Les Bugnenets-Savagnières

Sur le canton de Neuchâtel, les 1er mars est synonyme de fête de la révolution. C’est en 1848 que la monarchie de Prusse est renvoyée de la région et ainsi la région entière devint une république entièrement ralliée à la confédération Helvétique. C’est pour cela que chaque année les écoles du canton sont fermées pour une semaine et ainsi offrant quelques jours de relâches pour les enfants.

Il était prévu de profiter de ces vacances pour nous rendre dans l’Oberland bernois pour skier pendant 4 jours. Malheureusement, la vie en a décidé autrement, ou la mort devrais-je dire. Et oui, pour la troisième fois en 1 année et 19 jours nous perdons un proche. Lundi à 21h, je recevais le téléphone de mon papa qui m’annonçait le décès de ma grand-maman. Maintenant, elle se promène avec les anges et j’espère qu’ils sauront rigoler de ses blagues peu catholiques de sous la ceinture qui nous faisais tant rire ici-bas.

Après cet épisode, nous avons donc changé nos plans pour trouver une solution permettant de combiner 3 choses.
1. Il fallait pouvoir skier (c’est un peu la dernière qui sonne pour les enfants avant le départ)
2. Il fallait être au froid (voir la consommation de gaz)
3. Ne pas être trop loin pour nous rendre à l’enterrement

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Nous avons donc choisi les Bugnenets-Savagnières, une toute petite station de moyenne montagne à 50 minutes de Rhino de chez nous. Nous nous sommes installés sur le parking avec les cales de réglage pour mettre Rhino à plat. La première journée s’est passée normalement avec un après-midi de ski pour les 2 grands et une soirée tranquille à bouquiner.

Le lendemain matin, lors du déjeuner (je rappelle que nous sommes suisses donc que nous déjeunons, dinons et soupons 😉 ) nous avons eu la compagnie des chasse-neige et fraise à neige. Il était tombé 10cm pendant la nuit. Nous avons constaté encore une fois que l’isolation phonique d’un camping-car n’est pas fameuse. De plus, nous sommes content d’avoir de grandes fenêtres question luminosité, mais lorsque le pilote de chasse neige frôle le véhicule arrivant tel Sebastian Wettel, ça donne quelques sueurs froides. Nous avons ensuite profité d’une superbe journée pour skier sur de la bonne neige fraiche.
Le soir, le vent s’est levé et les rafales étaient assez forte (env. 100km/h selon le site météo) et nous ont bousculé. J’avais un peu peur que les rafales nous fassent glisser Rhino hors des cales de hauteur. Bien que cela n’aurait certainement rien casser sur le véhicule, il aurait néanmoins pu arriver quelque chose à l’un d’autre nous dans le véhicule. Heureusement rien de tout cela ne c’est passé, si ce n’est que je me suis presque cassé la figure en prenant la douche lors d’une de ces rafales. Par chance, mes épaules sont presque aussi larges que la cabine de douche 🙂
Nous avons fini la soirée, une fois les enfants couchés, devant une petite série sur le pc.

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Lors de cette journée, 3 constatations sont faites quant à l’utilisation de Rhino.
1. La consommation de gaz pour le chauffage, par -2°C en extérieur, est trop importante pour assurer 20°C à l’intérieur. Il nous faudra sûrement chauffer moins et nous habiller plus dans les régions froides.
2. Amélie ayant eu un souci d’estomac, il a été remarqué qu’il sera indispensable de prendre avec nous une palette de charbon ! La cassette SOG ne fait que 20lt…. Je vous laisse deviner ce qu’est une cassette SOG ! On ne se réjouis pas d’avoir une gastro générale….
3. Ma première expérience de vidange du système SOG hors d’une place officielle a été faite grâce au point 2 ! Armé d’une pelle de trekking, il m’a fallu creuser la neige, puis la terre pour ne pas créer de mauvaise surprise au printemps à d’éventuels marcheurs malheureux 🙂

Le vendredi matin, troisième et dernier jour, nous avions prévu de faire skier une dernière fois les enfants. Le brouillard avait pris possession du domaine skiable et rendait donc la pratique du ski peu attrayante. Les enfants ont donc profité de s’éclater dans la neige pendant que les parents rangeaient Rhino et le préparaient pour la route.

Nous sommes rentrés en fin de matinée, heureux d’avoir pu accumuler une nouvelle expérience de baroudeurs tout en profitant des derniers instants de neige et de glisse avant un départ imminent. En plus, nous avons obtenu des réponses pour toutes les démarches administratives et sommes actuellement dans les réservations du shipping et du vol !

L’itinéraire

« Notre itinéraire » ; ou comment définir le chemin qui sera parcouru avec sa maison mobile ?

