Les parcs de la route 12. 2/2 Du 09 au 12.10.2014

Arrivés un peu tard, jeudi 9, les visitor center d’Escalante était déjà fermé. Nous avons dormis directement sur leur parking de façon à nous y rendre à 8h, dès son ouverture, le lendemain.

En arrivant à Escalante, nous n’étions pas sincèrement convaincus de la nature du parc. Nous connaissions quelques éléments que nous avions pu lire sur lui mais nous étions loin de nous rendre compte de l’immensité qu’il représente. En ayant lu quelques articles de blogs et en nous étant renseigné dans le routard, il y a deux choses que nous voulions faire absolument. Ensuite, le Ranger nous en a conseillé une troisième et leur dépliant nous aura donné envie d’en faire une quatrième.

Les deux endroits que nous voulions voir étaient Devil’s garden et Peek-a-boo slot canyon. Les deux se trouvent sur la Hole-in-a-rock Road. Cette route est une durt road, ce qui veut dire qu’elle n’est pas asphaltée et celle-ci est déconseillée au non 4×4 selon le Ranger. Nous lui avons expliqué que nous allions nous rendre jusqu’en Amérique du Sud et, à cela, il a répondu que la route devrait être empruntable avec notre Rhino !

Le premier sera Devil’s garden, après 20km de mauvaise route, réalisée en 45 minutes. Il y a eu certains bouts où j’ai pu tester la technique du vol-par-dessus. Ces routes en sable et gravier ont la fâcheuse tendance à créer des ondulations rendant la route identique à une tôle ondulée que l’on peut voir sur les toits de cabane de jardin. Donc, entre 1 et 23 km/h, le véhicule épouse la forme de ces ondulations et, bien que chahutés, nous avançons avec un certain confort et une détente toute relative. Entre 24 et 54 km/h, c’est la catastrophe ! Les roues viennent buter contre les ondulations et Rhino se retrouve totalement bousculé dans tous les sens, ses passagers avec ! Les tremblements sont si violents qu’on se demande si le tableau de bord va s’arracher ou tenir le coup… Alors, pour avancer un peu, il reste la dernière technique ; Le vol-par-dessus. Passé les 55, mais surtout en-dessus de 70 km/h, la vitesse est suffisante pour ne toucher que le sommet des ondulations et les secousses sont très peu ressentis par les passagers du vol Rhino en direction de là où la route arrive… Par contre, vous perdez toute maitrise du véhicule ! Cette technique n’est utilisable qu’en ligne droite et lorsque la portion d’accélération est suffisamment plate pour atteindre les 55 km/h sans être trop chahuté dans la tranche 24 à 54… Mais le problème, une fois les 55 atteints, c’est qu’un moment ou l’autre il faudra freiner pour revenir à maximum 23, donc il faut prévoir un tronçon suffisamment plat pour freiner sans être secoué comme un cocotier dans la tranche 54 à 24 ! Et comme les portions plates sont très courtes, tant les accélérations que les freinages doivent être puissants afin de ne pas se retrouver en situation de ballotage… hum hum ! Vous trouvez mon explication compliquée ? Et bien moi aussi ! Le seul de l’histoire à avoir bien tout compris, c’est mon dos… lui il sait exactement à quel moment ça secoue et à quel moment la crispation sur le volant du vol-par-dessus est enclenché !

1 route (1280x440)

Donc, nous sommes arrivé à Devil’s garden. C’est une place absolument superbe. Il n’y a pas vraiment de marche à faire, mais simplement déambuler entre les hoodoos, les arches et les dômes de roche bicolores. Nous avons passé presque deux heures à grimper, glisser, escalader et profiter de cette place vraiment exceptionnelle.

2 devils (1280x850)

2 devils2 (1280x595)

Nous avons continué la route pour 14 miles supplémentaires sur la route de tôle. Le vol-par-dessus était très peu praticable et nous avons donc prit 1 heure et 5 minutes pour ces 22 km. Nous sommes arrivés vers le parking des slot canyon, plus spécifiquement le Peek-a-Boo. Ce slot a été parcouru par d’autres voyageurs que Claire avait lus et ils avaient semblé prendre un plaisir énorme avec leurs enfants. Nous avons compris pourquoi.

