il y a 4 ans !

Et puis, on nous a demandé aussi :

Les meilleurs moments : Ceux-ci, il y en a tellement ! Il y a tous ces gestes de gentillesse gratuite que nous avons reçus. Il y a toutes ces rencontres intenses, qu’elles aient duré quelques minutes ou quelques jours. Il y a toute la découverte incroyable et inoubliable de ces lieux, héritage des cultures antiques ou simple don de la nature, ces animaux multicolores ou inhabituels, ces terres colorées et ces gens habillés de tissus aux mille couleurs. Il y a ces moments magiques partagés en famille, ces rires entre nous, ces moments de complicité. Il y a cet instant où un (ou des) membre de la famille arrive à l’aéroport et que vous accueillez après des mois de séparation. Il y a un voyage aux Amériques que l’on a commencé le 15 juillet 2014 et que nous avons terminé le 10 décembre 2015 !

12 réflexions sur “Notre BILAN des Amériques, du 15 juillet 2014 au 10 décembre 2015

  1. Bravo pour cette 1 étape à tous.joyeux Noël et tous mes voeux pour la nouvelle année et la suite de votre voyage. Bise fabienne freti

  2. OUAH..quel beau récit, cela tient du cadeau pour nous ! Oui lectrice assidue( merci pour la citation au passage qui m’a touchée), qui reprendra ses bonnes habitudes dès votre reprise de la route… MAIS la chance c’est qu’avant de refaire vos baluchons on aura le plaisir de croiser les fourchettes le 6 janvier et encore partager ce qui nous unit le mieux cet amour avec un grand A…Donc A tout bientôt et gros becs en attendant …. Maryk et Dan

    • Oui Caroline, mais si faire un livre c’est facile, trouver un éditeur et la structure nécessaire c’est une autre paire de manche😁

  3. chers amis voyageurs,

    C’est une belle aventure que vous vivez ! Merci pour tous vos articles plein de conseils 🙂

    Tous nos voeux pour 2016 et que la route continue à être belle Amitiés les GLEN

    • Salut les Glen !

      Nous sommes heureux de lire votre commentaire… Pourtant, en voyageurs que vous êtes, avons nous encore des conseils qui vous servent a vous qui l’avez déjà fait ? Allez vous repartir bientôt et pour les Amériques ?

      Au plaisir de vous revoir lorsque la possibilité se présentera…

      Toutes nos amitiés.

      La famille Droz dans son ensemble

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