Avant toute chose, il est nécessaire de réfléchir au sens que l’on souhaite donné à cette fameuse préparation que l’on nomme « Itinéraire » ! A chaque fois qu’une personne s’intéresse à connaître les destinations qui seront les notre, une bête phrase lue quelque part sur un blog de voyageur me vient en tête, comme une obligation de répondre ainsi : « La meilleure façon de ne pas suivre son itinéraire, c’est d’en faire un ! ». Et oui, expérience faite lors de précédents voyages, il est important de garder en tête les envies qui nous habitent tout en laissant la place à cette inconnue que l’on nommera « Aventure ».

Il y a de nombreuses façons de préparer ses aventures. Certains, ceux dont je faisais partie il y a une dizaine d’années, ont un besoin viscérale de tout planifier et même les instants où il faudra s’ennuyer. D’autres, se trouvant à 180° des premiers nommés, ressentent ce besoin de ne rien contrôler et ainsi se laisser porter par les envies du moment présent sans en avoir planifié le moindre instant. Je nous décrirais comme faisant partie d’une catégorie au milieu de cela. Bien que souhaitant laisser de la place à l’imprévu, voir l’improbable, nous nous sommes préparé ce que l’on nommera des points d’intérêts !

La patience et la capacité de mon épouse à fouiner, à la recherche de toutes les informations pouvant nous être utiles, lui ont permis de créer une liste phénoménale d’endroits intéressants que l’on pourrait visiter. Qu’ils soient culturels, urbains ou naturels, ces endroits elle les a trouvés en lisant une multitude de blogs de voyageurs et autres récits trouvés sur le net. De cette liste, nous avons créé une carte et avons ainsi pu définir un chemin virtuel qui sera le nôtre. Je dis « virtuel » car il ne représente qu’une idée de départ. La ligne que ces points d’intérêts ont créée se verra modifiée au gré des rencontres et conseils qui nous seront faits. Mais maintenant, laissons place au trajet proprement dit.

Partant du général au spécifique, voici comment nous entrevoyons ce périple :

Carte générale

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Ce qui est sûr pour nous, c’est que le départ à proprement dit, se trouvera à Halifax au Canada, là où Rhino arrivera avec le RoRo (Cargo dédié aux véhicules et RoRo étant la contraction de Roll on-Roll off) De là, nous parcourrons le Canada d’Est en Ouest en longeant plus ou moins la frontière avec les USA. Arrivés dans la région de Vancouver, nous traverserons l’Ouest Américain (le pays) du Nord au Sud en alternant côte pacifique et pleines terres sans manquer un arrêt retrouvaille chez mon frérot que je n’ai plus vu depuis 12 ans et son départ pour les USA. Et ainsi le continent Nord-Américain sera alors terminé lorsque nous rentrerons au Mexique. C’est dans ce pays que nous rencontrerons notre premier Jalon obligatoire. Les enfants se trouvant loin de la famille, mon adorable petite (en fait grande en âge) sœur a accepté, avec mon beauf et mon neveu, de nous rejoindre à Mexico City afin de faire un bout de route ensemble et surtout offrir la possibilité à Soraya, Jimmy et Amélie de fêter leur premier Noël loin de leurs racines en compagnie d’une partie de la famille. Selon toute vraisemblance, ma belle-mère et son fils devraient aussi être de la partie.

Ensuite, nous irons du Nord au Sud de l’Amérique centrale jusqu’au Panama. Nous devrons alors poser Rhino sur un bateau afin de rejoindre l’Amérique du Sud. En effet, aucune route n’existe pour relier Panama à la Colombie et un petit ruisseau nous encombrerait de toute manière le chemin ; je parle bien évidemment de très étroit Canal de Panama.

En Amérique du Sud, nous traverserons tout d’abord la Colombie pour ensuite descendre jusqu’en Terre de Feu et Ushuaia par la côte Pacifique. Nous passerons donc par l’Equateur, le Pérou, la Bolivie et le Chili. Nous remonterons par la côte Atlantique en roulant sur les territoires de l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et reviendrons sur le Chili pour remettre Rhino sur un RoRo afin d’atteindre la suite du parcours, l’Océanie. (Il est possible que nous devions le mettre sur un RoRo en Argentine car il ne serait pas courant de passer par le Pacifique pour relier l’AmSud à l’Océanie)

Durant le shipping (expédition en anglais, mots utilisé communément par les baroudeurs pour les transports de leur véhicule sur bateau) qui durera entre 5 et 8 semaines, nous avons décidé de parcourir la Nouvelle-Zélande en sac-à-dos et éventuellement la Tasmanie également.

Une fois Rhino arrivé en Australie, nous visiterons toute la Gold Coast et même plus en partant de l’extrême Sud (aux alentours de Melbourne) jusqu’à l’extrême Nord de la côte Est. Nous redescendrons ensuite dans le centre pour voir le gros caillou rouge planté au milieu de nulle part, Ayers rock, et profiterons de voir…. le désert Australien pour aller rejoindre la côte Ouest et Perth où nous y retrouverons mon oncle !

