Dans le Hwenge au contact des animaux. Du 8 au 11 avril 2017

Nous arrivons au Hwenge National Park après quelques quatre heures de transport. Alors autant vous le dire tout de suite, durant les 3 nuits que nous allons passer ici, nous en prendrons plein les yeux et vivrons des instants forts en émotions.

A peine arrivés, nous sommes déjà reçu comme des rois ; serviettes rafraichissantes, boissons de tous types (même du vin si on le souhaite). Depuis la piste d’atterrissage en gravier, le guide nous annonce environ une heure de trajet pour rejoindre la Lodge en prenant le temps d’observer quelques animaux. Nous tombons assez vite sur un petit groupe d’éléphants mais ceux-ci n’apprécient guère notre présence. Le guide nous explique que ce groupe n’appartient certainement pas à la région dans laquelle nous sommes et ne sont qu’en transit, alors, peu accoutumés aux voitures safaris, ils s’en vont pour éviter le contact. Ensuite, nous nous engageons dans une forêt épaisse, y voire quelque chose relèverai d’un pur coup de chance. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’y a rien, au contraire, la preuve en est de ces superbes empreintes de léopard présentes sur l’ornière de la piste.

1 empreintes

Alors que nous sommes encore dans l’épaisse végétation, le guide reçoit un appel radio de la Lodge lui indiquant que cinq guépards ont été vus à 500m à peine des habitations. Le guide nous propose de mettre les gaz et de ne plus s’arrêter afin d’atteindre la destination avant qu’ils ne s’en aillent. Mais rien ne servait de presser le pas, les guépards sont des félidés et, de fait, sont de gros fainéants. Lorsque nous arrivons sur place, cela fait un moment qu’ils ne les ont plus vus, car les herbes sont hautes et qu’une fois couchés il devient quasi impossible de les apercevoir. Durant de longues minutes nous attendons, puis un éléphant décide de se présenter par l’arrière du véhicule. Un peu de mouvement pour nous occuper. Puis voici qu’une hyène se présente, elle aussi, par l’arrière du 4×4. La nuit commence déjà à tomber et la distance nous séparant d’elle rend la prise d’image compliquée. Mais sa venue va provoquer, pour notre plus grand plaisir, une réaction chez les guépards. Deux d’entre eux vont se lever pour prendre un contact visuel avec la hyène, puis se recoucher, puis se relever, pour encore se recoucher rapidement. Mais peu importe le temps qu’il nous a offert, voir cette animal en arrivant tout juste dans le camp, c’est un sacré cadeau.

Lorsque nous arrivons à la Lodge, il fait déjà nuit, alors nous ne pouvons vraiment nous rendre compte du lieu dans lequel nous séjournons, si ce n’est que l’accueil est des plus excellents. Ce n’est que le lendemain matin que l’on va prendre toute la mesure de ce que nous avons. Si Ruckomechi était déjà une Lodge incroyable avec ces éléphants juste devant notre tente, Linkwasha Camp est pour Claire, les enfants et moi un cran encore au-dessus. A l’heure où j’écris ce quelques lignes, je suis sur le bureau de la chambre, avec la baie vitrée ouverte donnant sur la plaine où nous y avons vu les guépards, et où n’importe quelle animal de type antilope comme grand prédateur peut débarquer à tout instant juste devant la terrasse, une des nombreuses sensations phénoménales que nous ayons eu l’occasion de vivre dans ce tour du monde.

3 café ordi linkwasha camp

Mais cela ne fait pas tout, car savoir qu’il y a toute cette vie possible sans la voir ne serait pas aussi intense que de savoir qu’elle y est car nous l’avons vu. Et c’est exactement ce que nous aurons la chance de vivre dès le premier matin. Nous voyons un groupe d’une douzaine de zèbres à deux ou trois cents mètres de la terrasse. Soudain, nous observons un animal foncé se déplacer dans l’herbe. Plus de doute, c’est bien une hyène qui se trouve à proximité des équidés. Et nous allons observer un comportement que nous ne pouvions imaginer avant de le voir ; le groupe de zèbres se met à charger la hyène pour la chasser et ceci fonctionne à merveille. Le carnivore n’attend guère avant de détaler ! La deuxième chose de cette première matinée à nous faire réaliser dans quel incroyable lieu nous sommes arrivés, c’est le Deck du petit déjeuner, sa piscine et sa vue sur la savane, belle-maman nous a gâté encore une fois !