Nous sommes partis de Rhino pour faire ce sentier. C’est la première fois que nous nous rendions dans un parc où les marches ne sont pas balisées, et nous ne le savions pas ! Nous avons suivi des traces de pas sans trop réfléchir et, un moment donné, deux chemins se profilaient. Claire voulait en choisir un, moi l’autre. Nous avons pris le mien et nous nous sommes perdus. Nous sommes arrivés sur un tombant de 200m de haut et là nous avons vu un groupe en contre-bas nous faire des signes que nous devions tout contourner. Nous avons fait un détour de 40 minutes et, de retour sur le chemin, nous avons croisé les gens qui nous ont fait signes, des suisses de Zürich. Nous vous reparlerons d’eux à la fin de la marche.

Un peu plus tard, nous sommes arrivés à Peek-a-Boo. L’entrée n’y est pas aisée. Il faut grimper, s’accrocher, se pousser, se trainer et sauter ! J’ai même, lors d’un atterrissage manqué, perdu l’équilibre et fini le pied dans une espèce de boue d’eau stagnante puant la mort lorsque on la remue ! Mais le jeu en vaut la chandelle… Si nous, les parents, étions peu enthousiastes à continuer à la vue de la difficulté, ce sont les enfants qui nous ont persuadés de continuer. Ils ont eu bien raison car nous avons eu beaucoup de fun. Le slot est tournoyant, mince, et offre de belles formes visuelles. Je laisse les images parler d’elles-mêmes.

3 peek (1280x620)

3 peek5 (850x1280)

3 peek4 (850x1280)

3 peek6 (850x1280)

Après ce bon moment de fun passé, nous avons marché en retour vers Rhino. De nouveau, un orage s’est approché et nous pouvions entendre les premiers grondements au loin. Nous avons un peu pressé le pas afin de ne pas nous retrouver dessous au milieu de rien. Mon souci n’est pas vraiment l’orage en lui-même, mais plus l’environnement dans lequel nous nous trouvons. En Suisse, lorsqu’un orage débute, vous savez ce qu’il faut faire, où aller et surtout où ne pas aller. Par contre, quand vous êtes au milieu d’une grande plaine sans arbres ou dans un wash, quelle sont les réactions justes ? Bref, nous sommes arrivés à Rhino en même temps que l’orage passait sur nos têtes et il était, de toute manière, peu important.

Une fois rechangés et prêts à démarrer pour les 42km retour sur cette durt road, une surprise forte agréable nous aura donné bien du plaisir. Les zurichois, dont je vous ai parlé auparavant, nous avaient glissé un sachet par la fenêtre que j’avais laissée entre-ouverte. Je ne savais pas, au départ, que cela venait d’eux. Pourtant, dès que je l’ai ouvert, j’ai compris. Il s’y trouvait de délicieux petits chocolats suisses, bien de chez nous. Nous avons dégusté le giandor en premier et avons décidé de garder les autres pour les semaines suivantes !

4 choc (1280x850)

Le jour d’après, passée une nuit au bord de l’escalante river, nous sommes allés marcher jusqu’à la chute d’eau nommée Calf Creek. Si la marche n’avait rien de spéciale en elle-même, la chute méritait le déplacement !

5 Calf creek fall (48) (850x1280)

Nous avons fini la journée à Long Slot Canyon. Ce slot un peu atypique offre une entrée superbe avec quelques petits arbres donnant l’impression de rentrer sur une terrasse de jardin privé. Les enfants auront joué 2h à l’intérieur de celui-ci…

7 long (1280x369)

Le lendemain, nous avons visité le musée des indiens Anasazis et les enfants auront appris de nombreuses choses intéressantes avant de reprendre la route pour nous rendre à Capitol Reef !

10 anasazis (1280x485)

Les parcs de la route 12. 1/2 Du 7 au 09.10.2014

Pour se rendre de Zion à Bryce Canyon, il faut emprunter la route 12. Nous ne le savions pas avant, mais cette route est une véritable splendeur à elle seule, entre Red Canyon et Capitol reef. Elle traverse des paysages, des canyons et des parcs absolument fantastiques !