La fin du périple australien se fera en remontant contre le Nord en rejoignant Darwin pour y mettre Rhino une nouvelle fois dans un RoRo pour rejoindre l’Asie.

Le débarquement asiatique se fera certainement à Singapour. Mais depuis là, c’est un peu l’inconnu qui débute (enfin encore plus que pour le reste) ! Cette partie de voyage devant se faire d’ici 2 ans, nous ne nous y sommes pas entièrement penchés et restons encore ouvert à de multiples possibilités quant à l’ordre d’apparition des pays que nous allons traverser. Toutefois, une liste de pays à visiter semble assez claire et devrait contenir la Malaisie, la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam et le Laos pour la première partie. Ensuite, des doutes persistent. Pourrons-nous traverser le Myanmar avec notre véhicule (à ce jour, possible en convoi uniquement) ? De cette réponse, plusieurs hypothèses se forment mais nous devrions, selon les éléments actuels, traverser le Bhutan, le Népal et l’Inde.

Selon la date à laquelle nous nous trouverons en Inde, nous choisirons alors l’option de rentrer en Europe par la route, soit l’Iran, la Turquie puis les pays de l’Est avant d’arriver chez nous. Ou alors, nous nous trouvons court et choisirons l’option de remettre Rhino sur un RoRo et rejoindrons nos racines par les airs afin de rentrer à temps pour débuter la dernière année scolaire obligatoire de notre ainée.

Mais d’ici 3 ans, vous pourrez retourner ce texte et l’itinéraire qu’il présente dans tous les sens et comprendrez que la seule chose qui sera sûre ne sera que son contraire, soit que tout est incertain et que seuls les emplacements visités créeront l’itinéraire que nous aurons réalisé !

PS : Des articles par continent viendront compléter et surtout détailler celui-ci. Nous y présenterons les visites que nous pensons faire par région et les intérêts spécifiques que nous porterons aux aspects culturels, de la faune et la flore ainsi que les traits urbains typiques que nous rechercherons.

Customiser Rhino pour l’aventure

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Cette semaine, c’était à Rhino de recevoir quelques attention et améliorations pour être prêt à affronter les routes du monde ainsi que la qualité du carburant qui ne sera sûrement pas la même que chez nous !

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Tout d’abord, nous avons installé un séparateur d’eau à la sortie du réservoir de carburant. Cet appareil est conçu de manière à parer la présence d’eau dans les diesels d’Amérique du sud. Non seulement cette présence est très mal supportée par les moteurs de nouvelle génération européens !
Le séparateur aura aussi l’avantage de laisser reposer au fond du gobelet les petites impuretés et éviter ainsi de faire souffrir le moteur inutilement.

Ce séparateur a été installé après la pompe à carburant. Ainsi, la pression créée permettra de purger avec efficacité les eaux et impuretés du gobelet.

Ensuite, nous nous sommes attelé à arranger les fixations des roues de secours. De base, le véhicule est livré avec une seule roue de secours. De manière à assurer un peu notre mobilité sur les différentes routes de pierre, nous avons pris la décision d’en installer une deuxième également sous le châssis. Le positionnement des roues de secours demande un peu de réflexion aussi. La première idée serait d’en ajouter une à l’arrière du camping-car. Malheureusement, trop accessible pour ceux qui souhaiteraient la voler. Sur le toit, il est facile d’installer une fixation. Par contre, la charge étant limitée à 100kg et le fait qu’il serait peu pratique de devoir descendre 36kg du toit, nous avons aussi oublié cette option.

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Le choix final de fixer cette deuxième roue sur le châssis semblait donc évident. Mais les adaptations ont été difficiles et c’est presque un journée entière qu’il a fallu passer pour créer de nouvelles fixations sur mesure, pour adapter des pièces existantes et finalement se retrouver avec tout cela en place.

Bien entendu, tout ce travail n’aurait pas été possible sans l’aide précieuse du garage RECAM SA à St-Blaise http://www.a-reinhard.ch/index.php?ConObj=224 .

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M. Bapst, chef d’atelier dynamique et très compétent s’est montré tout à fait ouvert à notre projet. Il a accepté mon idée de pouvoir suivre son mécano pour faire les travaux avec lui. Ne connaissant absolument rien en mécanique, il me semblait important de comprendre un peu comment fonctionne toute cette technologie afin de pouvoir palier aux pannes les plus basiques dans des régions reculées. J’ai donc reçu un cours accéléré de Nick (jeune gaillard souriant et jovial), qui m’a expliqué quelques petits trucs, donné des conseils et, surtout, m’a permis de passer 1 jour et demi fort sympathique en sa compagnie.

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Un grand merci à toute l’équipe, et à Sébastien (apprenti de 4ème) pour leur participation à ce projet.

Voici encore une étape qui nous rapproche un peu plus du jour-J !