Mesa Verde et ses habitations indiennes ! Du 17 au 18.10.2014

Après la série de parcs aux paysages assez impressionnant, nous nous sommes rendus à Mesa Verde. Ici, rien de spécial pour le regard sur les profils et couleurs de la géologie. Mais si nous sommes venus ici ce n’est pas tant pour les paysages mais pour les vestiges des civilisations originaire d’Amérique du Nord. Rien à voir avec les européens débarqués sur ce continent et dont l’histoire ne dépasse parfois qu’à peine les 100ans (création de l’état d’Arizona en 1912), nous parlons bien de ceux à qui appartenaient ces terres avant que les armées ne viennent chambouler l’histoire de cette région, les Amérindiens.

A Mesa Verde (table verte en espagnol), région de canyon aux grands plateaux, tels des tables sortant du sol, ce sont les Pueblos qui ont peuplé les falaises après que les Anasazis aient eu peuplé les plateaux. De 550 à 750, les premiers indiens ont vécu sur les tables dans des Pit House, maison faite de bois et de glaise, semi-enterrées.Dès 750, leur maisons étaient construite complètement hors-sol. C’est de 1000 à 1300 que ces indiens ont développé une civilisation habitant non pas sur, ni dans les canyons, mais bien dans ses falaises. Ils ont, certes, débuté par des constructions sur les plateaux (les pit house), mais ont finalement adopté une vie dans les milieux escarpés pour des raisons encore inconnues à ce jour. Ils vivaient de chasse, de cueillette, mais aussi de culture de maïs et de fayot.

Le vendredi, nous aurons juste fait une petite visite de Spruce Tree House, une des nombreuses habitations qui font le parc.

1 Spruce (1280x478)

Pour le bivouac du soir, les Brimobile et les GloBulle sont repartis au Wal-Mart de Cortez pour repartir le lendemain sur Valley of the Gods. Nous, nous serons resté au campground du parc car nous allions faire la visite guidée de Balcony House, le seul village où il est possible de rentrer dans les habitations en compagnie du guide.

Le samedi matin, nous sommes donc allés à Balcony. Après avoir reçu de nombreuses informations sur le site, la Ranger a commencé à nous faire toute un interrogatoire sur notre état de santé… à commencer par les problèmes de vertiges (une échelle de 10m doit être empruntée pour se rendre aux habitations), les problèmes cardiaques, de souffle, etc ! Comme à l’habitude américaine, ils doivent se protéger de toutes plaintes les concernant… tout, ici aux USA, peut devenir un vrai casse-tête juridique !

Cela terminé, nous avons débuté la visite. Tous ces villages sont construits dans des espèces de grottes créées par l’effondrement de la pierre de sable suite à l’infiltration d’eau. La Ranger nous en a expliqué la formation et le fait que cela continuait encore aujourd’hui, mettant en péril certains édifices. Nous sommes montés dans le village par cette grande échelle de 10m. Au 2/3, Amélie, sans se retourner, me dit : « ça va pas, j’ai un peu peur ! ». Le ton utilisé semblait plus être une plaisanterie qu’une réelle peur. Mais je me suis collé à elle, dans son dos et lui ai demandé si cela la rassurait. Elle répondit que oui et continua.

2 echelle (850x1280)

Arrivé en haut, nous avons dû emprunter un passage étroit comme il y en aura encore plusieurs à passer. Ceux-ci ont été construits pour des êtres-humains mesurant, à l’époque, pas plus d’un mètre soixante et devant peser près de 45kg. Je vous laisse imaginer qu’il ne faut pas être claustrophobe lorsque vous mesurez 187cm pour 97kg (je vous rassure, ce n’est que du muscle, hum hum) ! Et là, ce passage franchi, c’est la magie qui opère. Vous vous trouvez sur la place du village d’une civilisation vieille de plus de 1000ans. Certes, la ville de Neuchâtel est également millénaire, mais comme européen le fait de se trouver en milieu indien et en imaginant la vie de ceux-ci, rien de comparable. Chez nous la religion catholique avait déjà mis en place un système de mauvaise distribution des richesses. Les rois accumulaient pendant que les paysans raquaient. Ici, rien de tout cela. Il y avait dans ce village environ 100 personnes pour dans 138 chambres et 2 kiva (rond de spiritualité). Il y avait bien entendu un chef spirituelle mais pas de chef comme nous en voyons l’image chez nous. En gros, pour eux le chef n’avait pas forcément l’étoffe d’un tortionnaire avide de pouvoir que cela était et est toujours le cas chez nous.