A l’entrée Ouest, la route débute donc par le Red Canyon State Park, et on se demande pourquoi ils l’ont nommé ainsi…

a red canyon (960x1280)

BRYCE CANYON

Nous avons continué notre route jusqu’à Bryce en restant attentif car nous avions besoin de trouver une épicerie et une laundry. La route ne passe que par des petits villages et nous n’avons rien trouvé avant notre destination. Mais juste avant l’entrée du parc, un hôtel Best Western accompagné de son épicerie, d’une laundry, d’un parking où il est possible d’y passer la nuit gratuitement et une connexion wifi gratuite, le pied quoi ! Ce soir-là, ce fut donc soirée pratique…

Mercredi, nous sommes allés nous balader dans le parc de Bryce Canyon. Nous avons fait les sentiers de Quenn’s garden et Navajo en passant par le Wall Street. Cette marche permet de passer par des dômes, hoodoos et parois multicolores dans le premier cirque du parc. Notre arrivée s’est faite sous les nuages et les couleurs semblaient un peu ternes, bien que le paysage en reste déroutant. Très rapidement, les nuages se sont ouverts et ont laissé passer quelques rayons de soleil, et à cette instant nous en avons pris plein les yeux. Tout devient éclatant, les contrastes ressortent et la beauté du lieu augmente encore ! Nous passons depuis quelques temps de moments incroyables en famille. Chacune de ces marches nous amènent vers de découvertes visuelles et relationnelles. Les enfants se dépensent en courant dans tous les sens, en escaladant, pendant que les parents y participent, ou pas, et s’émerveillent de leur environnement.

Bryce Canyon (72) (1280x850)

bryce1 (1280x850)

Bryce Canyon (54) (1280x850)

A la suite de cette sortie, nous avons parcouru le reste du parc en voiture pour y faire quelques points de vue. Bryce offre de très beaux paysages et ils restent très identiques tout au long de son parcours. C’est pour cela que nous avons décidé de bien profité des quelques arrêts de cette fin de journée et que nous irions ailleurs le lendemain.

Bryce route (850x1280)

Le soir, nous voulions dormir au campground mais je trouve que c’est le seul point faible du parc. Sa disposition et son aménagement ne nous ont pas encouragés à sortir 15$ pour la nuit. Nous sommes donc retournés sur le parking du Best Western. De plus, les deux grands ont profité de se connecter sur un media « social » pour prendre quelques nouvelles de leurs amis d’école.

Jeudi, nous sommes partis à Willis Creek. Mais avant cela, je ne sais pour quelle raison je me suis penché sous Rhino pour vérifier si la fixation des roues de secours était toujours bien serrée. Avec les vibrations, je me demandais si tout était ok là-dessous. Heureusement que je suis allé regarder. Si la tension de la vis était toujours bonne, la deuxième roue de secours penchait méchamment sans que je comprenne de suite ce qui se passait. Mais une fois que j’ai glissé un peu plus sous le véhicule, j’ai réalisé que la goupille de fixation de l’autre axe avait explosé lors d’une de nos touchettes avec le porte-à-faux (il y en a eu 3), et ce devait être à la sortie de Séquoia, il y a donc prêt de 10 jours ! J’avais pourtant regardé mais la roue ne penchait pas à ce moment précis. Bref, maintenant la roue ne tenait plus qu’à un fil. Il y avait, heureusement, un garage avec la station-service de ce petit village avant l’entrée du parc. La réparation aura duré 20 minutes et nous aurons repris la route de suite après.

bryce garage (1280x960)

WILLIS CREEK

Ce lieu est le premier vrai slot canyon que nous allions réaliser. Nous avons été chanceux pour y accéder. La route n’est pas asphaltée, mais elle venait d’être nivelée et la conduite sur le sable était très agréable. Nous sommes passés par des endroits que j’ai quelques peu redouté, car je n’ai aucune expérience sur ce genre de route. Mais au final, la conduite sur sable semble être assez proche de la conduite sur neige.

