On parle de ce retour inattendu. Le 20 décembre 2016

 

Nous voici à quasi un mois du retour en Afrique du Sud, car disons-le tout de suite, tout se présente bien dans ce sens. Mais laissez-nous vous expliquer.

Vous le savez déjà, si nous sommes revenus ici, c’est que j’ai été opéré du dos. Et de ce côté-là, tout va bien. Depuis maintenant près de trois semaines je ne fais plus attention à chaque instant. Je reste prudent mais le rétablissement et la musculature sont maintenant suffisants pour être un peu plus libre. Donc, un souci de moins.

Mais vous l’imaginez bien, si ce dos était le premier souci, le retour nous en a amené bien d’autres. Commençons déjà par le moral. Les 45 premiers jours, nous ne les avons absolument pas calculés. Nous nous sommes sentis comme catapulté de notre aventure, de retour en Suisse sans y avoir même vraiment réfléchi. Alors, nous avons clairement subi, en positif comme en négatif, cette période qui était aussi jalonnée de rendez-vous chez le médecin, pour Claire aussi qui a eu quelques ennuis peu après notre retour et de visite d’amis et famille. Le fait de ne pas trop pouvoir bouger, nous déplacer, à certainement rendu ce retour un peu plus difficile pour moi que pour Claire et les enfants, qui eux se sont quand même réjoui plus rapidement de la situation.

Car il y a bien les gros points positifs de ce retour provisoire ; la famille et les amis ! Et oui, ce sont quand même eux qui manquent le plus lors de voyages au long cours. En plus, l’avantage d’être ici et de ne pas travailler c’est qu’on a vraiment de la disponibilité pour les voir tous avec spontanéité, profiter de chacun de ces instants qui sont précieux. Nous avons fait quelques fêtes, quelques soirées, puis aussi retrouvé des amis de voyage. Tout d’abord, ce sont les Flamants roses migrateurs, la famille Dollet, qui se sont arrêtés sur le chemin les menant de Paris en Haute-Savoie pour nous faire un coucou plus que bienvenu. Une belle journée de samedi partagée sur les hauteurs de notre canton, hors du brouillard, puis dans notre appartement à échanger sur le voyage le futur et le retour à nos vies européennes.

Le week-end suivant, ce sont les Nomades d’un jour qui ont pris la peine de venir depuis Lyon exprès pour nous voir ! Là-aussi, les retrouvailles furent chaleureuses et appréciées de tous. Le temps étant moins propice à la balade, c’est la spécialité du chocolat artisanal neuchâtelois que nous leur avons fait découvrir. Et là-encore, nous passons du super bon temps. Revoir des amis de voyage, ça permet de revivre certains instants avec enthousiasme.

Nous avons, depuis notre retour, également fait quelques soirées entourés de notre famille et de nos amis. Que ce soit au calme à la maison ou en soirée pour faire la fête, depuis que les médecins m’ont donné l’autorisation début novembre, nous avons eu la chance de partager quelques soirées festives. Je pense notamment à mon anniversaire ou dernièrement au concert de Junior Tshaka, où nous avons dansé une grande partie de la nuit.

Revivre des moments comme ceux-ci rend ce retour plus agréable, supportable, car il faut bien le dire le retour n’est pas que plaisir de partager, pas que du bon temps à attendre de repartir. Non, après la période « lune de miel » qui aura duré un peu moins de deux mois, il y a la réalité qui vous rattrape. En fait, je pense que la période « lune de miel » correspond à ce sentiment de ne rien calculer. Ne pas être 100% conscient de ce qui est en train de se mettre en place aide à ne pas trop appréhender. Alors, lorsque la tête commence à réaliser ce qui se passe, les questions arrivent aussi.

Je pense à l’école des enfants par exemple. Si les deux grands étaient heureux de ce retour dans un premier temps, Jimmy déchante de plus en plus. Les enfants de son âge sont moins matures, ne veulent pas travailler à l’école, passent leur temps à chamailler et à se comparer pour savoir qui est le plus beau, le plus fort. Et cela, Jimmy ne l’aime pas du tout. Lui, il veut réussir dans ses entreprises. S’il est à l’école, c’est pour travailler durant les leçons et avoir que du fun à côté, sans se prendre la tête. Et avec des enfants éduqués à coup de GTA sur PlayStation et bercés par des émissions comme Touche Pas A Mon Poste, comment pensez-vous qu’ils aient un seul gramme de respect pour autrui. Je suis peut-être un peu sévère et certainement trop jugeant dans mes propos, mais un brin de colère m’habite dans cette situation dont même les professeurs nous disent être démunis. Alors Jimmy, lui, attend ce nouveau départ avec beaucoup de réjouissance, alors que s’était le plus heureux de rentrer.