Le village vivait de chasse, de cueillette et de culture de maïs, comme précité. En plus de cela, ils avaient comme activité la poterie et la création de panier tissés. Entre les différents villages de Mesa Verde, qui comptaient dans leur ensemble plusieurs milliers d’habitants, s’était établi un système d’échange, une sorte de commerce.

Ici, le village a été nommé Balcony House, en toute simplicité, pour son balcon construit comme place de village où se retrouvaient ses habitants pour diverses fêtes.

3 balcony (1280x850)

Balcony est séparé en deux parties par un mur central. Pour accéder de l’autre côté, il faut à nouveau passer par un étroit passage sombre. Dans cette deuxième partie, se trouve les deux kivas. Ces endroits accueillent la communauté pour des moments d’échange, de partage et de spiritualité. L’entrée se fait par ordre d’ancienneté. Les ainés, les adultes, les adolescents puis les enfants y entrent les uns après les autres, comme pour représenter le cycle de la vie. Le kiva contient une place de feu en son centre. L’apport d’air se fait par un canal situé à l’est, là où le soleil se lève. Cela donne une double signification, l’apport d’air frais dans le kiva synonyme de vie par le côté où le soleil se lève chaque matin. A l’endroit de l’apport d’air, de chaque côté du trou, vous trouviez le plus vieux et le plus jeune du groupe. L’apport d’air signifiant justement le renouveau, il y avait une certaine logique à retrouver ces deux extrêmes d’âge à cet endroit. Le groupe pouvait passer plusieurs heures à parler, partager et méditer. L’homme médecine dirigeant l’ensemble de la cérémonie.

4 kiva (960x1280)

Balcony House est relativement bien conservé, bien qu’une partie des murs aient été démolis par le temps. Nous avons pu voir l’intérieur des chambres ainsi que les petites spécificités telles que l’ancêtre du cadran solaire, permettant de définir les saisons et l’heure, ainsi que les pierres servant au raffinage du maïs.

Le village était construit avec une optimisation de chaque pièce. La localisation du village était choisie selon plusieurs critères. Le premier, concernait la grotte. Elle devait être suffisamment profonde pour les protéger des intempéries. Le deuxième concernait l’exposition. Il fallait que la paroi soit dirigée en majeur partie au Sud. L’été, le soleil étant haut dans le ciel, la grotte fournissait l’ombre nécessaire à garder la fraicheur. L’hiver, le soleil s’abaissant à l’horizon tapait contre la roche et les murs des maisons, emmagasinant ainsi de la chaleur pour la nuit.

5 general (1280x850)

Nous avons terminé la visite en sortant par deux tunnels séparés par une cavité plus grande dans laquelle il était possible de se tenir debout. Les deux petits tunnels étaient vraiment construits pour les tailles de l’époque. 5 centimètres de plus et mes épaules ne passaient pas !

6 tunnel (1280x649)

6 tunnel 2 (1280x1024)

Nous avons terminé ce parc en réalisant quelques points de vue.

7 tour (1280x801)

Le soir, après quelques course spéciales, Claire nous a préparé un souper de Petzi, des crêpes…. Ce fut un véritable régal !!!

8 crêpes (1280x422)

Nous sommes ensuite retournés à Cortez pour dormir sur le Wal-Mart. A notre plus grande surprise, nous y avons retrouvé les GloBulle qui avaient passé la journée dans le village pour des raisons logistiques. Le lendemain, après une matinée en leur compagnie sur la place du village pour accéder au Wifi du visitor center ainsi que donner les leçons de français, mathématiques et anglais, nous sommes repartis pour de nouvelles aventures !

 

Capitol Reef – Arches – Canyonland. Et une rencontre hasardeuse ! Du 13 au 16.10.2014

En quittant Escalante, nous avons quitté la Byway 12 que je vous avais conté comme une route exceptionnelle en points de vue. Pas très grave puisque nous nous sommes engagé sur la Byway 24. Un peu plus courte, elle offre également de superbes paysages. Nous avons commencé par Capitol Reef avant de la continuer sur quelques miles et la quitter pour nous rendre à Moab.