Le programme des journées dans ces Lodges Wilderness est assez éprouvant car les horaires d’activité des animaux est assez peu compatible avec un séjour relaxant. C’est pour cela que chaque matin c’est réveil à 5h30, petit déjeuner à 6h et départ en safari à 6h30. Le retour se fait vers 10h30, le brunch est servi entre 11h et 12h30. Ensuite vient le repos mérité entre 13h et 15h30, puis c’est là que débute le Tea Time avant de repartir à 16h pour la deuxième session safari. Le retour à la Lodge se fait entre 19h et 20h, puis le souper est servi. Vers 21h, quand le repas est terminé, c’est un garde armé qui nous raccompagne en chambre car il est exclu de se balader de nuit sans escorte, le camp n’était aucunement protégé contre d’éventuelles prédateurs ou les éléphants comme les buffles qui pourraient nous charger à mort… Ensuite, une fois en chambre, c’est interdiction de sortir, et comme aucun moyen de communication n’est en place pour demander des services hôteliers, ce n’est qu’en cas d’urgence que nous pouvons déclencher le AirHorn (ces bonbonnes me rappellent les matchs de foot, tiens !).

Dans ce premier jour de safari, nous allons être des plus gâtés. Certes, de la patience il en faut parfois, car en passant près de 8h par jour dans une voiture safari, tous les instants ne sont pas forcément palpitants et les temps morts sont parfois longs. Mais lorsque viens la récompense, alors c’est bingo, et ce le sera à de nombreuses reprises quand même. Cela commence à peine en sortant de la Lodge dans cette première journée. Nous retrouvons la trace de nos cinq guépards de la veille. Nous en voyons une partie, trois, dont un, certainement la mère, assis sur sa termitière au bord de la plaine, scrutant la présence d’un possible petit déjeuné.

5 guépard termitière

Sur le chemin devant nous amener dans une autre plaine à quelques 30min de trajet, nous allons encore faire de belles rencontres dont par exemple cet oiseau somptueux qu’est le Crowned Crane (grue couronnée).

6 crowned crane

Juste après, nous croisons la route d’une horde de buffles en déplacement. Le nombre d’individu est impressionnant et la file indienne semble ne jamais s’arrêter avec la présence d’un grand nombre de bufflon fraichement nés.

Une fois la route dans l’épaisse forêt terminée et la deuxième plaine atteinte, nous tombons rapidement sur deux lions mâles, des frères, au repos au milieu de cette zone plate. L’observation n’est pas aisée car leur position est assez éloignée.

8 lions couchés

Nous repartons à la recherche d’un lieu pour y prendre le gouter, mais quelques minutes à peine après être repartis, Claire observe un mouvement chez les lions, bien loin. Nous faisons demi-tour et grâce à cela, nous avons deux lions qui passent à moins de 10m du véhicule sans avoir l’air de se soucier le moins du monde de notre présence. Il n’y a pas à dire, c’est une chance extraordinaire que de vivre des moments comme ceux-ci, et il faut bien, pour cela, un petit café pour s’en remettre…

Il est ensuite le temps de retourner au camp… diner et repos sont au programme, avant de repartir pour la deuxième session de safari. Et franchement, c’est choux blanc pendant près de 4h une fois que nous avons passé quelques buffles, un chacal et quelques hippotragues, mais avons au moins le temps d’apprécier un apéro au coucher de soleil sur une plateforme devant la troisième plaine visitée…

Mais, ne dit-on pas qu’il ne faut jamais baisser les bras !? Alors nous restons attentifs sur le chemin du retour qui se fait de nuit. Une autre vie se met en place dans la savane africaine une fois le soleil couché. Nous observons plusieurs sortes de chouettes ainsi que des rongeurs.