Soraya, elle, ne veut pas repartir. Pourtant, sa réintégration m’empêche de dormir la nuit. Nous sommes en ville de Neuchâtel et les enfants de 13ans se comportent comme s’ils vivaient dans les ghettos des années 80… Insultes, moqueries, sentiment de supériorité, harcèlement… la dernière étape serait la violence physique. Alors, ce n’est pas bien différent qu’à notre époque, me direz-vous ! Mais nos enfants ont vécu une telle expérience ces deux dernières années que leur esprit n’est pas du tout en phase à ces gamins éduqués par la sainte babysitter TV et smartphone qui ne parlent que de la dernière vidéo youtube. Alors Soraya est assez forte pour en référer à ses enseignants, demander un règlement du cas en toute maturité en discutant en classe avec l’aide du professeur. Mais pour nous, parents, la situation est dure, remuante. Bien que pour notre fille, cela n’est qu’une mauvaise partie de sa scolarité, mais elle adore l’école, apprendre, travailler et elle s’est créé un groupe d’amis qui lui ressemble un peu plus.

Amélie, elle, n’est toujours pas accoutumée au système scolaire qui lui est totalement inintéressant. La pédagogie et la didactique ne lui correspond absolument pas. Un système où chaque enfant doit se mettre dans la case et où l’individualité ne fait aucun sens. Là où il faut travailler, travailler, et où faire juste est normal, donc pas encouragé, alors que faire faux est mal et réprimandé. Donc pour elle, le nouveau départ n’est qu’une merveilleuse nouvelle d’un point de vue pédagogique. Mais disons-le aussi, elle est très heureuse d’avoir des copains et cela lui plait.

Bon, maintenant revenons à quelque chose de plus positif. Ce petit passage ici nous permet de bien prendre la température du retour définitif qui se passera l’été prochain. Au niveau professionnel, nous avons quelques idées. J’ai déjà eu l’occasion de travailler à 50% ces 8 dernières semaines et ce travaille rependra à notre retour pour une durée d’environ deux mois à nouveau. Claire, elle, sait déjà ce qu’elle veut faire et ne restera qu’à trouver le moment venu.

L’appartement où nous vivrons à notre retour, nous le connaissons déjà. Nous pourrons y habiter qu’environ deux mois après notre retour et nous devrons donc habiter un moment dans notre Rhino en revenant, mais ça c’est plutôt une bonne nouvelle pour nous, une transition soft de la vie de nomade à la vie de sédentaire. Nous avons vraiment tout un tas de projet pour ce retour définitif que nous pouvons imaginer aisément puisque nous le vivons de façon presque réelle actuellement.

Mais avant d’y être pour de bon, il y aura ces quelques mois en Afrique Australe avec au programme un rythme de fou. Je veux dire par là que nous allons croquer ces mois à pleine dent sachant que ce sera la dernière ligne droite. Durant les 26 premiers mois de voyage, nous ne nous sommes pas permis des tonnes de sortie type journée 4×4, tours guidés, etc., en-dehors de ceux que nous avons vécu avec nos parents en visite qui nous ont gâtés. Non, cette fois-ci nous nous permettrons d’être un peu plus en mode « vacances », toujours dans le respect du compte bancaire, on est bien d’accord L !

Puis, avant cela encore, il y a 3 semaines en Suisse. Ecole et diverses activités professionnelles, administratives, logistiques, etc. Deux semaines seront durant les vacances scolaires des enfants, et nous irons dans le chalet de la grand-maman de Claire, à la montagne, en espérant que la neige y arrive, puis ensuite une dernière ronde à Neuchâtel avant de filer autour du 11 janvier sur Johannesburg.

Voici pour le pointage du moment, et on se réjouit de pouvoir à nouveau partager de belles photos dans un cadre un peu plus exotique.

Et puisque la période le veux, nous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d’année à tous et vous disons à bientôt pour de nouvelles aventures !

PS : suite à la relecture du post et certains commentaires Facebook, il me semblait important de clarifier un point de vue sur la scolarité. A aucun moment ce sont les professeurs à titre privé qui sont mis en cause. Nous avons eu quelques contact et typiquement les professeurs de Jimmy, par exemple, semblent supers. C’est réellement le système pédagogique et les méthodes d’apprentissage et de formatage que nous avons du mal à tolérer, et cela est dicté par le programme scolaire réalisé par des technocrates…

Le nouveau départ pour début Janvier..

Malgré cet événement inattendu dans notre aventure autour du monde nous partirons de nouveaux en voyage en janvier 2017.

L’opération du dos est un franc succès. La convalescence se passe parfaitement et les enfants bien que réintégrer dans leur système scolaire sont prêts à nous suivre pour de nouvelles aventures

Nous voici donc maintenant à six semaines d’un nouveau départ ce qui nous laissera le temps de fêter Noël et nouvel an en famille avant de partir profiter des derniers kilomètres sur sol africain.

