Quand y en a marre, y en a marre ! (et ici ils n’ont pas de malabar !) Du 21 au 25 aout 2015

Lorsque nous redescendons de la Laguna Paron, nous ne savons pas exactement ce que nous allons faire. Nous nous arrêtons à Carraz pour y manger et découvrons une nourriture péruvienne super rico, des goûts que nous n’avions plus eu depuis longtemps dans les restaurants. Pendant ce repas, nous décidons de nous rendre aux Lagunas de Llanganuco.

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Là, nous voulions nous reposer le samedi pour attaquer la marche devant nous mener à la Laguna 69. Malheureusement, nous sommes à nouveau mal fichus. Tous un peu patraque, Jimmy est le plus atteint. Maux de gorge, rhume, toux, les signes d’une bonne grippe. Et là, c’en est trop !

Cela fait trois semaines que nous enchainons les gastro, grippe, et autres pépins de santé. C’est déprimant, ou alors c’est la déprime qui nous rend vulnérable. Il est vrai que le coup de blues de Jimmy nous a tous secoué. Nous sommes au passage des un an de voyage et la nostalgie des amis comme de la famille se ressent chez chacun, sans pour autant remettre totalement en question le voyage. Oui, nous nous sommes demandé si cette aventure était vraiment ce que nous souhaitions, et trois semaines d’enchaînement de maladies n’aident pas à remonter le moral.

Nous prenons la décision de nous poser plusieurs jours à nouveau, pour nous soigner comme il faut. Nous trouvons sur Ioverlander (une application pour bivouac) une lodge qui accueillerait les camping-cars pour 15NS/nuit/pers, en d’autres terme une petite fortune en voyageant à 5 (25$/nuit). Peu importe, nous en avons besoin et cette lodge offre une connexion wifi, agréable lorsque l’on reste statique. A notre bonne surprise, le propriétaire anglais, Charlie, entendant que nous n’avons pas besoin de douches ou wc de son hôtel nous laisse stationner gratuitement. La vue est très belle et le cadre idéal pour les enfants, pour qu’ils puissent enfin sortir tous les jeux du coffre à jouet. Cela est aussi un point sur le tableau ; prendre le temps pour des activités les enfants. Dans une dynamique de voyage, de découverte de nouveaux lieux, le risque est de devenir des consommateurs touristiques et de mettre de côté le style de vie choisi. En consommant ainsi de la découverte, le camping-car ne devient plus qu’un support et non plus un mode de vie. Pourtant, en quittant la Suisse, c’est justement pour se sortir de ce train incessant de métro-boulot-dodo que nous voyageons, mais le risque est qu’il devienne rouler-visiter-se coucher ! Et au final, cela ne donne rien de mieux que l’enchainement précédent.

Pourtant nous ne nous affolons pas non plus. Dans tous les domaines de la vie il y a des moments moins drôles que d’autres à traverser, et ce cap des un an de voyage semble en retourner plus d’un. Bien d’autres voyageurs nous en avait déjà fait part. Alors, nous tâchons de prendre les meilleures décisions possibles afin de modifier les points faibles du moment. Cet arrêt de plusieurs jours, par exemple, en est une. Une autre est l’établissement de tâches quotidiennes car remettre de l’ordre et un rythme familial est super important. La stabilité des enfants en dépend également. Comment leur demander d’être ordonnés dans leur chambre si nous ne leur donnons pas (imposons pas) un temps de rangement en fin de journée ? Comment leur demander de prendre soin de notre espace de vie si nous ne les incluons pas de manière ordonnée à différentes tâches ? Toutes des règles qui étaient évidente dans notre maison mais que nous avons perdues au fil des mois de voyage.

Et comme nous en avons discuté en couple, les points à améliorer sont les mêmes que ceux qui existaient déjà en Suisse et qui avaient disparus au début du voyage sous l’effet « lune de miel ». Donc, nous savons ce qui est à améliorer et c’est ici et maintenant que nous devons le faire. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes partis et de ce fait la remise en question est grosse ; si nous ne sommes pas capable de corriger ces aspects négatifs ici, alors que nous avons le temps de le faire, la qualité de vie le permettant, comment pourrions-nous les changer de retour en Suisse, dans le rythme de vie professionnel que l’on connait. Car ne nous faisons pas d’illusion, si nous revenons dans le système industriel, ce ne sera pas avec les doigts de pied en éventail !