11 chouette

Et alors que nous faisons route vers le camp, Claire dit avoir entendu un bruit. Tout le monde se tait et nous écoutons ; à de nombreuse reprise nous entendons le beuglement d’un buffle. Il semble en train de mourir, son cri ressemble à celui d’un buffle en détresse. Le guide redémarre le moteur et cherche à localiser l’endroit. Nous tombons soudain sur un groupe de 5, puis 7 hyènes ayant abattus un jeune buffle. Le spectacle est presque choquant, les hyènes sont assez dégoutantes, se ruant sur cette viande fraiche alors même que le buffle est encore conscient. Elles se battent, se chamaillent, arrachent des tendons et percent la panse de la bête. Une odeur fétide nous parvient au point de faire vicier notre estomac. Si le spectacle est quand même très remuant et sauvage, vivre un tel événement à moins de 5m de distance est juste hallucinant !

Mardi, recommence une journée safari et nous allons à nouveau être chanceux. La journée commence bien avec un groupe de babouins et une girafe passant devant la terrasse du petit déjeuné. Ensuite, nous retrouvons les mêmes lions que nous avions vus la veille, et cette fois-ci c’est à environ trois ou quatre mètres du véhicule que le lion passe en nous regardant parfois, très effrayante expérience ! Puis nous tombons sur un groupe de girafes au nombre de sept, dont un mâle dont les tâches sont foncées comme rarement observé. Et au même endroit, nous voyons les lions qui semblent avoir attrapé un Gnou dans la nuit et sont en train de le manger, mais à distance et peu observable.

Lors du Safari de l’après-midi, nous nous rendons assez loin du camp. Les enfants ayant rencontré d’autres enfants, ils proposent de remplir un véhicule à eux seuls et que nous, les parents, nous remplissions l’autre. Nous arrivons sur le point d’eau pour observer les éléphants bien avant les loulous. Nous avons le privilège de nous trouver très proche du point d’eau, donc des pachydermes également. Ce moment se trouve être très impressionnant. Dans le groupe se trouve de nombreux jeunes, excités et toujours prêts à tester leur force. Ils se chamaillent, se brémissent dessus, puis finalement l’un d’eux sort de l’eau pour nous affronter. Il va rester à côté de nous, faisant mine de nous charger à de nombreuses reprises, et cela durant deux à trois minutes. Je vous promets, le cœur bat fort et chacun de nos mouvements sont calculés pour ne pas effrayé le jeune qui n’attend qu’une provocation pour passer à l’action. Mais le spectacle est somptueux avec tantôt des jeunes qui se baignent, tantôt d’autres qui se jettent du sable à contre-jour… juste magnifique. Mais nous aurons encore le temps d’avoir le cœur qui bat ici avec ces pachydermes. Nous ne savons pour quelle raison, le guide en compagnie des enfants décide de sortir tout le monde du véhicule safari et prépare la table pour l’apéro du soir, vraiment !? Après ce que nous venons de vivre, les parents des autres enfants, Claire, ma belle-maman et moi sommes abasourdis par tant de culot et de prise de risque. Mais pas question de crier pour les faire entrer à nouveau, ni de faire de grands gestes, cela aurait juste pour effet d’énerver les éléphants et de mettre les enfants encore plus en danger. Pendant de longues minutes nous avons le rythme cardiaque élevé, mais j’arrive finalement à me faire comprendre des miens qui transmettent le message aux autres et tout le monde remonte dans le véhicule sans dommage. Notre guide tire une sale tête et semble autant furieux que nous, alors que le guide des enfants nous dira plus tard qu’il lui semblait que la distance était suffisante et qu’ils faisaient cela souvent !

Bon, viens quand même le temps de faire l’apéro, et avec ces émotions, une bière permet de redescendre la pression J… Après quoi nous repartons en direction du camp, quand soudain, alors arrêter vers un autre point d’eau, nous entendons un lion rugir à de nombreuses reprises. Le guide des enfants nous appelle par radio pour nous dire qu’ils sont déjà avec la meute et nous indique l’endroit. Nous rejoignons les enfants totalement excités et heureux, ils viennent de voir passer 7 jeunes lions, les 3 lionnes, et ils ont entendu le rugissement juste à côté d’eux. Trop génial pour eux ! Et nous, et bien nous profitons de ce spectacle maintenant que nous sommes là, avec en effet 7 jeunes, 3 femelles et le mâle qui se montre à la surprise du guide qui ne l’avait plus vu depuis 3 mois, grandiose !