Capitol Reef est un parc national, aujourd’hui, mais fut tout d’abord une vallée habitée par les mormons. C’est eux qui ont baptisé l’endroit Capitol à la vue des roches en forme de dôme, rappelant la construction du même nom. Ils y ont développé une vie communautaire et l’agriculture. Les plus importantes traces restantes aujourd’hui sont les vergers, présents sur de nombreux hectares. Nous n’aurons que peu parcouru ceux-ci car si en été il est possible de récolter de nombreux fruits gratuitement, à notre période de l’année il ne reste pas grand-chose (et je réalise en écrivant cet article que je n’ai même pas pris de photo des vergers). De plus, ce jour-là, nous avons eu à faire face à des vents impressionnants ! La conduite de Rhino fut quelques fois sportive et fatigante. Tenir un volant tourné à 5° en permanence pour rouler droit…. C’est usant.

A défaut du calme et des fruits, nous aurons découvert de très beaux paysages dans ce parc que nous aurons juste traversé.

1 capitol (1) (1280x960)

1 capitol (1280x1074)

A la sortie de Capitol, nous avons décidé de tracer jusqu’à Moab. Si la ville n’a rien de spéciale, elle est un bon point de départ pour se rendre à Arches et Canyonland. Le premier est un parc fait de plus de 2000 arches naturelles et le second est fait d’immenses canyons creusés par la Green River et le Colorado. Ce fut aussi là que fut tourné la scène finale de « Telma et Louise » et que l’histoire du film 127h s’est déroulé…

Nous avons passé une nuit dans les rues de Moab et, le lundi matin, nous sommes allés faire des courses et un passage à la laundry que nous avions repéré la veille. Si ce que je vous raconte ici n’a à peu près aucun intérêt, c’est plutôt la rencontre que nous avons fait à cet endroit qui aura été surprenante ! En arrivant sur le parking, nous avons directement repéré deux véhicules européens. Le premier que nous avons vu était celui de La Brimobile avec, à son bord, Frank et Céline accompagnés de leur 3 filles. Nous avions eu quelques échanges mail 1 mois auparavant au sujet d’assurance véhicule sur territoire Nord-Américain. Le second véhicule était celui des GloBulle. Eux, nous les connaissons depuis un peu plus longtemps. Claire les avait contactés avant notre départ et, depuis juillet, Sébastien et moi avions eu plusieurs échanges sur le web. Ce camping-car est habité par Sébastien et Vanessa, également accompagnés de 3 filles. Jimmy c’est donc retrouvé entouré de 8 nanas !

Nous nous sommes joints les uns aux autres pour visiter Arches dans l’après-midi. Comme nous ne savions pas où dormir le soir, nous n’avons pas fait une longue visite, afin d’aller à la recherche d’un bivouac sympa pour le soir. Nous avons fait Windows Section avec ses quelques arches. Les enfants auront passé beaucoup de temps à courir, grimper et jouer ensemble. Frank, de la Brimobile, se sera beaucoup occupé d’assurer les plus petits lors de leur ascension sur les roches. Tout au long du temps passé ensemble, il se sera beaucoup occupé des plus petits lors des visites faites ensemble, merci à lui !

2 Windows (1) (850x1280)

2 Windows (1280x424)

Le soir, donc, nous nous sommes retrouvés au campground un peu hors de Moab. Nous avons fait un feu et papoté autour. Malheureusement, l’automne arrive ici aussi et les températures chutent fortement dès la nuit tombée. Cela ne nous a pas empêchés de passer une bonne soirée.