Bref, ces 5 jours vécus à un rythme quasi nul, à prendre soin de nous, nous ont permis de de souffler et prendre un pas de recul nécessaire à la bonne compréhension des événements derniers. Il est clair que la dynamique ne peut pas se changer du tout au tout en l’espace d’une semaine, mais sans en prendre conscience rien ne change jamais. Ce sera donc un travail de quelques temps et dépendant de la volonté de chacun.

En attendant, depuis la lodge où nous nous trouvons, nous faisons de belles balade et jeux, à la Laguna Keushu Cocha et autour de Rhino.

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De Trujillo à la cordillère blanche, ou combien de km de piste ! Du 19 au 21 aout 2015

En partant de Trujillo, nous ne nous attendions pas à pareil condition sur la route… Nous nous rappelons de Claudio qui nous disait : « Au Pérou, il y a les grands axes, puis après on ne peut plus appeler ça des routes ! » Et Bien nous voilà servis !

Si les 80 premiers kilomètres de panaméricaine en direction de Lima sont excellents, dès que nous la quittons, nous prenons notre mal en patience. Mais juste avant cela, nous nous amusons comme des fous sur une dune de sable se trouvant juste vers notre bifurcation.

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Donc, 80 kilomètres au Sud de Trujillo, nous prenons une piste qu’un garde nous définira comme bonne et nous faisant économiser 1h30 par rapport à la route passant par Chimbote (une ville d’ailleurs déconseillée par tous les locaux). Il nous dit, également, qu’après 50min de piste, nous rencontrerons de la « pura pista », de la vraie route. Nous ne regrettons pas du tout ce bout de piste, nous faisant passer par de très beaux paysages.

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Bon, nous sommes au Pérou. Donc, au milieu des très beaux paysages il y a les très immondes immondices !

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Enfin, un pique-nique et 1h05 plus tard, nous retrouvons la bonne route, pour 8km…. !!! Ensuite, la route devant nous amener jusqu’au Canyon de Pato redevient de la vraie piste, celle qui secoue bien. Mais encore une fois, les décors sont à couper le souffle.

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Nous bivouaquerons au bord du Rio Santa proche du pueblo de Mirador, un vrai régal.

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Jeudi, nous repartons sur cette piste pour terminer nos 120km de terre avant de rejoindre ce fameux canyon de Pato. Et bien franchement, après avoir fait cette piste dans un milieu sauvage et somptueux, nous ne relèverons de surprenant que les 39 tunnels un peu effrayant avec un véhicule comme le nôtre car ils sont étroit, sans éclairages et parfois en courbe.

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Peu avant la fin du canyon, nous vivons un petit moment tendu… juste devant nous, nous voyons un petit éboulement d’un demi-m3 de gravats sur la route, venant de nulle part. Je me lance en accélérant rapidement pour passer au plus vite. Et là, nous entendons des pierres tomber sur le toit de Rhino, et nous redoutons le pire pour les panneaux solaires ! Heureusement, rien de grave.

Nous arrivons à Carraz, avec seulement 1/8 d’essence. Nous faisons le plein et demandons combien de temps il nous faut pour arriver à notre destination prévue ; La Laguna Paron. On nous indique deux heures, ce qui nous fait une arrivée pour 17h. Nous nous y lançons, et ce sera une double erreur, heureusement encore une fois sans gravité mais bien désagréable. La première chose concernera la route, encore 32km de pure piste alors que je suis fatigué du reste de la journée. Si les 20 premiers sont tout à fait corrects, les 12 derniers sont horribles. En voiture ou en 4×4, sûrement que cette partie ne pose pas plus de problème que l’autres. Pourtant, pour un véhicule comme le nôtre, le centre de gravité se trouvant très haut, nous avons eu quelques frayeurs bien marquées. Le véhicule est secoué de gauche à droite et le pire est lors des virages en épingle. Le revêtement poussiéreux m’oblige à passer celles-ci avec de la vitesse pour ne pas patiner, et sur l’une d’elle j’ai entendu Claire crié : « Oh putain » ! Avec la vitesse et les trous tantôt à gauche, tantôt à droite, Rhino s’est mis à balancer au point que l’impression de se renverser était très forte. Nous avons tapé avec la protection du carter d’huile contre la bosse suivante et Rhino a fini par se stabiliser. Pfffouuuu, ça chauffe et le cœur tape. Nous arrivons finalement à destination et sommes émerveillés par le spectacle, notre bivouac dans la cordillère blanche, à la Laguna Paron !