Pfiou, quelle semaine de malade nous sommes en train de vivre. Lions en pagaille, des guépards, des hyènes qui chassent, des éléphants en veux-tu en voilà, des hippos qui nous réveillent la nuit ! Il nous manquait encore un léopard au moment de quitter la Lodge mardi matin, et malheureusement nous ne verrons rien sur la route devant nous mener jusqu’à la piste d’aviation, du moins jusqu’à environ 500m de là, au moment où le guide nous dit : « c’est quoi la sur la route !? » ; un léopard nous fait le cadeau d’au revoir en se montrant brièvement, avant de partir en courant dans les herbes hautes, puis à Jimmy de le retrouver juste à la lisière de la forêt, nous observant et me donnant l’opportunité de saisir ce moment en photo, wouawwww !

Voilà donc cette semaine de huit jours en compagnie de belle-maman terminée, un succès total en termes d’accueil, de confort et d’animaux observés. Nous lui disons au revoir à l’aéroport de Victoria Falls avant de retrouver notre Rhino deux heures plus tard à Kasane, d’y passer la nuit, puis de nous rendre en Namibie pour longer le Caprivi Strip.

Victoria Falls et une Lodge dans le Bush. Du 4 au 8 avril 2017

Nous quittons Rhino ce matin et ce pour une semaine, comme à chaque fois avec le ventre serré et en priant qu’il ne lui arrive rien durant notre absence. Nous partons pour rejoindre la maman de Claire pour passer 8 jours au Zimbabwe ensemble. Elle nous y invite en hôtel et en lodge afin de savourer ce peu de jours qu’elle et nous allons passer dans ce pays. Comme son vol arrive directement à Victoria Falls, nous devons la rejoindre par la route grâce à un transfert organisé par l’agence de voyage. Le passage en douane se fait facilement bien que lentement, puis nous atteignons le Victoria Falls Hotel vers les quatorze heures. Carmita est déjà présente et nous rejoint depuis sa chambre dès qu’elle est mise au courant de notre arrivée.

Nous passerons deux nuits ici, et la première activité organisée est une sortie en bateau sur la Zambezi River, quatrième plus long fleuve d’Afrique après le Nil, le Congo et le Niger. Le but affiché de cette sortie est clairement le coucher de soleil que l’on vient apprécier avec un apéritif bien garni dans la partie lounge qui se trouve au troisième Deck du bateau.

Le deuxième objectif avoué est l’espoir de voir des animaux sauvage le long de la rive. Mais vous y êtes habitués depuis le temps que nous le répétons, les fortes pluies ont permis à la végétation de pousser, et l’observation n’est pas aisée. Nous ne verrons que deux hippopotames assez éloignés, un crocodile si furtif qu’en parler c’est presque déjà trop, puis un buffle et deux antilopes qui ressemblaient à des mouches par la distance à laquelle nous les voyions. Mais peu importe, le troisième objectif et certainement le plus important de cette activité était bien d’arriver tranquillement au Zimbabwe, de retrouver la maman de Claire dans le calme et de partager un instant privilégié, ce qui a été un vrai succès accompagné d’un splendide coucher de soleil.

Au deuxième jour, nous avons la visite des chutes Victoria au programme. Tout d’abord, c’est à pied que nous partons à leur découverte. Au sein du parc national des chutes Victoria (qui ne coûtent pas moins de 30$/pers, excusez du peu), se trouvent 17 points de vue sur la Cataracte la plus longue du monde, 1700m, et une hauteur de 108m au plus haut. Nous commençons la visite à l’extrême Ouest du parc. Le volume d’eau dévalant ces chutes est impressionnant, tant que la visibilité des chutes est assez mauvaise. En réalité, la brume créée par les chutes est soufflée contre le haut dû à sa caractéristique de chutes en cataracte. Et étant positionnée sur la rive opposée, la brume crée une barrière empêchant d’admirer le 70% des chutes. Bon, la petite partie visible nous aura offert un joli spectacle, alors que l’autre partie nous aura offert une douche gratuite digne des pommeaux de douche type SPA. Enfin, à l’autre bout du parc, à l’Est, nous y trouvons un des cinq seuls ponts enjambant le fleuve Zambèze long de 2750km. Hormis ces cinq ponts, c’est uniquement par des ferrys qu’hommes et automobiles peuvent traverser.