Le mardi, nous avions décidé de faire chacun sa journée de son côté. Après l’école du matin, nous sommes retournés à Arches. Aujourd’hui, j’ai demandé à Claire de pouvoir faire un trek seul. Je ressentais le besoin de passer un peu de temps isolé, dans l’effort et le vide mental. Pendant qu’elle faisait le repas avec les enfants et la visite des 2 arches, Landscape et Petition arches, je suis partis faire le Devil’s garden et le Primitive trail. Ce parcours est très éprouvant ! Le terrain est très accidenté, monte et descend, demande de grimper sur des pierres lisses et glissante et de marcher dans du sable non tassé. J’ai voulu réaliser cette marche sur un rythme cardiaque au-dessus de 120bpm, ce que j’ai allégrement dépassé durant la quasi-totalité du trail. J’ai parcouru les 14km en 2h 20 minutes et failli exploser à quelques reprises. Ce fut un très bon moment. J’ai passé par des décors fantastiques, passé un moment coupé de toute relation externe et j’ai sûrement du créer assez d’endorphine pour la semaine à venir !

Pendant ce temps, avec Landscape, mais surtout Partition arche, Claire et les enfants ont également passé un instant fort agréable.

3 Claire (1280x909)

3 Mica (5) (1280x850)

3 Mica (1280x643)

Le soir, nous avons à nouveau passé une soirée entre voyageurs avec un bon apéro et quelques grillades. Petit fait anecdotique, nous aurons passé deux nuits à 3 camping-cars sur le même site de camping. La nuit coûtant normalement 15$, nous aurons, à trois, payé 10$ pour deux nuits !

Mercredi, la destination était Canyonland. Après une matinée d’école, nous avons été visiter différent points de vue et fait quelques petits sentiers pour voir des paysages surprenants en compagnie des GloBulle. La première sortie fut celle de Grand View. Elle offre une vue sur la rivière Colorado et la Green, ou plutôt sur leur canyon. Certaines roches semblent se décrocher de la paroi et surplombent le vide terrifiant qui sépare le haut du plateau du fond du canyon. Si Claire, trop effrayée, et les enfants, trop petits, ne se sont pas rendus à ces endroits, je ne me suis pas gêné pour le faire. La sensation de peur que procure ce vide mélangé au sentiment de pur bonheur donne une impression incroyable ! Sébastien m’a accompagné sur une pierre en équilibre semblant prête à rouler dans la pente. Mais le plus flippant fut l’accession à cette pierre. Nous avons dû sauter une fissure d’un mètre de large sur une dizaine de mètre de profond.

4 grand view (3) (850x1280)

4 grand view (1280x850)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Nous avons continué avec Crater of the Dome. Ici, serait tombée une météorite et après de nombreuses modifications géologiques, le cratère actuel est apparu. Si la photo du site présentée au visitor center semblait prometteuse, la réalité fut un peu décevante, bien que l’idée de se trouver en bordure de cratère soit tout même assez magique.

5 crater (1280x850)

La visite de Canyonland s’est terminée avec Mesa Arche. Cette ouverture dans la roche donne une vus plongeante sur la plaine et la Mesa présentes en arrière-plan. Nous avons profité de la vue avant de retourner à nos véhicules. Le temps passant, il fallait reprendre la route car nous voulions rejoindre Canyonland Sud, distant de environ 2h de route.

6 arche (1280x850)

Toujours en compagnie des GloBulle, nous avons bien roulé et avons atteint quasi l’entrée du parc. Nous nous sommes arrêté un peu avant, mais seulement pour des raisons pratiques. Nous avions trouvé un bivouac de rêve… Un peu à l’écart de la route, place non goudronnée mais facilement carrossable, rond de feu et la nature juste pour nous. En plus, nous sommes arrivés juste pour le coucher de soleil et la Brimobile nous a rejoint juste à temps, car ils avaient passé la journée de leur côté. Ce fut à nouveau soirée apéro-grillade et ce fut la classe !

7 Bivouac (1280x348)

Jeudi, nous nous sommes donc rendus à Canyonland Sud, les trois familles ensemble. Des images époustouflantes nous avaient été présentées lors du visionnage du film sur le parc. C’est un court métrage que nous regardons dans chaque parc pour les enfants, qui doivent le réaliser dans le cadre de leur travail de Junior Ranger. Sauf que les images sont celles tournées par hélicoptère, et la vision depuis la terre ferme n’est pas du tout la même. Si tout n’était pas comme attendu, nous avons malgré cela passé un bon moment.