Entree Willis Creek (5) (1280x960)

Nous sommes arrivés au parking et avons pris les renseignements nécessaires sur le panneau d’information. Nous savions déjà que le risque principal de ce genre de marche était le flash flood. L’environnement aride et sableux rend le sol quasi imperméable et concentre toutes les précipitations dans ces slots canyon, puis dans les Wash. Mais les avertissements sont très fort sur ces panneaux d’information et font prendre conscience que le danger est réel en cas de pluie violente et soudaine, car il paraitrait que les modifications météorologiques soient très rapides.

Le ciel entièrement dégagé, nous nous sommes rendus dans le slot. Nous découvrons encore un décor invraisemblable. Le slot de Willis Creek est parfait pour un début. La marche y est facile et les enfants y prennent plaisir en grimpant un peu partout. Il faut parfois traverser le cours d’eau très faible, d’une profondeur de 2 à 3 cm sur 1m de large.

Entree Willis Creek (2) (1280x960)

willis1 (1280x640)

willis2 (1280x467)

Arrivés au milieu de la balade, au moment où le slot s’ouvre en largeur, nous avons vu quelques gros nuages noirs. Je me suis senti un peu pris au dépourvu. Nous avons immédiatement décidé, avec Claire, de faire demi-tour afin d’éviter de jouer aux aventuriers téméraires. Au deux tiers du retour, nous avons entendu les premiers coups de tonnerre. A la fin de la marche, nous avons remarqué une légère augmentation du débit, mais rien d’important. L’orage qui sera finalement passé par là n’aura sûrement pas été assez fort pour mettre qui que ce soit en danger, mais ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?

La deuxième raison pour laquelle j’ai souhaité faire demi-tour rapidement était la route. Un panneau signale, à l’entrée, que le chemin est impraticable quand il est mouillé et, qui plus est, cette route traverse le Wash un peu en amont. Si la conduite s’est faite de manière un peu retenue (là c’était vraiment comme sur de la neige) elle s’est faite sans encombre. Le niveau de l’eau n’avait pas augmenté dans le Wash et la fin de la route était même sèche, l’orage devant être très localisé.

Nous voulions ensuite enchainer avec Grosvenor Arch, une balade non loin de Willis, mais la route y menant était temporairement fermée. Nous avons fait une halte juste avant celle-ci pour un gouter, avons sortis les chaises et nous sommes assis devant Rhino, le soleil étant revenu.

Nous avons repris la route pour nous rendre à Escalante, prochaine étape de la route 12.

Zion, un coup de cœur ! Du 04 au 07.10.2014

0 ZION (960x1280)

S’il y a déjà quelques parcs qui nous ont tapés dans l’œil, Zion en fait désormais allégrement partis. Peut-être que nous ne nous attendions pas à pareil spectacle, et cela nous aura marqué profondément dans l’échelle des ressentis !

Nous avions quitté Las Vegas, vendredi en fin de journée. Après une nuit passée sur le Wal-Mart de Mesquite (pour une fois très calme), nous avons roulé pour nous rendre au parc de Zion Canyon. Sans trop savoir ce que nous trouverions, notre entrée dans les territoires avoisinant nous a donné la température de ce qui nous attendait un peu plus loin. Les perspectives semblaient assez bonnes !

1 AvantZion (1280x896)

Nous sommes arrivés à la porte du parc aux alentours de 17h30. La surprise fut mauvaise lorsque le Ranger à l’entrée nous expliqua que tous les campgrounds étaient pleins. Aussi, nous avons pris une dizaine de minutes pour mesurer Rhino. Dans le parc, en sortant en direction de Bryce Canyon, il faut passer un tunnel payant pour les oversize (trop grand). Il me dit, d’abord, que Rhino était trop long. A cela, je lui répondis qu’il n’y avait aucune limite de longueur selon leur tableau. Il dit, ensuite, qu’il était trop large. A ceci, je lui dis que selon leur tableau la limite était à 2,4m, Rhino en faisant 2,3. Le ruban métrique (ou ruban à feet chez eux, J) commençait à chauffer ! Il regarda alors la hauteur et me dit qu’il était trop haut. Je suis monté sur le toit pour mesurer en lui disant que si j’étais oversize, je payais volontiers, mais pas pour des estimations mauvaises. Verdict, Rhino fait 11pieds 8pouces. La limite était fixée à 11pieds 4pouces, soit 10cm de trop. Nous payerons donc les 15$.