Bien que très satisfaits d’avoir vu ce spectacle et reconnaissant d’avoir pu nous rendre dans un nouvel endroit mythique durant ce voyage, nous restons tout de même un poil frustré d’avoir trouvé autant de brume et si peu de dégagement. Ainsi, nous nous réjouissons encore d’avantage pour l’activité de l’après-midi ; c’est par le ciel que nous allons pouvoir admirer cette cataracte. Mais en attendant, nous mangeons au lookout café avec une splendide vue sur le pont et la brume des chutes Victoria.

4 lookout cafe (1)

A peine le temps de terminer notre repas que l’heure du transfert arrive. Nous sommes menés à l’héliport pour y recevoir un court briefing puis patientons pour l’embarquement… À quinze heures, nous décollons pour vingt-cinq minutes de vol devant nous mener au-dessus des chutes Victoria, puis au-dessus du canyon en aval et enfin sur le parc animalier proche de Victoria Falls. Pour commencer, il faut parler de la sensation de se trouver dans un hélicoptère… peut-être y ai-je été petit, mais je n’en garde pas de souvenir. C’est très différent que l’avion, une façon de bouger incomparable et une liberté de mouvement plus grande que dans les avions de type CESNA cinq passagers. Nous adorons tous ce tour déjà pour ce fait, mais allons l’aimer encore plus pour le spectacle des chutes, du canyon et des animaux. Laissons les images parler d’elles-mêmes.

Voilà cette deuxième journée qui se poursuit et se termine dans ce que notre guide a nommé le « plus vieux hôtel d’Afrique ». Vrai ou pas, le lieu n’en reste pas moins une superbe construction de type coloniale à l’anglaise. L’ambiance y est calme et de bon goût, une vraie oasis de repos en comparaison aux bivouacs de station-service !

Nous partons assez tôt jeudi matin pour notre transfert à Mana Pools, au Ruckomechi Lodge. C’est par avion, puis par bateau que nous y arrivons quelques six heures plus tard. Le spectacle aérien comme nautique a été magnifique, notamment lorsque nous avons survolé le lac artificiel Kariba créé par l’un des deux seuls barrages du fleuve, ou en croisant des groupes d’une dizaine d’hippopotames dans les eaux du Zambèze.

Mais tout au long de ce transfert, nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait au Ruckomechi Lodge. Situé sur une concession de 40 km2 au-sein même du parc national de Mana pools, la lodge est sauvage au point de devoir être gardé par des guides armés puisqu’il n’y a ni barrière, ni protection aucune contre les incursions sauvages. D’ailleurs, dès notre arrivée, nous nous trouvons nez-à-nez avec un éléphant se trouvant à peine à quatre ou cinq mètres de notre tente.

Nous passerons deux nuits ici, et quelles nuits ! Nous allons profiter de deux habitations différentes puisque en plus de la tente, la lodge bénéficie d’une plateforme dans la forêt, ouverte et sans filets pour garantir une expérience unique au sein même de cette extraordinaire nature. En plus, nous avons la chance d’être les seuls aujourd’hui dans la lodge, alors nous avons droit à deux nuits afin que chacun des six que nous sommes puisse le vivre, car comme il n’y a qu’une plateforme il limite l’accès des groupes en temps normal. Bref, la première nuit ainsi sera pour Claire, Jimmy et moi, puis se sera ensuite Belle-maman, Soraya et Amélie qui en profiteront. La sensation de se trouvé là est absolument fantastique, dans cet arbre muni de cette plateforme avec les hippopotames en-dessous, les impalas à côté, les hyènes criant non loin, le léopard venant chasser les impalas tout proche, puis soudain un gros splash laissant penser à une attaque de crocodile… et tout ceci, vous devez le deviner car il fait nuit, seul la lune éclaire quelque peu. D’ailleurs, heureusement que le guide armé ne dort pas trop loin, à une cinquantaine de mètres de la plateforme dans une tente à même le sol, car ainsi il entend les même choses que nous et peu confirmer au matin vos impressions ou au contraire corriger. Il a été agréable aussi d’avoir pu visiter la plateforme de jour avant d’y passer la nuit, afin de bien appréhender la disposition des lieux.