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La deuxième erreur en ayant enchainé sans faire escale à Carraz se trouve dans la différence d’altitude entre le matin et le soir. Nous sommes partis de 755m à 11h du matin pour nous retrouver à 4200m d’altitude à 17h. La différence aura été fatale à l’ensemble de la famille. Les enfants n’auront rien mangé et Amélie se sera endormie à 18h. Nous aurons passé une nuit affreuse, à dormir très peu et seule Soraya aura bien supporté de passage. Enfin, vendredi matin, nous nous levons un peu dans la vase. Nous décidons tout de même de partir nous promener au bord de la Laguna Paron, et là… mais là…. Le spectacle est absolument incroyable ! Une eau d’une couleur émeraude, des monts enneigés et une flore de montagne luxuriante, mais laissons le images parler !

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Mais la ballade s’arrêtera vite… après 30min les enfants sont au bout et Jimmy a des crampes d’estomac. Nous rebroussons chemin et décidons de redescendre manger à Carraz, à 2200m d’altitude. Dommage, le lieu est fantastique.

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La descente se passera beaucoup mieux et nous atteindrons Carraz sans sueur froide. De là, nous continuerons notre visite de la cordillère blanche et des routes péruviennes !

 

Le 13ème pays et de nouvelles surprises. Du 14 au 19 aout 2015 (l’entrée au Pérou)

Vendredi matin, nous traversons la douane péruvienne, non sans poiroter quelque peu… Il semblerait que ce matin tous se soient passés le mot côté Pérou ! Mais peu importe, après l’Amérique centrale, nous sommes vaccinés !

Une fois cette étape terminée, nous roulons jusqu’à Lambayeque, et quel plaisir de rouler ici…. Après des mois dans la cordillère, nous nous trouvons ici dans un désert de sable blanc. Nous y roulons deux heures durant à 100km/h. Je sens que la mécanique apprécie… et l’homme qui conduit aussi !

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Le paysage est vraiment splendide, nous apprécions et observons les quelques dunes de sable blanc au passage.

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Nous commençons nos visites culturelles (et oui, le Pérou c’est quand même ça) par le musée des Tumbes Reales de Sipan. Ce musée est sincèrement superbe. Les pièces trouvées sur le site Moche de Sipan sont exposées avec goût et l’interactivité donne envie aux enfants de s’y intéresser. Malheureusement, aucune photo n’est autorisée, donc pas d’image ici, si ce n’est de l’extérieur. D’ailleurs, la modernité et l’ordre du musée contrastent largement avec les rues de la ville, qui parfois me donnaient l’impression de voir des images télévisées de la ville de Bagdad !

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Dimanche nous partons pour Trujillo, et quelques kilomètres de désert en plus nous arrivons à destination. Nous nous installons dans la partie désertique à l’arrière de Huaca de la Luna (site archéologique) pour la nuit. Mais vers 19h, une patrouille de police vient vers nous pour nous conseiller de partir. Nous le savions déjà et la police nous l’explique clairement, la côte péruvienne n’est pas sûr du tout… après discussion, ils nous disent que nous pouvons rester mais sous notre propre responsabilité. Cela étant dit, nous partons après le souper pour nous rendre, de nuit, dans un camping connu mais cher. Peu importe, mieux vaut payer un peu que se mettre en danger. En plus, nous retrouvons les Migati que nous avions croisé rapidement au Costa Rica et à peine plus longuement à l’entrée de l’Equateur.

