Lorsque nous redescendons de la Laguna Paron, nous ne savons pas exactement ce que nous allons faire. Nous nous arrêtons à Carraz pour y manger et découvrons une nourriture péruvienne super rico, des goûts que nous n’avions plus eu depuis longtemps dans les restaurants. Pendant ce repas, nous décidons de nous rendre aux Lagunas de Llanganuco.
Là, nous voulions nous reposer le samedi pour attaquer la marche devant nous mener à la Laguna 69. Malheureusement, nous sommes à nouveau mal fichus. Tous un peu patraque, Jimmy est le plus atteint. Maux de gorge, rhume, toux, les signes d’une bonne grippe. Et là, c’en est trop !
Cela fait trois semaines que nous enchainons les gastro, grippe, et autres pépins de santé. C’est déprimant, ou alors c’est la déprime qui nous rend vulnérable. Il est vrai que le coup de blues de Jimmy nous a tous secoué. Nous sommes au passage des un an de voyage et la nostalgie des amis comme de la famille se ressent chez chacun, sans pour autant remettre totalement en question le voyage. Oui, nous nous sommes demandé si cette aventure était vraiment ce que nous souhaitions, et trois semaines d’enchaînement de maladies n’aident pas à remonter le moral.
Nous prenons la décision de nous poser plusieurs jours à nouveau, pour nous soigner comme il faut. Nous trouvons sur Ioverlander (une application pour bivouac) une lodge qui accueillerait les camping-cars pour 15NS/nuit/pers, en d’autres terme une petite fortune en voyageant à 5 (25$/nuit). Peu importe, nous en avons besoin et cette lodge offre une connexion wifi, agréable lorsque l’on reste statique. A notre bonne surprise, le propriétaire anglais, Charlie, entendant que nous n’avons pas besoin de douches ou wc de son hôtel nous laisse stationner gratuitement. La vue est très belle et le cadre idéal pour les enfants, pour qu’ils puissent enfin sortir tous les jeux du coffre à jouet. Cela est aussi un point sur le tableau ; prendre le temps pour des activités les enfants. Dans une dynamique de voyage, de découverte de nouveaux lieux, le risque est de devenir des consommateurs touristiques et de mettre de côté le style de vie choisi. En consommant ainsi de la découverte, le camping-car ne devient plus qu’un support et non plus un mode de vie. Pourtant, en quittant la Suisse, c’est justement pour se sortir de ce train incessant de métro-boulot-dodo que nous voyageons, mais le risque est qu’il devienne rouler-visiter-se coucher ! Et au final, cela ne donne rien de mieux que l’enchainement précédent.
Pourtant nous ne nous affolons pas non plus. Dans tous les domaines de la vie il y a des moments moins drôles que d’autres à traverser, et ce cap des un an de voyage semble en retourner plus d’un. Bien d’autres voyageurs nous en avait déjà fait part. Alors, nous tâchons de prendre les meilleures décisions possibles afin de modifier les points faibles du moment. Cet arrêt de plusieurs jours, par exemple, en est une. Une autre est l’établissement de tâches quotidiennes car remettre de l’ordre et un rythme familial est super important. La stabilité des enfants en dépend également. Comment leur demander d’être ordonnés dans leur chambre si nous ne leur donnons pas (imposons pas) un temps de rangement en fin de journée ? Comment leur demander de prendre soin de notre espace de vie si nous ne les incluons pas de manière ordonnée à différentes tâches ? Toutes des règles qui étaient évidente dans notre maison mais que nous avons perdues au fil des mois de voyage.
Et comme nous en avons discuté en couple, les points à améliorer sont les mêmes que ceux qui existaient déjà en Suisse et qui avaient disparus au début du voyage sous l’effet « lune de miel ». Donc, nous savons ce qui est à améliorer et c’est ici et maintenant que nous devons le faire. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes partis et de ce fait la remise en question est grosse ; si nous ne sommes pas capable de corriger ces aspects négatifs ici, alors que nous avons le temps de le faire, la qualité de vie le permettant, comment pourrions-nous les changer de retour en Suisse, dans le rythme de vie professionnel que l’on connait. Car ne nous faisons pas d’illusion, si nous revenons dans le système industriel, ce ne sera pas avec les doigts de pied en éventail !
Bref, ces 5 jours vécus à un rythme quasi nul, à prendre soin de nous, nous ont permis de de souffler et prendre un pas de recul nécessaire à la bonne compréhension des événements derniers. Il est clair que la dynamique ne peut pas se changer du tout au tout en l’espace d’une semaine, mais sans en prendre conscience rien ne change jamais. Ce sera donc un travail de quelques temps et dépendant de la volonté de chacun.
En attendant, depuis la lodge où nous nous trouvons, nous faisons de belles balade et jeux, à la Laguna Keushu Cocha et autour de Rhino.













