Sinon, durant ces quarante-quatre heures passées ici, nous ferons quatre safaris terrestres, (sauf Jimmy et moi qui souhaitions dormir un peu le dernier matin). Durant ceux-ci, nous n’aurons guère eu la chance de voir des félidés, ni de hyène ou d’animaux d’attaque. Mais il n’en reste pas moins que nous ayons eu de très bons moments, notamment avec de nombreux éléphants dont plusieurs bébés entre 3 et 6 mois. Nous les avons observé téter leur mère et tenter de se dépatouiller avec leur trompe dont ils ne savent encore quoi faire !

Nous avons aussi eu quelques spécimens très proches du véhicule, si proche que le moindre mouvement dans le pick-up les rendait un peu agressifs. Le guide a dû allumer à deux reprises le moteur, le faire gronder haut dans les tours pour faire du bruit et l’impressionner. Nous n’avons pas été téméraires et à aucun moment nous avons pensé que le guide s’était trop approché, mais une fois à l’arrêt, les éléphants se sont parfois approchés d’eux-mêmes réduisant ainsi grandement la distance nous séparant d’eux.

Nous avons vu également quelques antilopes, des zèbres et des phacochères, le combo habituel des réserve naturelle lorsque les herbes sont si hautes.

Sinon, dans l’enceinte même de la lodge nous avons encore vécu quelques jolis moments de détente et de rencontre avec de nouveaux éléphants. Jimmy et moi avons fait un peu de canoë sur le fleuve Zambèze en compagnie des dangereux hippopotames. Tous, nous avons profité de la belle piscine avec vue sur les montagnes et le fleuve. Puis encore tous ensemble nous avons eu une peur bleue lorsque nous avons été chassés par un jeune mâle, en fin de croissance mais encore un peu fougueux. L’erreur est sûrement la mienne et celle de Soraya. Alors que nous étions à une dizaine de mètre de l’animal, donc très proche mais en sachant que nous étions sur le Deck de la tente, Soraya c’est mise à parler trop fort alors que moi je me suis mis à l’écart du groupe pour prendre des photos en me retrouvant ainsi exposé et ne faisant plus du tout corps avec le bâtiment. Je suis devenu une « menace » pour l’éléphant qui a voulu nous montrer à tous son mécontentement ; il s’est brutalement retourné, a ouvert ses oreilles, secoué la tête et commencé à nous venir dessus. Autant vous dire, nous n’avons pas attendu un quart de seconde avant de nous rendre au pas de course à l’intérieur de la tente !

Le matin du départ pour notre dernier lieu de visite du Zimbabwe, Belle-maman, Soraya et Jimmy font un nouveau safari après leur intense nuit sur la plateforme, ainsi que Claire. En gros, les filles en safari, les garçons au lit. Et bien leur en a pris. Elles auront fait la rencontre de buffles, le deuxième du Big Five qu’elles voient ici à Mana Pools. Par contre, le safari s’est retrouvé bloqué un moment, le temps de changer de roue après une crevaison.

Il vient maintenant le temps pour nous de repartir en bateau pour ensuite s’envoler en petit coucou sur deux vols séparés pour rejoindre le Hwenge National Parc.

Du camping avec les animaux d’Afrique. Du 28 mars au 2 avril 2017

Le shopping fait à Nata, nous repartons pour trouver un bivouac proche d’un point d’eau afin d’y observer les éléphants venant s’y baigner. Sur la route déjà, nous voyons quelques jolis spécimens se nourrissant au bord de la route, puis d’autres jouant proche d’un point d’eau. En même temps, le panneau nous l’indiquait, risque d’éléphants sur la route !

Nous atteignons le bivouac qui se trouve tout de même bien fermé dans le bush, la vue n’est pas très dégagée, alors nous craignons un peu de sortir sans pouvoir appréhender la présence de vie sauvage à proximité. Comme il est déjà plus de 17h, nous décidons de rester là quand même et de ne sortir que devant Rhino, face au point d’eau. Nous ne verrons aucun éléphant avant le coucher du soleil. Juste avant que la nuit tombe, nous mettons notre plan anti-malaria (anti-insecte) en place. Nous fermons toutes les fenêtres et ne laissons que les deux lanterneaux équipés de moustiquaires ouverts avec la ventilation en marche. Soudain, une forte odeur d’éléphant entre dans Rhino, nous ouvrons les stores des fenêtres et allumons une lampe torche pour observer le point d’eau. Cela arrivera une deuxième fois encore sans que nous ne puissions observer d’animal. Et non, la végétation est trop dense actuellement et même un éléphant peut passer inaperçu. Car oui, il y avait bien un éléphant, ou deux même, qui sont passés à moins de 4m de notre maison. Nous le savons car au-dessus de nos traces de pneus, les éléphants ont posé leurs pattes.