Nous ne manquerons pas d’ici le départ de vous partager notre expérience de ce bref retour sur notre territoire suisse

à bientôt

et en fait, on parle de nous sur http://blog.chapkadirect.fr/un-tour-du-monde-en-camping-car-avec-les-enfants/

Une infiltration que l’on attendait. Du 1 au 3 septembre 2016

Au retour de la réserve de Krugersdorp, nous nous installons sur le parking de la Clinique Morningside près de Joburg. L’infiltration (épidurale) de cortisone étant prévue ce vendredi matin, nous voulions être déjà sur place et éviter ainsi les embouteillages. Au matin, je me prépare et me rend à la réception, pendant que Claire et les enfants se préparent à passer une longue journée sur un parking à attendre. Ils ont bien l’école, peuvent jouer à des jeux de société, lire, mais une journée entière dans Rhino c’est long. Surtout qu’il va y avoir plusieurs rebondissements dans le déroulement de la journée. J’avais rendez-vous à 9h pour une intervention à 11h. Sauf qu’en arrivant, je ne suis sur aucune liste. A 9h15, je reçois un mail du Dr qui me signale que mon assurance n’a pas fourni la garantie de paiement et qu’il n’a rien planifié, de fait. Et lorsque j’appelle l’Europ-Assistance, puisque c’est eux qui gèrent les cas de l’AVI Marco Polo, je suis totalement déconcerté par le manque d’autonomie de la personne en charge de mon dossier. J’avais l’impression de me trouver avec une personne qui n’avait pas encore été confrontée à ce genre de situation, qui ne pouvait comprendre les documents que je lui avais transmis et surtout qui me fait penser que le mot assistance ne veut pas dire la même chose pour elle et moi. En plus, le temps d’attente sur leur ligne a dû atteindre les 30 minutes. Je suis heureux que le téléphone ait été passé depuis la centrale de l’hôpital et non de mon téléphone personnel, imaginez les coûts d’un appel Afrique du Sud – France !

Je suis plutôt sévère avec la prestation offerte par cette personne et j’espère qu’elle n’avait pas vécu un événement horrible juste avant, qui aurait pu expliquer son attitude. Bref, j’ai heureusement un Doc super sympas ici et il m’appelle en me proposant une solution, sachant que la situation ne pouvait durer encore une semaine ainsi. Il me dit que lui et l’anesthésiste acceptent de faire l’intervention sans garantie de paiement de l’assurance mais que je devrai avancer les frais d’admission car l’hôpital, lui, n’acceptera pas de me recevoir sans garantie. A la réception, ils acceptent de ne prendre qu’un acompte se levant à environ CHF 400.00. L‘admission faite, le Dr Bhoola fait le nécessaire pour réserver la salle d’intervention et moi je suis reçu en chambre pour la préparation. L’intervention se passe bien et le Dr Bhoola vient en chambre vers 19h pour le contrôle et me laisse partir avec quelques indications.

De retour à Rhino, la famille, qui était venue me voir à deux reprises en chambre, m’accueille chaleureusement. Ils sont aussi heureux que cela soit fait, nous l’attendions tous avec impatience. Et ce soir, je ne sens rien, pas de douleurs. Bon, nous savons que c’est un leurre, un simple endormissement temporaire avant le réveil de la zone endormie localement. Ça se confirme samedi matin, les douleurs se réveillent et en plus de celles que j’avais avant, la zone d’infiltration me fait mal à présent. Mais pas de panique, on savait que le traitement ne ferait pas effet de suite. C’est seulement après deux semaines environ que l’effet atteint son maximum. Alors dès à présent, seule la patience fera son travail ainsi qu’une bonne dose d’optimisme, qui parfois est dure à garder.

Le programme que nous avons devant nous maintenant est des plus réjouissants. Nous quittons Joburg pour nous rendre au Parc National Kruger. Cet emblème sud-africain, avec sa faune hallucinante et la facilité de le parcourir. Nous devions y aller depuis quelques semaines déjà et maintenant ça se précise. Claire fait le plein de nourriture et roule jusqu’au soir. Nous faisons escale au bord de l’autoroute et devrions arriver demain, dimanche, pour une bonne période dans ce Limpopo.

NOTE DE FIN D’ARTICLE : Afin de clore le chapitre assurances, je tiens à préciser que la situation s’est eclaircie avec l’AVI, et surtout l’Europ Assistance, une fois ma réclamation faite aux services de l’AVI en direct. Eux ont été efficaces et j’ai obtenu les réponses que j’attendais depuis quelques jours. Maintenant, les coûts au-delà des 1000€ de départ ont été pris en charge par notre assurance, me reste plus qu’à envoyer les premiers éléments pour remboursement, puis j’ai reçu un appel dimanche 11 septembre pour me confirmer que l’opération, si elle devait avoir lieu, serait couverte. Merci à l’AVI d’avoir fait changer la prise en charge.