Bref, nous sommes ensuite partis au visitor center et après y avoir pris des renseignements nous sommes retournés au village de Stendale, collé à l’entrée du parc, pour y trouver une place dans le camping. Malheureusement tout est plein, le prochain camping étant à 20km, et dans le village il est exclu de parquer son camping-car durant la nuit… En passant à côté d’une grande place en terre, nous voyons que celle-ci est réservée pour les employés d’un hôtel. Claire aura le culot de se rendre à la réception pour y demander l’autorisation pour y passer la nuit, arguant que tout est plein partout. Elle obtint l’autorisation avec un mot de l’hôtel à disposer derrière le pare-brise et nous avons donc dormis là, en attendant le dimanche matin pour voir si quelqu’un quittait un des campgrounds du parc. En attendant, nous avons passé la nuit aux côtés de falaises rouges brillant dans le couché de soleil.

2 bivouac (1280x850)

Donc, le dimanche matin, nous sommes allés au South campground et avons trouvé un bon emplacement, à quelques pas de la rivière. Nous nous sommes installés et avons préparé les affaires de randonnée. Nous sommes partis faire le sentier des Emerald Pools en prenant un shuttle du parc. L’organisation des transports est vraiment bien faite. Il y a un bus toutes les 5 minutes avec audiodescription des endroits traversés. Tout du long du voyage, vous en prenez plein les yeux. Voici quelques photos prises simplement par la fenêtre du bus.

3 shuttle (1280x960)

Arrivés à l’arrêt The Grotto, débute une ascension moyenne de 3km, puis les 10 dernière minutes deviennent bien plus éprouvantes. C’est à cet instant que j’aime demander à Claire si je peux les laisser en arrière et commencer ma petite séance cardio ! Je mets un coup d’accélération et dérange tout le monde sur le sentier en me faufilant sur la gauche, puis sur la droite pour dépasser les gens. J’arrive à destination avec le cœur qui bat à 150bpm et heureux de ce petit effort. Pendant ce temps, Claire tout de même à bon rythme avec les 3 loulous. A plusieurs reprises, nous recevons, lors de cette marche, des compliments sur eux. Le remarques vont du fait que nous avons bien équipés Amélie avec de vraies chaussures de marche (beaucoup se contente de baskets pour leurs enfants alors que les parents ont de bonnes chaussures) au fait que les trois enfants sont de vrais marcheur aguerris. Beaucoup aussi nous disent qu’ils sont beau et que nous faisons une belle famille. Nous sommes très reconnaissant envers tous ces gens car cela nous touchent énormément. Bref, nous, les parents, nous tenons aussi à relever l’attitude absolument géniale des trois loulous. Ils marchent, à chaque fois que l’on sort en randonnée, entre 6 et 12km dans la journée, et pas à plat en général. Ils portent les sacs à dos remplis d’eau et le pique-nique (pas toujours avec plaisir, mais ils le font). Et au final, ce sont eux qui, parfois, s’extasient dans le faite de partir marcher et découvrir de nouveaux paysages. Ils sont preneurs à 100% de cette aventure et nous leur devons de trouver une énergie supplémentaire à faire de ce voyage quelque chose de meilleur que ce que nous avions déjà en Suisse.

4 Montee (1280x589)

Bref, Emerald Pools. Nous sommes arrivés à la Upper Pool en passant par ce sentier agréablement préparé avons profité de jouer un peu autour du bassin ainsi que de prendre notre repas du midi. Upper Pool s’est créée par la chute d’eau qui, actuellement, est asséchée (ils manquent vraiment d’eau dans cette partie des USA). L’endroit est assez merveilleux et offre la possibilité de jouer aux grimpeurs sur les cailloux autour.

5 upper p (1280x450)

Nous sommes ensuite redescendus par la Lower Pool en passant à nouveau par la Medium Pool. Là aussi, à Lower, le spectacle est enchanteur malgré la faiblesse de la chute d’eau, la roche prenant sa place dans celui-ci.