Le lundi, nous partons à l’hôpital pour Amélie… toujours recouverte de boutons type varicelle. Nous y restons la matinée pour faire différent examens et devrons revenir mardi pour obtenir les résultats.

L’après-midi étant libre, nous allons visiter Chan Chan. Absolument mer-veill-eux ! Nous ne nous attendions pas à cela, mais nous avons l’impression d’être au Moyen-Orient ou au Maroc. Déjà avec certains décors urbains nous avions ressenti cette impression, et avec ce site encore plus. Chan Chan est une ancienne cité Chimu, qui prirent les terres des Mochicas auparavant sur le même site. Les Incas volèrent à leur tour les terres et la cité aux Chimu au 15ème siècle, juste avant que ne viennent les colons pour tout emporter !

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Le site fait 20 Km2 mais seule une infime partie est accessible. Sa visite dure 1 heure environ et offre vraiment des paysages orientaux, une chose que l’on n’attendait pas et qui participe sûrement au plaisir que nous avons eu à sa visite. Amélie, s’ennuyait un peu et a décidé de devenir notre guide. Elle s’est bien prise au jeu et nous a offert des explications drôlement farfelues… au moins son imagination fonctionne à plein régime !

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Nous apprenons, en ressortant du site, qu’il y a le musée qui expose des statuettes trouvée à l’entrée et représentant les gardiens de Chan Chan. En voyant une photo, nous pensons tout de suite à « L’oreille cassée » de Tintin ! C’est les mêmes statues et nous en parlons avec l’employée qui nous a montré le prospectus. Elle nous dit avoir entendu parler une fois par un belge qu’une BD nommée Tintin s’était inspirée de cette statuette mais elle n’avait jamais vu de Tintin. Ni une Ni deux, Jimmy s’en va à Rhino et nous ramène « L’oreille cassée » ! Quel plaisir pour l’employée qui prendra en photo le livre de Jimmy sous tous les angles…

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Mardi, nous retournons à l’hôpital pour Amélie et recevoir les résultats d’examen. Tout se passe vite et le médecin nous explique qu’il n’y a aucun signe de parasites. Il n’explique pas clairement ces apparitions cutanées mais soupçonne une allergie alimentaire ou à un insecte qui serait présent dans le camping-car. Donc deux choses à faire son, en premier, tenir une liste des repas et surveiller de nouvelles appartions, et deuxièmement, acheter deux grosse bonbonnes de spray « tue tout » et gazer notre Rhino ! Check….

Nous filons alors à la visite de Huaca de la Luna. C’est une pyramide Moche, se trouvant à quelques centaines de mètre de Huaca del Sol, la plus grande du Pérou. Malheureusement, cela fait seulement 4 ans que des travaux ont été entrepris sur la deuxième et n’est donc pas visitable. Par contre, Huaca de la Luna offre déjà un superbe spectacle. Si la pyramide du soleil était d’usage administratif, celle de la Lune était vouée aux cultes et affaires religieuses uniquement. Elle est faite, en réalité, de 5 couches de construction, un peu comme les « poupées russes » l’une sur l’autre. 5 couches qui représentaient des ères de règnes différentes.

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Le travail était colossal. Pour la pyramide du soleil, plus grande certes, ce ne serait pas moins de 130 millions de briques qui auraient été utilisées. Car il faut bien se dire que toutes les pièces de culte et autres étaient soigneusement remplies de ces briques avant de débuter la construction de la couche suivante. C’est cette façon de faire qui a permis de retrouver les peintures et poterie dans un état excellent pour l’âge de ces vestiges.

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Si nous pensions, dans un premier temps, ne pas faire Trujillo car cela nous semblait un détour, nous sommes heureux que la route ait finalement été la plus logique par là. Louper ces deux vestiges à l’entrée du Pérou aurait été vraiment dommage !

Mais maintenant, il nous faut continuer en direction de la cordillère blanche et ensuite Lima. Mon papa, Grand-Papa, que nous n’avons pas vu depuis une année vient au Pérou et nous ne voulons pas le manquer !