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Le lieu étant trop fermé pour vivre à l’extérieur, nous repartons après l’école sans avoir pu voir d’animaux. Sur la piste rejoignant la route principale, les grands se mettent sur le toit pour voir le bush par-dessus. Mais là non plus, rien, du moins jusqu’à l’arrivée sur la route asphaltée où nous trouvons des éléphants proche du point d’eau où nous les avions déjà vu la veille.

Maintenant, devant nous, deux options se posent pour le prochain bivouac. Beaucoup de gens nous ont conseillé le camping d’Elephant Sands pour tous les éléphants venant s’abreuver sur leur point d’eau mais aussi pour la gentillesse du propriétaire. Et bien comme l’expérience des uns n’est pas celle des autres, mais aussi et certainement dû au récent changement de propriétaire, ce lieu n’est plus celui que l’on attend. Le nouveau gérant, souhaitant surement faire de l’argent plus qu’autre chose, a simplement construit des bungalow tout autour du point d’eau, l’encerclant et repoussant certainement le plus téméraire des éléphants. Et oui, l’avidité pousse parfois à construire de manière stupide. Donc nous continuons notre route et arrivons dans une clairière bien dégagée, un diamètre d’environ 400m sans arbre ni gros buisson, offrant une visibilité dégagée et rassurante pour bivouaquer tranquillement. Je pourrai même y faire mon fitness le lendemain, mais j’avoue qu’avec la vie sauvage du Botswana on n’est jamais trop rassuré ! Bon, au final, tout ce que l’on aura vu dans cette clairière c’est une mini antilope à l’autre bout du champ…

3 fitness

Nous sommes un peu en avance sur notre pseudo planning qui doit nous faire atteindre Kasane le 4 avril pour un transfert sur Victoria Falls où nous devons rejoindre la maman de Claire pour une semaine de vacances avec elle. Alors, comme nous avons repéré sur ioverlander une lodge avec piscine tenu par un autrichien d’origine pratiquant enfin des prix abordables pour les voyageurs au long cours comme nous le sommes, nous nous disons pourquoi pas y rester un peu. Et en effet, le lieu est super sympas, les propriétaires accueillant et le cadre est génial bien que perturbant pour les européens que nous sommes. Rien n’est clôturé, la lodge se trouve adjacent à plusieurs parcs, ils ont un étang pour que les animaux viennent y boire, et le propriétaire nous raconte qu’il n’est pas rare d’apercevoir les lions, hyènes, éléphants, girafes, zèbres et tout ce qui va avec la savane africaine dans son jardin. Mais pas de crainte, dit-il, si on respecte le fait de ne pas sortir la nuit, ou de ne pas avoir une attitude menaçante avec eux, ni les lions, ni les hyènes n’attaqueront les humains. Bon, et savoir qu’il y a ici un molosse de chien ayant déjà battus un lion il y a quelques mois de cela rassure un peu.

Nous, tout ce que nous verrons sera des zèbres et des élands venus boire au point d’eau. Il faut dire que tout est super vert, qu’il y a de l’eau partout et que les herbes sont si haute que même les éléphants passent inaperçus ! Malgré ce manque de visibilité, nous nous permettons quand même deux petites balades à pied, au risque et au péril de notre vie… hahaha ! Non, bien entendu, nous ne prendrions pas de risques inutiles. C’est que le propriétaire nous a expliqué qu’il n’y avait quasi aucune chance de se faire attaquer par un lion. En restant dans un rayon de 500m autour du lodge, la présence humaine est dominante.

