Dans le Hwenge au contact des animaux. Du 8 au 11 avril 2017

Nous arrivons au Hwenge National Park après quelques quatre heures de transport. Alors autant vous le dire tout de suite, durant les 3 nuits que nous allons passer ici, nous en prendrons plein les yeux et vivrons des instants forts en émotions.

A peine arrivés, nous sommes déjà reçu comme des rois ; serviettes rafraichissantes, boissons de tous types (même du vin si on le souhaite). Depuis la piste d’atterrissage en gravier, le guide nous annonce environ une heure de trajet pour rejoindre la Lodge en prenant le temps d’observer quelques animaux. Nous tombons assez vite sur un petit groupe d’éléphants mais ceux-ci n’apprécient guère notre présence. Le guide nous explique que ce groupe n’appartient certainement pas à la région dans laquelle nous sommes et ne sont qu’en transit, alors, peu accoutumés aux voitures safaris, ils s’en vont pour éviter le contact. Ensuite, nous nous engageons dans une forêt épaisse, y voire quelque chose relèverai d’un pur coup de chance. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’y a rien, au contraire, la preuve en est de ces superbes empreintes de léopard présentes sur l’ornière de la piste.

1 empreintes

Alors que nous sommes encore dans l’épaisse végétation, le guide reçoit un appel radio de la Lodge lui indiquant que cinq guépards ont été vus à 500m à peine des habitations. Le guide nous propose de mettre les gaz et de ne plus s’arrêter afin d’atteindre la destination avant qu’ils ne s’en aillent. Mais rien ne servait de presser le pas, les guépards sont des félidés et, de fait, sont de gros fainéants. Lorsque nous arrivons sur place, cela fait un moment qu’ils ne les ont plus vus, car les herbes sont hautes et qu’une fois couchés il devient quasi impossible de les apercevoir. Durant de longues minutes nous attendons, puis un éléphant décide de se présenter par l’arrière du véhicule. Un peu de mouvement pour nous occuper. Puis voici qu’une hyène se présente, elle aussi, par l’arrière du 4×4. La nuit commence déjà à tomber et la distance nous séparant d’elle rend la prise d’image compliquée. Mais sa venue va provoquer, pour notre plus grand plaisir, une réaction chez les guépards. Deux d’entre eux vont se lever pour prendre un contact visuel avec la hyène, puis se recoucher, puis se relever, pour encore se recoucher rapidement. Mais peu importe le temps qu’il nous a offert, voir cette animal en arrivant tout juste dans le camp, c’est un sacré cadeau.

Lorsque nous arrivons à la Lodge, il fait déjà nuit, alors nous ne pouvons vraiment nous rendre compte du lieu dans lequel nous séjournons, si ce n’est que l’accueil est des plus excellents. Ce n’est que le lendemain matin que l’on va prendre toute la mesure de ce que nous avons. Si Ruckomechi était déjà une Lodge incroyable avec ces éléphants juste devant notre tente, Linkwasha Camp est pour Claire, les enfants et moi un cran encore au-dessus. A l’heure où j’écris ce quelques lignes, je suis sur le bureau de la chambre, avec la baie vitrée ouverte donnant sur la plaine où nous y avons vu les guépards, et où n’importe quelle animal de type antilope comme grand prédateur peut débarquer à tout instant juste devant la terrasse, une des nombreuses sensations phénoménales que nous ayons eu l’occasion de vivre dans ce tour du monde.

3 café ordi linkwasha camp

Mais cela ne fait pas tout, car savoir qu’il y a toute cette vie possible sans la voir ne serait pas aussi intense que de savoir qu’elle y est car nous l’avons vu. Et c’est exactement ce que nous aurons la chance de vivre dès le premier matin. Nous voyons un groupe d’une douzaine de zèbres à deux ou trois cents mètres de la terrasse. Soudain, nous observons un animal foncé se déplacer dans l’herbe. Plus de doute, c’est bien une hyène qui se trouve à proximité des équidés. Et nous allons observer un comportement que nous ne pouvions imaginer avant de le voir ; le groupe de zèbres se met à charger la hyène pour la chasser et ceci fonctionne à merveille. Le carnivore n’attend guère avant de détaler ! La deuxième chose de cette première matinée à nous faire réaliser dans quel incroyable lieu nous sommes arrivés, c’est le Deck du petit déjeuner, sa piscine et sa vue sur la savane, belle-maman nous a gâté encore une fois !

