Un petit détour par les autruches de Oudtshoorn et les grottes Cango. Du 27 au 28 janvier 2017

Au réveil vendredi matin, c’est bien de la pluie que nous avons au menu. Nous prenons l’Outeniqua pass, col à 800 m d’altitude en partant de 0 au bord de l’océan. Le pass semble magnifique malgré les épais nuages bouchant quelque peu la vue. On espère avoir un temps meilleur en redescendant demain, puisque Oudtshoorn est une destination aller-retour sur notre itinéraire actuel.

La ville elle-même n’est pas d’un grand intérêt. Son histoire, pourtant, est assez surprenante. Oudtshoorn est située dans une région se prêtant à la perfection à l’élevage d’Autruche, le climat y est semi-désertique. Et au XIXème siècle, même jusqu’en 1914, l’industrie de l’autruche est une entrée d’argent phénoménale pour cette région. Est-ce la viande rouge que tout le monde s’arrachait ? Non, à cette époque la viande n’était qu’une part minime du régime alimentaire. Alors ses œufs me direz-vous ! Non, toujours pas. Ce sont bien les plumes d’autruches qui ont fait de Oudtshorn une région riche dont les propriétaires de ferme ne savaient plus que faire de cette argent. Car la plumes d’autruche était très demandée.

Au plus haut de sa valeur, le kilo de plumes valait plus que le kilo d’or. Vous comprenez maintenant pourquoi ces oiseaux auront fait la fortune de certains. Car, en réalité, quelles étaient les utilisations faites de ces plumes. Une de ses principales mises en œuvre se trouvait dans la création de plumeau à poussière, ceux-là même que l’on voit dans les vieux films noir et blanc qui servent à dépoussiérer les maisons. Mais ce n’est pas là sa plus noble utilisation. Les plumes d’autruches étant bien particulières, douces et faites de « branches » volatiles, elles servirent énormément à la création d’habits de mode, ou plutôt de chapeau et d’écharpes frou-frou. Au XIXème siècle, ces objets d’habillement étaient très nobles et très chers.

Malheureusement, l’arrivée de la première guerre mondiale de 14-18 à totalement fait s’effondrer l’industrie de l’autruche. Durant des années, la région d’Oudtshoorn s’est vue mourir avant de retrouver un deuxième souffle avec notamment le changement des habitudes alimentaires. Plus de viandes dans les assiettes, donc plus de revenus pour les fermiers de la région qui, voyant le type de sol dont ils disposent, ne peuvent espérer tirer quoi que ce soit d’autre que de l’élevage d’autruche. Aujourd’hui, l’élevage de ces oiseaux donne un revenu venant à 60% de sa viande. Les 40% restant viennent presque uniquement du cuire d’autruche, le deuxième plus robuste des cuirs utilisés devant celui du crocodile. Pour les quelques poussières de pourcent restant, ce sont les œufs qui en font le revenu. L’œuf d’autruche est énorme, environ la contenance de 24 œufs standard de poule. Si l’envie d’en cuire pour votre petit déjeuné, préparez-vous bien à l’avance. Il faudra soit quarante minutes de battage pour obtenir une masse homogène pour réaliser une omelette, ou alors deux heures de cuisson pour obtenir un œuf dur jusqu’en son centre.

Ce n’est pas en ouvrant des bouquins que nous avons appris cela. Nous nous sommes rendus dans une ferme à autruches, une manière bien plus didactique de connaitre ces histoires. Et dans cette ferme, il y a bien évidemment un restaurant dont la spécialité est… l’autruche, quelle surprise ! Jimmy et Amélie y goutent le burger, alors que Soraya qui est végétarienne prend une quiche aux œufs d’autruche. Claire et moi prenons un plat de dégustation, dont la viande est présentée de différentes façons. Pour moi, le carpaccio a été mon favori, pour Claire c’était la brochette.

Nous enchainons avec un tour de 45min expliquant justement les éléments partagés en début d’article.

Mais en plus des explications, il y a quelques activités rigolotes. J’ai notamment été choisi pour être l’heureux élu du baiser d’autruche. Un pellet de nourriture coincé entre les lèvres, l’autruche vient la saisir de son bec.

Claire et les enfants ont, eux, la possibilité de la nourrir. Le tour continue et nous passons devant différents enclos tout en recevant des explications. Par exemple, les œufs sont censé supporté 160kg de pression. Jimmy, Amélie et Soraya ne font pas ce poids, mais les œufs supportent le leur en tous cas.

Pour finir, Claire reçoit un massage d’autruche en tournant le dos aux oiseaux et en tenant le seau de nourriture devant elle.

Les élevages d’autruches sont gardés comme le bétail, dans des enclos où elle peuvent se déplacer « librement ».

6-elevage

La visite terminée, nous continuons notre route jusqu’à une quinzaine de kilomètres de là pour visiter les grottes Cango. Elle fut utilisée par le peuple San, de petits hommes chasseurs-cueilleurs, nomades d’Afrique australe, comme lieu de vie lors de leurs passages dans la région. Croyant en une présence dans les fonds de la grotte, les Sans n’utilisèrent que les cinquante premiers mètres de celle-ci. Pourtant, la grotte fait environ 5.2km. Lors de cette visite du samedi, que nous avons la chance de pouvoir faire puisque nous arrivons sur place à 15h50 et que le dernier tour débute à 16h, nous rentrons sur 600m environ et découvrons les 4 plus grandes « chambres » dont les formations sont splendides. La première est juste immense et fut découverte dans la fin des années 1700.

La deuxième, tout aussi belle bien que très différente, fut découverte 12ans plus tard. C’est que les spéléologues de l’époque n’avaient pas le joli chemin bétonné que nous empruntons aujourd’hui pour la découvrir et qu’en plus de cela il y avait des obstacles qui ont été supprimés depuis.

Les chambres 3 et 4 sont moins impressionnantes mais pas moins intéressantes, surtout si l’on remet en perspective une donnée de temps dans ce que l’on voit. Les grottes sont vieilles de 150mio d’année environ. Et pour qu’une stalactite et une stalagmite se rencontrent, ce sont 150 mille ans qui sont nécessaire puisque le climat semi-désertique n’offre pas beaucoup de pluie.

Mais le tour laisse Claire et les enfants sur leur fin. Non pas que le tour soit décevant ou pas à la hauteur de nos attentes, au contraire, les 600m restants et menant au fond de la grotte intriguent les miens. C’est donc sur le parking des grottes que nous bivouaquerons ce soir et ainsi les quatre pourront joindre le premier groupe devant réaliser l’Adventure tour demain matin.

Le départ se fait à 9h30. Claire et les enfants se réjouissent de cette aventure. Pour accéder au bout des 1200m de grotte, certains passages sont coriaces. Il faut se courber, escalader, glisser, se faufiler, monter, descendre… l’appellation de ce tour, « le tour aventure », fait tout son sens et les quatre ont vécu un moment génial en explorant ces grottes de Cango.

C’est presque là que ce termine la découverte de la région d’Oudtshoorn. Presque, car il manquait encore une chose avant de partir, des œufs d’autruche. Claire souhaite absolument pouvoir cuisiner un œuf géant, et comme nous sommes dans la région dédiée à cet animal il était normal d’en acheter avant de repartir.

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