8 Canyon land (1280x850)

8 Canyon land (5) (1280x850)

Nous avons coupé court à cette visite et sommes retournés au bivouac de la nuit précédente afin de refaire un apéro-grillade, mais un peu plus long que le premier ! Et re la classe….

Nous avons décidé de roulé séparément le lendemain pour nous rendre à Mesa Verde, puis de se retrouver à 14h pétante sur le parking du Wal-Mart pour ensuite aller à la visite d’un des sites les mieux préservé d’habitations indiennes…. Mais cela, ce sera pour un autre article.

Les parcs de la route 12. 2/2 Du 09 au 12.10.2014

Arrivés un peu tard, jeudi 9, les visitor center d’Escalante était déjà fermé. Nous avons dormis directement sur leur parking de façon à nous y rendre à 8h, dès son ouverture, le lendemain.

En arrivant à Escalante, nous n’étions pas sincèrement convaincus de la nature du parc. Nous connaissions quelques éléments que nous avions pu lire sur lui mais nous étions loin de nous rendre compte de l’immensité qu’il représente. En ayant lu quelques articles de blogs et en nous étant renseigné dans le routard, il y a deux choses que nous voulions faire absolument. Ensuite, le Ranger nous en a conseillé une troisième et leur dépliant nous aura donné envie d’en faire une quatrième.

Les deux endroits que nous voulions voir étaient Devil’s garden et Peek-a-boo slot canyon. Les deux se trouvent sur la Hole-in-a-rock Road. Cette route est une durt road, ce qui veut dire qu’elle n’est pas asphaltée et celle-ci est déconseillée au non 4×4 selon le Ranger. Nous lui avons expliqué que nous allions nous rendre jusqu’en Amérique du Sud et, à cela, il a répondu que la route devrait être empruntable avec notre Rhino !

Le premier sera Devil’s garden, après 20km de mauvaise route, réalisée en 45 minutes. Il y a eu certains bouts où j’ai pu tester la technique du vol-par-dessus. Ces routes en sable et gravier ont la fâcheuse tendance à créer des ondulations rendant la route identique à une tôle ondulée que l’on peut voir sur les toits de cabane de jardin. Donc, entre 1 et 23 km/h, le véhicule épouse la forme de ces ondulations et, bien que chahutés, nous avançons avec un certain confort et une détente toute relative. Entre 24 et 54 km/h, c’est la catastrophe ! Les roues viennent buter contre les ondulations et Rhino se retrouve totalement bousculé dans tous les sens, ses passagers avec ! Les tremblements sont si violents qu’on se demande si le tableau de bord va s’arracher ou tenir le coup… Alors, pour avancer un peu, il reste la dernière technique ; Le vol-par-dessus. Passé les 55, mais surtout en-dessus de 70 km/h, la vitesse est suffisante pour ne toucher que le sommet des ondulations et les secousses sont très peu ressentis par les passagers du vol Rhino en direction de là où la route arrive… Par contre, vous perdez toute maitrise du véhicule ! Cette technique n’est utilisable qu’en ligne droite et lorsque la portion d’accélération est suffisamment plate pour atteindre les 55 km/h sans être trop chahuté dans la tranche 24 à 54… Mais le problème, une fois les 55 atteints, c’est qu’un moment ou l’autre il faudra freiner pour revenir à maximum 23, donc il faut prévoir un tronçon suffisamment plat pour freiner sans être secoué comme un cocotier dans la tranche 54 à 24 ! Et comme les portions plates sont très courtes, tant les accélérations que les freinages doivent être puissants afin de ne pas se retrouver en situation de ballotage… hum hum ! Vous trouvez mon explication compliquée ? Et bien moi aussi ! Le seul de l’histoire à avoir bien tout compris, c’est mon dos… lui il sait exactement à quel moment ça secoue et à quel moment la crispation sur le volant du vol-par-dessus est enclenché !

1 route (1280x440)

Donc, nous sommes arrivé à Devil’s garden. C’est une place absolument superbe. Il n’y a pas vraiment de marche à faire, mais simplement déambuler entre les hoodoos, les arches et les dômes de roche bicolores. Nous avons passé presque deux heures à grimper, glisser, escalader et profiter de cette place vraiment exceptionnelle.