Le programme des journées dans ces Lodges Wilderness est assez éprouvant car les horaires d’activité des animaux est assez peu compatible avec un séjour relaxant. C’est pour cela que chaque matin c’est réveil à 5h30, petit déjeuner à 6h et départ en safari à 6h30. Le retour se fait vers 10h30, le brunch est servi entre 11h et 12h30. Ensuite vient le repos mérité entre 13h et 15h30, puis c’est là que débute le Tea Time avant de repartir à 16h pour la deuxième session safari. Le retour à la Lodge se fait entre 19h et 20h, puis le souper est servi. Vers 21h, quand le repas est terminé, c’est un garde armé qui nous raccompagne en chambre car il est exclu de se balader de nuit sans escorte, le camp n’était aucunement protégé contre d’éventuelles prédateurs ou les éléphants comme les buffles qui pourraient nous charger à mort… Ensuite, une fois en chambre, c’est interdiction de sortir, et comme aucun moyen de communication n’est en place pour demander des services hôteliers, ce n’est qu’en cas d’urgence que nous pouvons déclencher le AirHorn (ces bonbonnes me rappellent les matchs de foot, tiens !).

Dans ce premier jour de safari, nous allons être des plus gâtés. Certes, de la patience il en faut parfois, car en passant près de 8h par jour dans une voiture safari, tous les instants ne sont pas forcément palpitants et les temps morts sont parfois longs. Mais lorsque viens la récompense, alors c’est bingo, et ce le sera à de nombreuses reprises quand même. Cela commence à peine en sortant de la Lodge dans cette première journée. Nous retrouvons la trace de nos cinq guépards de la veille. Nous en voyons une partie, trois, dont un, certainement la mère, assis sur sa termitière au bord de la plaine, scrutant la présence d’un possible petit déjeuné.

5 guépard termitière

Sur le chemin devant nous amener dans une autre plaine à quelques 30min de trajet, nous allons encore faire de belles rencontres dont par exemple cet oiseau somptueux qu’est le Crowned Crane (grue couronnée).

6 crowned crane

Juste après, nous croisons la route d’une horde de buffles en déplacement. Le nombre d’individu est impressionnant et la file indienne semble ne jamais s’arrêter avec la présence d’un grand nombre de bufflon fraichement nés.

Une fois la route dans l’épaisse forêt terminée et la deuxième plaine atteinte, nous tombons rapidement sur deux lions mâles, des frères, au repos au milieu de cette zone plate. L’observation n’est pas aisée car leur position est assez éloignée.

8 lions couchés

Nous repartons à la recherche d’un lieu pour y prendre le gouter, mais quelques minutes à peine après être repartis, Claire observe un mouvement chez les lions, bien loin. Nous faisons demi-tour et grâce à cela, nous avons deux lions qui passent à moins de 10m du véhicule sans avoir l’air de se soucier le moins du monde de notre présence. Il n’y a pas à dire, c’est une chance extraordinaire que de vivre des moments comme ceux-ci, et il faut bien, pour cela, un petit café pour s’en remettre…

Il est ensuite le temps de retourner au camp… diner et repos sont au programme, avant de repartir pour la deuxième session de safari. Et franchement, c’est choux blanc pendant près de 4h une fois que nous avons passé quelques buffles, un chacal et quelques hippotragues, mais avons au moins le temps d’apprécier un apéro au coucher de soleil sur une plateforme devant la troisième plaine visitée…

Mais, ne dit-on pas qu’il ne faut jamais baisser les bras !? Alors nous restons attentifs sur le chemin du retour qui se fait de nuit. Une autre vie se met en place dans la savane africaine une fois le soleil couché. Nous observons plusieurs sortes de chouettes ainsi que des rongeurs.

11 chouette

Et alors que nous faisons route vers le camp, Claire dit avoir entendu un bruit. Tout le monde se tait et nous écoutons ; à de nombreuse reprise nous entendons le beuglement d’un buffle. Il semble en train de mourir, son cri ressemble à celui d’un buffle en détresse. Le guide redémarre le moteur et cherche à localiser l’endroit. Nous tombons soudain sur un groupe de 5, puis 7 hyènes ayant abattus un jeune buffle. Le spectacle est presque choquant, les hyènes sont assez dégoutantes, se ruant sur cette viande fraiche alors même que le buffle est encore conscient. Elles se battent, se chamaillent, arrachent des tendons et percent la panse de la bête. Une odeur fétide nous parvient au point de faire vicier notre estomac. Si le spectacle est quand même très remuant et sauvage, vivre un tel événement à moins de 5m de distance est juste hallucinant !