6 Lower p (1280x915)

Une fois la marche des Emerald Pools terminée, nous sommes allés faire celle de Narrows. Bien plus touristique (le chemin est en béton), elle longe la Virgin River et finit lorsque les parois du canyon se resserrent. Il est possible de continuer mais pour cela il faut marcher dans l’eau. Nous avons remonté un bout de la rivière mais Jimmy, Amélie et moi avons fait demi-tour après 10 minutes. Claire et Soraya ont continué un bon bout et son réellement rentrées dans les Narrows.

7 Narrows 2 (1280x590)

7 Narrows fonds (1280x569)

7 Narrows (1280x1245)

Nous avons fini la journée par un moment de repos au camping et les enfants ont joués dans la rivière jusqu’au souper. Nous avons également préparé la marche du lendemain, car il est nécessaire, pour faire Angel’s Landing, de prendre harnais et cordes. C’est une marche difficile et un peu périlleuse.

Lundi, nous sommes donc partis tôt, pour éviter l’autoroute de touristes. Cette marche fait 8.7 km et environ 1400 m de dénivelé !

8 Angels (960x1280)

La montée est rude, mais nous avons rejoint le plateau précédent la crête de Angel’s Landing en 45 minutes. Nous avons entendus des français parler entre eux en disant qu’ils ont fait la monté comme des bourrins en un peu moins d’une heure. Vous réalisez, donc, la performance de nos loulous avec mention spéciale à Amélie du haut de ses 105cm !

9 Montée (6) (960x1280)

Depuis ce plateau, nous avons mis tout notre équipement pour aller parcourir la crête. Chacun d’entre nous a enfilé son harnais et nous avons fait la cordée. La sensation est vraiment hallucinante lorsque l’on sait qu’il y a plusieurs centaines de mètres de vide en-dessous (il me semble 600m). Tout ce déroulait à merveille. Jimmy a fait part à quelques reprises d’une certaine appréhension face à cette situation. Après quelques encouragements, nous reprenions le parcours avec plaisir. Mais, ayant déjà fait le trois quart de la crête, je fis pris d’une certaine panique. J’ai réussi à en contrôler l’accélération du pouls et quelques respirations m’ont permis de détendre le ventre qui était devenu dur comme du béton ! Je venais de réalisé que j’avais fait une erreur dans la cordée… Si Claire pouvait assurer seule Amélie, je m’occupais de Soraya et Jimmy. Mais l’erreur vient du fait que j’ai mis les deux enfants devant moi ! Si Jimmy, premier de cordée, venait à décrocher, Soraya n’aurait sûrement pas le reflexe et la force nécessaire à retenir son frère, et ainsi, si Soraya devait également décrocher, je me retrouverais seul à pouvoir les retenir. N’ayant pas eu assez confiance en ma capacité face à cette situation, ma potentielle incapacité à sauver mes enfants était devenue trop lourde à porter. Bien que Claire fût très déçue (ce que je comprends) Je ne pus me résigner à continuer. Nous avons donc rebroussé chemin peut avant la fin, mais avec la fierté d’avoir tout de même réalisé ce bout, que certains n’ont même pas pu débuter, à l’image de cette dame attendant son mari parti seul. Même cette dame-là a du mérite, celui d’avoir réalisé la montée jusqu’à ce plateau et celui d’avoir eu la sincérité en disant non. L’expérience reste pour moi un moment incroyable.

10 Angels (1280x995)

Le soir de cette ascension, nous étions tous incroyablement fatigués. Nous avons tout de même pris un apéro avec Yordan et Nathalie, résident du canton de Berne mais vaudois d’origine, accompagnés par Mara et Kénan âgés de 9 et 8 ans. Nous avons passé une sympathique soirée ensemble autour du feu et avons grillé pour le souper. Encore une soirée entourés de suisses, et ce fut fort agréable pour tout le monde. Les enfants apprécient de retrouver des compatriotes parlant la même langue.

11 Soiree (1280x850)

Mardi matin, nous avons fait un peu de ménage dans Rhino. Les enfants sont allés suivre un Ranger Programm afin de faire valider leur Junior Ranger Book. Ils sont revenus à la maison avec leur écusson du Zion Canyon et avons fini ces quelques jours dans ce parc en beauté.

12 RANGER (960x1280)

Nous sommes partis en direction de Bryce Canyon…. En faisant quelques arrêts de ci de là !

13 DE CI DE LA (1280x850)