2 devils (1280x850)

2 devils2 (1280x595)

Nous avons continué la route pour 14 miles supplémentaires sur la route de tôle. Le vol-par-dessus était très peu praticable et nous avons donc prit 1 heure et 5 minutes pour ces 22 km. Nous sommes arrivés vers le parking des slot canyon, plus spécifiquement le Peek-a-Boo. Ce slot a été parcouru par d’autres voyageurs que Claire avait lus et ils avaient semblé prendre un plaisir énorme avec leurs enfants. Nous avons compris pourquoi.

Nous sommes partis de Rhino pour faire ce sentier. C’est la première fois que nous nous rendions dans un parc où les marches ne sont pas balisées, et nous ne le savions pas ! Nous avons suivi des traces de pas sans trop réfléchir et, un moment donné, deux chemins se profilaient. Claire voulait en choisir un, moi l’autre. Nous avons pris le mien et nous nous sommes perdus. Nous sommes arrivés sur un tombant de 200m de haut et là nous avons vu un groupe en contre-bas nous faire des signes que nous devions tout contourner. Nous avons fait un détour de 40 minutes et, de retour sur le chemin, nous avons croisé les gens qui nous ont fait signes, des suisses de Zürich. Nous vous reparlerons d’eux à la fin de la marche.

Un peu plus tard, nous sommes arrivés à Peek-a-Boo. L’entrée n’y est pas aisée. Il faut grimper, s’accrocher, se pousser, se trainer et sauter ! J’ai même, lors d’un atterrissage manqué, perdu l’équilibre et fini le pied dans une espèce de boue d’eau stagnante puant la mort lorsque on la remue ! Mais le jeu en vaut la chandelle… Si nous, les parents, étions peu enthousiastes à continuer à la vue de la difficulté, ce sont les enfants qui nous ont persuadés de continuer. Ils ont eu bien raison car nous avons eu beaucoup de fun. Le slot est tournoyant, mince, et offre de belles formes visuelles. Je laisse les images parler d’elles-mêmes.

3 peek (1280x620)

3 peek5 (850x1280)

3 peek4 (850x1280)

3 peek6 (850x1280)

Après ce bon moment de fun passé, nous avons marché en retour vers Rhino. De nouveau, un orage s’est approché et nous pouvions entendre les premiers grondements au loin. Nous avons un peu pressé le pas afin de ne pas nous retrouver dessous au milieu de rien. Mon souci n’est pas vraiment l’orage en lui-même, mais plus l’environnement dans lequel nous nous trouvons. En Suisse, lorsqu’un orage débute, vous savez ce qu’il faut faire, où aller et surtout où ne pas aller. Par contre, quand vous êtes au milieu d’une grande plaine sans arbres ou dans un wash, quelle sont les réactions justes ? Bref, nous sommes arrivés à Rhino en même temps que l’orage passait sur nos têtes et il était, de toute manière, peu important.

Une fois rechangés et prêts à démarrer pour les 42km retour sur cette durt road, une surprise forte agréable nous aura donné bien du plaisir. Les zurichois, dont je vous ai parlé auparavant, nous avaient glissé un sachet par la fenêtre que j’avais laissée entre-ouverte. Je ne savais pas, au départ, que cela venait d’eux. Pourtant, dès que je l’ai ouvert, j’ai compris. Il s’y trouvait de délicieux petits chocolats suisses, bien de chez nous. Nous avons dégusté le giandor en premier et avons décidé de garder les autres pour les semaines suivantes !

4 choc (1280x850)

Le jour d’après, passée une nuit au bord de l’escalante river, nous sommes allés marcher jusqu’à la chute d’eau nommée Calf Creek. Si la marche n’avait rien de spéciale en elle-même, la chute méritait le déplacement !

5 Calf creek fall (48) (850x1280)

Nous avons fini la journée à Long Slot Canyon. Ce slot un peu atypique offre une entrée superbe avec quelques petits arbres donnant l’impression de rentrer sur une terrasse de jardin privé. Les enfants auront joué 2h à l’intérieur de celui-ci…

7 long (1280x369)

Le lendemain, nous avons visité le musée des indiens Anasazis et les enfants auront appris de nombreuses choses intéressantes avant de reprendre la route pour nous rendre à Capitol Reef !

10 anasazis (1280x485)