Nous repartons d’ici en direction de Kasane. En chemin, nous faisons quelques sorties sur les pistes de sable pour voir si un bivouac pourrait nous convenir. Malheureusement, il y a deux constatations dérangeante pour nous ; la première c’est que la végétation est si dense qu’il n’existe quasi aucun endroit dégagé permettant de stationner avec un peu d’espace pour s’installer et la deuxième est que nous n’avons pas un petit véhicule et qu’il n’est pas 4×4. Alors ni l’un ni l’autre ne nous a réellement empêché de nous rendre quelque part. Mais cela rend la conduite peu confortable et stressante. Comme pour nous rendre à Lesoma en prenant la mauvaise route (on ne savait pas qu’il y en avait une autre meilleure). La route s’engage dans le bush et il est très clair que le sol est de type sable fin. Un moment, la route se penche et la marque de droite est bien plus creusée que celle de gauche, alors Rhino penche méchamment en plus d’avancer dans du sable mou. Heureusement le fond est plus ou moins dur. Ce passage terminé nous repérons à une cinquantaine de mètres un croisement dont la profondeur de sable mou est digne de ce que nous avons vu sur Fraser Island en Australie. Et là, heureusement que nous avons le blocage de différentiel au niveau de la propulsion. À fond de première, nous sommes secoués, on sent que l’on s’enfonce mais il y a toujours une roue qui nous pousse un peu plus en avant, et voilà nous avons passé cette portion compliquée.

Mais encore une fois, le lieu que nous atteignons ne correspond pas à ce que nous cherchons. Du coup, nous finissons par atteindre Kasane. Cette ville-frontière avec le Zimbabwe, la Namibie et la Zambie n’est guère très accueillante. Du coup, comme souvent dans ces endroits, le bivouac sauvage ne nous semble pas adapté. Alors, et comme nous ne rejoindrons la maman de Claire que dans 3 jours, c’est dans le Chobe Safari Lodge que nous resterons pour 2 nuits. Du coup, ce sera l’occasion de mettre à jour le blog, la page Facebook, de faire la lessive et de préparer Rhino pour le stationner durant une semaine. Et le premier coucher de soleil sur la Chobe River vaut le coup d’œil !

Nous passerons finalement les trois dernières nuits ici car lundi c’est à nouveau chez un médecin que nous devons aller. Jimmy à de la fièvre et à nouveau des points blancs dans la gorge, comme sa sœur il y a 10 jours il semble faire un retour d’angine… le médecin nous dit que ce n’est pas trop grave pour le moment et qu’il ne donnerait pas forcément des antibiotiques tout de suite, mais nous en donne à prendre avec puisque nous partons au Zimbabwe dans deux jours dans des endroits reculés.

Sinon, au Chobe Safari Lodge, nous vivrons 3 jours assez particuliers. On nous avait dit que dans la région de Kasane les animaux étaient rois, qu’ils se baladaient partout. Nous en avons eu la preuve ici, dans l’enceinte même du camping avec la présence de Mangoustes rayées, phacochères, singes, crocodiles du Nil (qui nous ont bien foutu le chtons !), mais encore un lézard monitor juste à côté de Rhino. A la piscine, Claire et les enfants ont même eu la visite d’un serpent de plus d’un mètre cinquante… Nous avons adoré ce passage reposant à Kasane et nous nous réjouissons déjà d’y revenir après le Zimbabwe.

Ah oui, j’oubliais ; nous avons fait la rencontre de Travor, Janet et Nathan. Ils sont d’Afrique du Sud et nous avons partagé un braai dimanche soir ainsi que le café du lundi matin. Pendant le braai, dans la discussion, Travor nous parle d’une rencontre qu’ils ont fait en 2013 à Pretoria, un vieux véhicule avec des jantes en bois, un couple avec ses 4 enfants en voyage depuis plus de 10 ans. Nous éclatons de rire et leur montrons des photos en leur demandant si c’est bien d’eaux que nous parlons. Et oui, cette rencontre qu’ils ont eu c’était avec des voyageurs qui sont actuellement chez les Six en Route en Espagne… quand on dit qu’une fois dans le cercle des voyageurs, on réalise qu’il n’est pas si grand ! Enfin, la rencontre avec Travor et sa famille fut super agréable et nous les reverrons peut-être à Johannesburg si nous y repassons en descendant.

Mais maintenant, pour le plaisir de tous, nous partons pour le village de Victoria Falls pour retrouver Belle-maman.