Mardi, recommence une journée safari et nous allons à nouveau être chanceux. La journée commence bien avec un groupe de babouins et une girafe passant devant la terrasse du petit déjeuné. Ensuite, nous retrouvons les mêmes lions que nous avions vus la veille, et cette fois-ci c’est à environ trois ou quatre mètres du véhicule que le lion passe en nous regardant parfois, très effrayante expérience ! Puis nous tombons sur un groupe de girafes au nombre de sept, dont un mâle dont les tâches sont foncées comme rarement observé. Et au même endroit, nous voyons les lions qui semblent avoir attrapé un Gnou dans la nuit et sont en train de le manger, mais à distance et peu observable.

Lors du Safari de l’après-midi, nous nous rendons assez loin du camp. Les enfants ayant rencontré d’autres enfants, ils proposent de remplir un véhicule à eux seuls et que nous, les parents, nous remplissions l’autre. Nous arrivons sur le point d’eau pour observer les éléphants bien avant les loulous. Nous avons le privilège de nous trouver très proche du point d’eau, donc des pachydermes également. Ce moment se trouve être très impressionnant. Dans le groupe se trouve de nombreux jeunes, excités et toujours prêts à tester leur force. Ils se chamaillent, se brémissent dessus, puis finalement l’un d’eux sort de l’eau pour nous affronter. Il va rester à côté de nous, faisant mine de nous charger à de nombreuses reprises, et cela durant deux à trois minutes. Je vous promets, le cœur bat fort et chacun de nos mouvements sont calculés pour ne pas effrayé le jeune qui n’attend qu’une provocation pour passer à l’action. Mais le spectacle est somptueux avec tantôt des jeunes qui se baignent, tantôt d’autres qui se jettent du sable à contre-jour… juste magnifique. Mais nous aurons encore le temps d’avoir le cœur qui bat ici avec ces pachydermes. Nous ne savons pour quelle raison, le guide en compagnie des enfants décide de sortir tout le monde du véhicule safari et prépare la table pour l’apéro du soir, vraiment !? Après ce que nous venons de vivre, les parents des autres enfants, Claire, ma belle-maman et moi sommes abasourdis par tant de culot et de prise de risque. Mais pas question de crier pour les faire entrer à nouveau, ni de faire de grands gestes, cela aurait juste pour effet d’énerver les éléphants et de mettre les enfants encore plus en danger. Pendant de longues minutes nous avons le rythme cardiaque élevé, mais j’arrive finalement à me faire comprendre des miens qui transmettent le message aux autres et tout le monde remonte dans le véhicule sans dommage. Notre guide tire une sale tête et semble autant furieux que nous, alors que le guide des enfants nous dira plus tard qu’il lui semblait que la distance était suffisante et qu’ils faisaient cela souvent !

Bon, viens quand même le temps de faire l’apéro, et avec ces émotions, une bière permet de redescendre la pression J… Après quoi nous repartons en direction du camp, quand soudain, alors arrêter vers un autre point d’eau, nous entendons un lion rugir à de nombreuses reprises. Le guide des enfants nous appelle par radio pour nous dire qu’ils sont déjà avec la meute et nous indique l’endroit. Nous rejoignons les enfants totalement excités et heureux, ils viennent de voir passer 7 jeunes lions, les 3 lionnes, et ils ont entendu le rugissement juste à côté d’eux. Trop génial pour eux ! Et nous, et bien nous profitons de ce spectacle maintenant que nous sommes là, avec en effet 7 jeunes, 3 femelles et le mâle qui se montre à la surprise du guide qui ne l’avait plus vu depuis 3 mois, grandiose !

Pfiou, quelle semaine de malade nous sommes en train de vivre. Lions en pagaille, des guépards, des hyènes qui chassent, des éléphants en veux-tu en voilà, des hippos qui nous réveillent la nuit ! Il nous manquait encore un léopard au moment de quitter la Lodge mardi matin, et malheureusement nous ne verrons rien sur la route devant nous mener jusqu’à la piste d’aviation, du moins jusqu’à environ 500m de là, au moment où le guide nous dit : « c’est quoi la sur la route !? » ; un léopard nous fait le cadeau d’au revoir en se montrant brièvement, avant de partir en courant dans les herbes hautes, puis à Jimmy de le retrouver juste à la lisière de la forêt, nous observant et me donnant l’opportunité de saisir ce moment en photo, wouawwww !

Voilà donc cette semaine de huit jours en compagnie de belle-maman terminée, un succès total en termes d’accueil, de confort et d’animaux observés. Nous lui disons au revoir à l’aéroport de Victoria Falls avant de retrouver notre Rhino deux heures plus tard à Kasane, d’y passer la nuit, puis de nous rendre en Namibie pour longer le Caprivi Strip.

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